Ce jeudi soir, Renault réunit son conseil d'administration mais l'avenir de Ghosn ne sera pas tranché

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Les administrateurs du constructeur automobile Renault ont été convoqués pour une réunion extraordinaire jeudi à partir de 18 heures au siège du groupe français à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a-t-on appris auprès de la CGT, confirmant une information du Figaro.
Les administrateurs du constructeur automobile Renault ont été convoqués pour une "réunion extraordinaire" jeudi à partir de 18 heures au siège du groupe français à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a-t-on appris auprès de la CGT, confirmant une information du Figaro. (Crédits : Reuters)
A la veille de la nouvelle et très probable inculpation du magnat de l'automobile par le tribunal de Tokyo, et face à la perspective de le voir rester en prison plusieurs mois encore (jusqu'à son procès), Nissan et Renault réunissent ce jeudi leur conseil d'administration. Selon Les Échos, les résultats de l'enquête interne lancée sur les rémunérations des principaux dirigeants seront également sur la table. Par ailleurs, des sources proches laissaient entendre dans la soirée que l'avenir du Pdg de Renault ne serait pas tranché lors de cette réunion.

[Article publié le 10.01.2019 à 14:40, mis à jour 19h avec sources proches sur l'avenir de Carlos Ghosn/AFP]

Les administrateurs du constructeur automobile Renault ont été convoqués pour une "réunion extraordinaire" jeudi à partir de 18H00 au siège du groupe français à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), a-t-on appris auprès de la CGT, confirmant une information du Figaro.

La convocation reçue par l'administrateur salarié CGT "ne précise pas l'ordre du jour" de cette réunion, a indiqué à l'AFP Fabien Gâche, délégué syndical central CGT du groupe Renault, dont le PDG Carlos Ghosn est détenu depuis plus de 50 jours au Japon pour des soupçons de malversations.

Selon Les Echos, ce soir seront distribués aux participants les résultats de l'enquête interne lancée à la fin du mois de novembre sur les rémunérations de Carlos Ghosn et des autres principaux dirigeants.

"Pas tout à fait une réunion officielle"

Selon Le Figaro, "il ne s'agit pas tout à fait d'une réunion officielle du conseil mais plutôt d'une rencontre entre les administrateurs, comme il s'en organise régulièrement depuis le début de la garde à vue de Carlos Ghosn au Japon, le 19 novembre dernier". Cette réunion aura lieu quelques heures après une réunion au Japon du conseil d'administration de Nissan, allié de Renault, ajoute le journal, réunion au cours de laquelle le constructeur japonais a "réaffirmé son engagement envers l'alliance" avec le groupe français.

Selon Les Echos, un communiqué devrait être publié à la suite de cette réunion vespérale.

Arrêté le 19 novembre au Japon, M. Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour dissimulation de revenus aux autorités boursières. Il est en outre accusé d'abus de confiance et pourrait être inculpé pour ce motif vendredi, date à laquelle prend théoriquement fin sa garde à vue : ce qui signifie qu'il pourrait rester en prison.

Lire aussi : La remise en liberté de Carlos Ghosn refusée par le tribunal de Tokyo

Mardi, le patron de Renault a fermement plaidé son innocence au cours d'une audience exceptionnelle au tribunal à Tokyo. Sans surprise, le tribunal a rejeté mercredi une demande de fin de détention du Pdg, en invoquant le risque de fuite et d'altération des preuves.

Possible nouvelle inculpation du Pdg de Renault vendredi à Tokyo

Parallèlement à sa garde à vue, M. Ghosn est sous le coup d'une détention provisoire qui a débuté le 10 décembre pour deux mois et qui peut être renouvelée par période d'un mois. Cette incarcération est consécutive à une mise en examen concernant la minoration de ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan sur la période 2010-2015.

Vendredi, le bureau des procureurs de Tokyo pourrait décider d'inculper une deuxième fois M. Ghosn pour les faits d'abus de confiance dont il est soupçonné (motif de sa garde à vue actuelle), auquel cas s'enclencherait une autre période parallèle de détention provisoire. Il risque également d'être mis en examen pour les minorations de revenus dont il est soupçonné sur une autre période (2015-2018).

Toujours Pdg de Renault, M. Ghosn a été démis au début de l'affaire de ses fonctions à la tête des constructeurs automobiles japonais Nissan et Mitsubishi.

Aucune décision sur l'avenir de Ghosn lors du CA (sources proches)

En début de soirée, l'AFP indiquait cependant que, selon de sources concordantes, aucune décision ne serait prise ce soir sur l'avenir de Carlos Ghosn à la tête de Renault. Selon ces sources, cette réunion, convoquée ce jeudi à partir de 18H00 au siège du groupe français, vise à faire "un point d'avancement sur l'enquête interne" lancée par Renault pour vérifier les rémunérations de M. Ghosn au sein du constructeur français, a indiqué à l'AFP une source proche de l'entreprise. Ce qui confirmes certaines informations des Echos plus tôt dans la journée.

"Aucune autre décision n'est attendue ce soir", a ajouté cette source.

Une autre source aurait également confirmé que l'avenir du Pdg de Renault à la tête du groupe au losange ne serait pas tranché lors de cette rencontre.

(Avec AFP)

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a écrit le 11/01/2019 à 10:46 :
Il y a maintenant deux questions principales dans ce dossier: 1. les avantages et salaires de M.Ghosn au niveau global étaient-ils consentis par son entreprise (ses entreprises) en toute transparence (des administrateurs des diverses sociétés du groupe), et 2. La bonne application des règles fiscales des différents pays dans lequel il les touchait. En 3. On pourrait rajouter la question de la remise de l'information aux actionnaires des diverses sociétés, qui est différente de la question fiscale 2. Et il n'est pas certain que la question 1 soit du ressort du procureur japonais (lequel a tout de même obtenu de la part de Nissan que la société s'associe à ses efforts, et c'est peut-être la mauvaise nouvelle pour CG)..
Réponse de le 11/01/2019 à 10:59 :
Le problème est que si ton PDG te demande de faire des opérations à la limite du légal, tu le fais car il a le pouvoir de te mettre à la porte, on appelle cela le lien de subordination
a écrit le 11/01/2019 à 10:04 :
Carlos Ghosn vient d'être inculpé et risque jusqu'à 15 ans de prison
À mon avis si il est vraiment reconnu coupable par les japonais , au lieu de le condamner à tant d’années de prison , il est plus simple,d’évaluer ce que il a détourné ,qu’il rembourse cette argent +intérêt +forte amende
et laissons le rentrer dans son pays ruiné à des bien des égards
a écrit le 11/01/2019 à 9:07 :
Et bien on est pas prêt d'attirer des gros patrons performant en france vu comme nous sommes bien incapables de les défendre hein... Les autre feraient mieux de se méfier et de résister à l'appel des instances officielles européennes incitant à l'évasion fiscale via les paradis fiscaux européens.

ON propose un service que l'on est même pas capable d'assumer internationalement non mais c'est quoi cette UE !?

"France et Japon déterminés à approfondir leur relation militaire" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1P50ID/france-et-japon-determines-a-approfondir-leur-relation-militaire.html

"Carlos Ghosn ? Jamais entendu parler."
a écrit le 11/01/2019 à 8:56 :
Aucun doute que le résultat de l'enquête interne concluera à .... rien : les accointances politique et économiques sont si fortes dans notre pays qu'on a du mal à réformer les institutions et se défaire des affaires... Juridiquement, nous ne sommes plus dans un pays de droit puisque si on est un délinquant riche et puissant, rien ne peut nous arriver dans le si beau pays des droits de l'Homme qu'est la France? ON oublie qu'ailleurs, les justices nationales ont peut être plus d'indépendance et de rectitude.
a écrit le 10/01/2019 à 20:12 :
En cas de limogeage de Ghosn chez Renault, et qu'ensuite il soit blanchi par la justice, à quelle niveau d'indemnité pourra-t-il prétendre ?? Prace que si l'affaire est portée en justice en France, Renault ne semble avoir AUCUN soupçon de début de commencement de preuve...
Pour l'instant, il semblerait plutôt qu'il s'agirait d'un putsch des japs !

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