Renault : pourquoi la faiblesse de la capitalisation boursière met Luca de Meo sous pression
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STEPHANE MAHE
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Le capital de Renault à découvert ? C'est une inquiétude grandissante chez les cadres du groupe automobile français. La valorisation de l'entreprise est au plus bas et dépasse à peine 6,5 milliards d'euros... Le titre a dégringolé de 27% depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine fin février. Très présent en Russie, à travers notamment sa filiale Avtovaz (Lada), le groupe était le plus exposé au marché russe soumis à une série de sanctions occidentales. Renault a fini par annoncer son départ de ce qui constituait son deuxième marché mondial derrière la France, faisant une croix sur près de 15% de ses volumes, et alors même qu'il s'apprêtait à recueillir les fruits de ses lourds investissements avec l'arrivée d'une nouvelle gamme.
Ainsi, l'action Renault tutoie les niveaux historiquement bas atteints au plus fort de la crise du Covid, au printemps 2020 (le titre s'échangeait alors autour de 19 euros) lorsque toute l'Europe était confinée, les usines fermées, et le marché réduit à néant. A 22 euros vendredi en fermeture, l'action est loin... très loin des 100 euros atteints en avril 2018. Encore une fois, la valorisation de l'Ex-Régie est inférieure à sa participation dans Nissan (autour de 7 milliards, pour une capitalisation de 16 milliards et une participation de 44%), comme lors de la crise des subprimes entre 2008 et 2011. Cela revient à dire que le marché ne valorise pas les actifs de Renault en-dehors de cette participation: ni ses 120.000 salariés, ses usines, ses brevets, ses 3 millions de voitures vendues, son chiffre d'affaires de 46 milliards d'euros et son résultat net d'un milliard. Il défie également les perspectives de croissance promises par le plan Renaulution mis en place par Luca de Meo, arrivé en juillet 2020 à la tête du groupe, et qui ont déjà produit leurs effets avec le programme de réduction des coûts qui a un an d'avance.
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