Carlos Tavares : "Nous sommes darwiniens ! "

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Pour Carlos Tavares, plus que jamais le secteur automobile est soumis à une transformation qui subira la sélection naturelle où seuls les plus forts survivront.
Pour Carlos Tavares, plus que jamais le secteur automobile est soumis à une transformation qui subira la sélection naturelle où seuls les plus forts survivront. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Cette phrase, maintes fois prononcée au cours des rencontres avec les journalistes, illustre plus qu'une vision du monde, elle modèle une méthodologie fondée sur un pragmatisme exacerbé au nom de la performance opérationnelle. Pour Carlos Tavares, c'est en acceptant cet état de fait que PSA pourra et saura tirer son épingle du jeu. Verbatim!

Ce n'est pas un slogan mais, finalement, Carlos Tavares a résumé en quelques mots la vision du monde qui a fondé sa méthodologie. Dans une récente interview au Monde, le Pdg de PSA a expliqué que le secteur automobile serait soumis « jusqu'en 2030, à une période extrêmement chaotique, plein de risques et d'opportunités typiquement darwiniennes ». Au Mondial de l'automobile de Paris, il n'a cessé de reprendre cette expression comme pour avertir...

Que ce soit sur le Brexit ou les normes CO2, il traitera le sujet de la même façon avec les mêmes réflexes. « Au Royaume-Uni, c'est comme le C02, s'il n'y a pas de deal, je serai renvoyé à mes responsabilités qui consistent à protéger mon entreprise », a-t-il indiqué.

« Je prendrai les décisions nécessaires de la manière la plus humaniste possible, et bien entendu, après en voir discuté en amont avec les partenaires sociaux. »

Darwinien ? Sans aller jusqu'à comparer l'industrie automobile à une jungle, le patron de PSA a une idée fixe : ne pas se retrouver dans la situation de quasi-faillite de 2012-2013 et dont le salut n'avait été permis que par l'entrée de l'Etat et du chinois DongFeng au capital. Une opération finalement assez contre-nature dans une vision darwinienne... Au point de se radicaliser ?

« Notre quête de la performance est obsessionnelle. Le reste, c'est de la démagogie », a lâché celui qui a redressé le groupe automobile en deux ans seulement.

La théorie darwinienne revisitée par Carlos Tavares

« Je veux nous mettre à l'abri des ennuis qui vont atteindre les plus faibles, en nous rendant plus robustes, plus sains et plus rentables afin de continuer à investir dans de nouvelles technologies », a-t-il ainsi théorisé.

Car il en est convaincu, le secteur va nécessairement connaître un retournement de cycle, et, à ce moment-là, les plus faibles disparaîtront (la sélection naturelle) ou, mieux encore, seront des opportunités (ou des proies, en langage darwinien) à l'image d'Opel. D'ailleurs, il existe bien, dans le monde, un marché au bord de la rupture... Le marché américain a retrouvé ses niveaux d'avant-crise depuis plusieurs années déjà, et semble désormais avoir atteint un haut de cycle avec des stocks qui s'accumulent et des remises qui se multiplient.

« Les Etats-Unis restent un pôle incontournable de création de valeur, et les initiatives du gouvernement actuel [Donald Trump, Ndlr] ne remettent pas en cause notre projet de retour sur ce marché », a rappelé Carlos Tavares, promettant des annonces d'ici au début 2019.

Mais en cas de retournement de ce marché, impossible de ne pas penser à Fiat Chrysler Automobiles (FCA) dans les candidats potentiels aux « opportunités ». Le groupe italo-américain fragilisé dispose d'un important portefeuille de marques bien implantées en Amérique du Nord, soit autant d'opportunités, et tant pis si c'est un retour par effraction... Car qu'y a-t-il de plus darwinien que la loi du marché ?

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Commentaires
a écrit le 04/10/2018 à 21:28 :
Le vrai darwinien, c'est celui qui se reconvertit aux bitcoins avec comme objectif de traiter en direct avec ses fournisseurs pour passer le moins possible par la case salaires et impôts. S'il en est, alors...
a écrit le 04/10/2018 à 4:34 :
Tavares et son homologue ghosn vont en etre pour leurs frais avec leurs bagnoles. Les chinois s'activent pour le tout electrique sur son territoire.
Darwin va leur tailler des croupieres.
a écrit le 03/10/2018 à 22:36 :
Certes le garçon fait le boulot, on ne peut le nier.
Mais sur ce coup là, ça vire au comique...avec tout le respect que je dois à cette abondance de matière grise, l’encéphale de M Tavares devrait activer le neurone de l’humilité.
Que de paternalisme...
a écrit le 03/10/2018 à 13:27 :
Le darwinisme ce n'est pas ne pas aider, sinon les enfants seraient abandonnés à la naissance comme ce que font les tortues et les insectes, le "plus fort" survivant aux défis et aux prédateurs voir aucun survivant du tout.
L'humain est sociable de nature, il s'entraide pour améliorer le groupe qu'on appelle l'humanité. Le capitalisme est issu de la sélection génétique des semences agricoles, la propriété est née ainsi en même temps que l'urbanisation et l'agriculture et la guerre, certains peuples ont pensé alors appliquer cela au génome humain en sélectionnant les "meilleurs" individus. Un gars comme Soros l'applique à ses traders en virant régulièrement les moins performants quoiqu'ils performent. Jésus en parle dans sa parabole des talents, le capitaliste( autre nom pour le décideur) ne crée rien il sélectionne ce qu'il pense le plus lui rapporter. L'humanité est l'espèce qui a la plus faible variabilité génétique entre ses membres. Exemple, si on faisait un capitalisme axé sur le bonheur, alors on chercherait ce qui apporte le plus de bonheur pour le généraliser, on couperait les activités qui donnent le moins de bonheur. La nature et nos corps font un capitalisme axé sur l'énergie, ce qui signifie qu'on devrait couper toutes les activités qui consomment trop. Et si on relie argent et énergie cela signifierait qu'il faudrait virer tous ceux qui ont un gros salaire( puisque 500e suffisent amplement à nourrir une personne en 1 mois), donc en priorité tous les .. décideurs, oui on voit que ça coince là.
a écrit le 03/10/2018 à 13:22 :
On ne peut pas être centralien et philosophe !
On croit comprendre ce que cherche à exprimer M. Tavares : seuls survivront ceux qui se seront adaptés au changement de milieu.
Soit, mais chez Darwin, ceux qui survivent sont ceux qui ont connu des mutations génétiques et ces mutations sont le fruit du HASARD.
On observera que si Peugeot-Citroën a survécu depuis 1974, c'est parce qu'une bonne fée (l'Etat français) s'est penchée sur l'entreprise en l'aidant à survivre, voire en investissant directement ..
Et que si PSA survit d'ici 2030 c'est par ce que M. Tavares et les salariés auront adapté l'entreprise à son nouvel environnement, au besoin avec des aides publiques.
En fait ce que défend M. Tavares ce n'est pas le darwinisme, mais le DESSEIN INTELLIGENT.
a écrit le 03/10/2018 à 11:38 :
C'est bidon ! L'état protège ces dinosaures, comment se fait il qu'aucun constructeur français ne soit racheté au coeur de la crise par l'industrie auto allemande qui est bien plus profitable et possède des réserves gigantesques ? C'est politique! Pas de Darwin là dedans sinon ils auraient été bouffés...
On utilise Darwin à toutes les sauces... mais la nature est bien plus subtile, il existe le parasitage, le gagnant gagnant inter espèces, des espèces "lanceur d'alerte" (sic) pour d'autres vis à vis des prédateurs etc... Résumer Darwin au simple modèle prédateur proie c'est faire de l'abstraction un principe cardinal alors que le diable est dans les détails... Le généralisme à la francaise...
a écrit le 03/10/2018 à 10:29 :
Quand les hommes d'affaires parlent comme les politiciens et les politiciens sont aussi avides que les hommes d'affaires, ça donne du grand n'importe quoi puisque du coup on utilise le terme darwinien afin de justifier une sorte de Loi du plus fort, c'est grotesque, ça existe déjà comme terme, c'est la Loi du plus fort donc, mais comme non politiquement correct on travesti le sens d'un autre terme afin de rendre l'ensemble plus doux aux oreilles

Au secours, sauvons le langage ! Oups, trop tard...

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