Nissan lance un nouveau Juke pour se relancer en Europe

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La marque automobile japonaise vient de lever le voile sur le nouveau Juke, un modèle placé sur un segment qui promet la plus forte croissance de ces prochaines années. Nissan est également confronté à une forte crise de ses ventes, en partie due à une nouvelle stratégie de distribution.

Il était temps... Nissan vient de lever le voile sur la nouvelle génération du Juke après 9 ans de service ! Le renouvellement de ce petit SUV revêt un enjeu majeur pour la marque japonaise... Il arrive à un moment extrêmement critique pour Nissan en Europe mais également dans le monde.

Premier enjeu pour le Juke, préserver sa place sur un segment qu'il a lui-même inventé en 2010. Seul à l'époque, il doit affronter aujourd'hui un marché où se bouscule pas moins de 21 modèles différents. Avec une croissance à deux chiffres, le segment dit du B-SUV est entré cette année dans une seconde phase avec le renouvellement de deux autres modèles référents, le Renault Captur et le Peugeot 2008. Nissan estime que ce segment va encore croître d'un tiers d'ici quatre ans.

Des clients fidèles

Comme les deux français, le Juke a mûri... Il grandit et prend 7 centimètres de long et 10 centimètres d'empattement supplémentaire pour plus de confort aux places arrières, et un coffre qui gagne 22% de volumes à 422 litres. Plus de technologies, plus d'efforts de finitions intérieurs... Le Juke fait un bond en avant par rapport à la génération précédente qui avait fini par prendre la poussière face à l'offensive de la concurrence, sans toutefois renoncer à son caractère clivant.

"Le Juke a tissé un lien très fort avec ses clients, nous avons fait très attention à préserver ce caractère émotionnel qui est le point fort du Juke", nous explique Jean-Pierre Diernaz, vice-président marketing de Nissan Europe. Et pour cause, Nissan veut faire des anciens clients, les clients naturels du nouveau Juke, soit un gisement d'un million de clients potentiel en Europe et 140.000 en France, à terme. "Cette fidélité représentera 35% des ventes annuelles du Juke", avance Jean-Pierre Diernaz.

Le Juke est surtout le point de départ d'une nouvelle stratégie de gamme que Nissan va dérouler jusqu'en 2022 et baptisé plan Move 2022. Ce plan verra toute la gamme renouvelée, la marque ne précise pas à quel rythme ni si elle va étaler sa couverture de gamme. On sait tout juste que Nissan restera concentré sur les SUV. Ce plan mettra en revanche l'accent sur l'électrification puisqu'à cet horizon, 46% des ventes seront opérées sur des versions électrifiées (hybrides ou 100% électrique).

"Un contributeur d'opinion"

C'est donc le Juke qui inaugure donc cette offensive produit (même si rien n'a encore été divulgué sur les arbitrages en termes énergétiques). Le choix de commencer par le petit SUV est stratégique pour Nissan. "Le Juke est un très fort contributeur d'opinion de la marque Nissan, c'est un accélérateur de compréhension de la marque", souligne Jean-Pierre Diernaz. Ainsi, la direction du groupe espère en faire une rampe de lancement en vue de l'arrivée du Qashqai, un modèle aux enjeux autrement plus importants pour Nissan.

Avec des volumes d'environ 240.000 voitures par an, ce SUV de segment C'est le produit phare de la marque en Europe. Or, le dernier modèle date de 2014 et a un pris un sacré coup de vieux avec le lancement des Peugeot 3008 et Volkswagen Tiguan... Jean-Pierre Diernaz l'assure, le prochain Qashqaï n'a pas vocation à être clivant comme peut l'être le Juke. Il devra au contraire préserver son statut de voiture de référence du segment. "Le Juke sera néanmoins un moyen d'amener les clients vers nos modèles supérieurs dont le Qashqaï", explique Jean-Pierre Diernaz.

Nissan Juke

Le renouvellement de la gamme Nissan était devenu une priorité industrielle et économique majeure. La marque japonaise ne cesse de perdre des parts de marché depuis deux ans. En 2018, Nissan avait vu ses ventes baisser de 14%, et sa part de marché fondre vers le seuil de 3%... Au premier semestre, la situation s'est encore aggravée avec des ventes en baisse de 24% à 210.000 immatriculations, soit 2,6% de parts de marché seulement.

Des parts de marché en forte baisse

Pour Nissan, ces très mauvais chiffres sont à mettre au regard de leur stratégie d'assainissement de leurs canaux de vente. La marque a décidé de ne plus privilégier les canaux dits tactiques (voitures de démonstration, location courte durée) très peu profitables, pour se concentrer sur une action commerciale plus rentable. "La moitié de la baisse provient de cette stratégie, que nous assumons", explique Guillaume Boisseau, directeur général de Nissan France.

Il reste donc l'autre moitié à expliquer, et le vieillissement de l'offre produit n'y est évidemment pas étrangère. "Retrouver une dynamique de produits va nous permettre de remettre Nissan au coeur de l'actualité", confirme Guillaume Boisseau qui rappelle néanmoins que la Micra affiche des ventes en hausse sur les sept premiers mois de l'année, si on exclut les ventes à loueurs du périmètre.

Le nouveau Juke survient à un moment stratégique pour la marque. Il sera commercialisé à partir du mois de novembre. Fabriqué à Sunderland au Royaume-Uni, le succès de ce petit SUV pourrait être malheureusement tributaire des turpitudes politiques imposées par le Brexit. Il semblerait que le Parlement de Westminster soit néanmoins sur le point de reporter (pour la seconde fois) l'échéance de sortie de l'Union européenne et offrir un nouveau sursis à Nissan...

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Commentaires
a écrit le 08/09/2019 à 15:18 :
Arf, les turpitudes du groupe poussent les uns et les autres à commenter le lancement d'un nouveau véhicule de manière bizarre (digression, et pour ceux qui ne savent pas, ça veut dire hors sujet)... Le plus important est que les travailleurs ont du travail, ensuite les gouts, couleurs et engagement plus ou moins patriotique (rappelons que la production française de Renault a été très fortement délocalisée sous l'ère Ghosn), c'est affaire de chacun. Et puis d'un point de vue économique, si le véhicule a une portée mondiale, certes ce serait bien que les chiffres de vente en France soient bons, mais ce qui importe c'est qu'ils soient bons au global, donc arrêter de pensez "France" comme si vous regardiez votre nombril. De plus en plus de décisions d'entreprise sont prises qu'en tenant compte uniquement du contexte juridico-économico-social, le reste importe peu.
a écrit le 07/09/2019 à 10:13 :
Nissan est devenu avec l'affaire Ghosn, le symbole de la traitrise et de la manipulation par une association de malfaiteurs réunissant des cadres dirigeants de cette société, des politiciens et des magistrats. Son image est probablement ternie pour longtemps. Produits à fuir.
a écrit le 07/09/2019 à 8:24 :
Quelle originalité !....des phares ronds ....et a part ça ?
a écrit le 07/09/2019 à 4:03 :
Un dictionnaire aurait un meilleur cx.
Moche sans esthetique aucune.
a écrit le 06/09/2019 à 23:08 :
Le succès en France dépendra peut-être aussi du comportement "équitable" de la Justice japonaise envers Carlos Ghosn, et du changement d'attitude de l'équipe dirigeante de Nissan envers Renault.
Ils semblent bien avoir oublié que l'ancien PDG de l'alliance Renault-Nissan les a sauvé de la faillite, et que Renault (actionnaire à 43,4%) a beaucoup investi dans le redressement de Nissan, souvent au détriment de ses propres productions ...
a écrit le 06/09/2019 à 17:48 :
C'est fou que ce type de cube ai autant de succès… Les suv, des cubes de 1,5 tonnes, au cx déplorable et qui du coup consomment autant que des voitures d'il y a 20 ans. Mais les cubes ont le Crit'Air 1... Comment peut t'on acheter des cubes au lieu de belles berlines ? Le mauvais goût est de plus en plus répandu...
Réponse de le 07/09/2019 à 7:56 :
totalement d'accord. Un crapaud !
a écrit le 06/09/2019 à 16:20 :
Le nouveau Juke est un clone du Captur ... en terme d'image c'est un peu juste. Reste l'effet volume.
a écrit le 06/09/2019 à 14:06 :
ce serait un non-sens de la part de Nissan d'investir à Sunderland pour produire ce Juke, alors que le brexit risque de grever les exportations de ce site vers son principal débouché, l'UE (et aussi les importations de pièces détachées pour le produire) de droits de douane.
La solution est évidemment de produire ce Juke à Flins (où est déjà produit la Micra qui en est proche techniquement) et le Qashquaï à Palencia en Espagne (où est produit son proche cousin le Kadjar).
a écrit le 06/09/2019 à 11:16 :
Il n'y aura jamais de constructeur qui osera livrer à ses clients un châssis motorisé pouvant recevoir une carrosserie et des aménagements "libres" exécutés par des réseaux de carrossiers indépendants comme ça s'est fait au début de l'automobile ?
Réponse de le 07/09/2019 à 11:52 :
C'est pourtant ce que fait peugeot citron.
Pour combien de temps encore, ca, mystere.

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