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Etats-Unis : la grève dans l'automobile s'amplifie encore faute d'accord avec les constructeurs

latribune.fr

Publié le 12 octobre 2023 à 07:04 - Mis à jour le 12 octobre 2023 à 07:23

Mercredi, 8.700 salariés d'un site Ford du Kentucky ont rejoint le mouvement de grève à l'appel du syndicat UAW.

Mercredi, 8.700 salariés d'un site Ford du Kentucky ont rejoint le mouvement de grève à l'appel du syndicat UAW.

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Mercredi, 8.700 salariés d'un site Ford du Kentucky sont venus grossir les rangs de la grève lancée il y a près de quatre semaines, portant le nombre de grévistes à 34.000. Malgré les « progrès importants » annoncés par le syndicat UAW la semaine précédente, les négociations, portant majoritairement sur des hausses de salaires, bloquent toujours.

La grève, débutée depuis près de quatre semaines, continue et s'amplifie. Ce sont désormais 34.000 employés du secteur automobile qui ont cessé le travail aux Etats-Unis. Mercredi 11 octobre, 8.700 salariés d'un site Ford du Kentucky ont, en effet, rejoint le mouvement de grève à l'appel du syndicat United Auto Workers (UAW). Ces travailleurs d'une usine de Louisville sont venus grossir les rangs des effectifs déjà en grève au sein des trois grands constructeurs automobiles américains historiques, Ford, General Motors et Stellantis (Chrysler). Environ 23% des employés syndiqués sont désormais à l'arrêt au sein du « Big Three », terme qui désigne les trois constructeurs.

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En cause, le refus de Ford de faire davantage de concessions dans les négociations sur un nouvel accord collectif. « L'arrêt de travail » déclenché mercredi à 22H30 GMT (00H30 heure de Paris) et qui concerne une usine fabriquant des pick-up, « a été décrété après que Ford eut refusé d'aller plus loin dans les négociations », a indiqué, dans un communiqué, l'UAW, prévenant que « cette décision surprise marquait une nouvelle étape » du conflit social.

« Nous avons été très clairs, et nous avons attendu assez longtemps », a déclaré le président du puissant syndicat, Shawn Fain, cité dans le communiqué,« mais Ford n'a pas compris le message ».

« Il est temps de parvenir à une convention juste chez Ford et les autres membres du "Big Three" (GM et Stellantis) », a poursuivi le responsable syndical. « S'ils ne le comprennent pas au bout de quatre semaines, l'arrêt de travail des 8.700 employés de cette usine très rentable va les aider ». L'UAW a indiqué que son président tiendrait son point hebdomadaire vendredi à 14H00 GMT (16H00 heure de Paris) sur l'état des discussions.

Une décision« grossièrement irresponsable »juge Ford

Dans un communiqué séparé, Ford a qualifié de son côté l'annonce de l'UAW de « grossièrement irresponsable », prévenant que l'expansion de la grève « entraînera des conséquences douloureuses » notamment sur les autres secteurs de l'entreprise ainsi que ses fournisseurs.

Début octobre, le constructeur automobile américain avait annoncé le renvoi temporaire de centaines d'employés supplémentaires en conséquence de ce mouvement social. « Notre système de production est hautement interconnecté, ce qui signifie que la stratégie de grève ciblée de l'UAW [syndicat United Auto Workers, ndlr] entraîne des effets par ricochet sur des sites n'étant pas directement visés par l'arrêt de travail », avait ainsi expliqué le groupe, précisant qu'il avait « été demandé à environ 330 employés de ne pas venir travailler ». 600 personnes avaient déjà été renvoyées temporairement faute d'activité par Ford depuis le 15 septembre, au début du mouvement de grève. De même, Stellantis et General Motors ont également coupé dans les effectifs de plusieurs sites pour les mêmes raisons.

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Des «progrès importants» annoncés la semaine précédente

Les discussions achoppent notamment sur le montant des revalorisations salariales. L'UAW réclame quelque 40% d'augmentation sur les quatre années de la nouvelle convention, tandis que Ford n'est allé que jusqu'à 23%, GM et Stellantis s'étant arrêtés à 20%. Le syndicat cherche aussi à obtenir des garanties relatives à la transition des trois constructeurs vers l'électrique, qui va entraîner la fermeture de certains sites et l'ouverture de nouvelles usines.

La semaine dernière, l'UAW avait, pourtant, décidé à ne pas mobiliser davantage de ses membres, contrairement aux semaines précédentes, faisant état de « progrès importants » dans les négociations. « Les choses évoluent rapidement », avait ainsi expliqué Shawn Fain, lors d'un point hebdomadaire sur les discussions avec Ford, Stellantis et General Motors. « J'aimerais pouvoir vous annoncer un accord préliminaire avec un ou plusieurs de ces groupes, mais je veux dire clairement que nous effectuons des progrès importants », avait-il relevé dans une intervention en direct sur Facebook et YouTube.

Le responsable syndical avait notamment évoqué une « percée majeure » avec General Motors sur la fabrication de batteries pour véhicules électriques et les garanties liées à l'emploi dans cette révolution qui a changé « de manière drastique les négociations (...) et qui va changer l'avenir de notre syndicat et l'avenir de notre secteur ». D'après lui, le constructeur avait accepté cette concession, car le syndicat s'apprêtait à appeler à lancer un arrêt de travail dans une usine d'Arlington au Texas, qualifiée de site le plus « lucratif » de GM.

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D'autant que les grévistes ont reçu le soutien du président Biden en personne qui s'est rendu sur l'un de leur piquet de grève du Michigan début octobre. Le chef de l'Etat a, en effet, publiquement soutenu que le syndicat pouvait légitimement réclamer une hausse de salaire de l'ordre de 40% sur la durée de la nouvelle convention, soit quatre ans, en raison des profits réalisés par les constructeurs.

(Avec AFP)

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