Russie : le départ de Renault fragilise l'équilibre de l'Alliance avec Nissan
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KIM KYUNG-HOON
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L'équilibre de l'Alliance Renault-Nissan de nouveau menacé ? C'est l'une des questions qui se pose au lendemain de la décision du groupe automobile français de suspendre ses activités en Russie.
Car, parmi les fondamentaux qui structurent l'Alliance fondée en 1999, la répartition géographique entre les deux partenaires est fondamentale. Tandis que le groupe japonais (détenu à 44% par Renault) s'accapare l'Amérique du Nord, le Japon et l'Asie, le Français, lui, a le "lead" en Afrique du Nord, en Amérique Latine, en Inde, en Europe, une zone géographique qui comprend.. la Russie . Or, produisant 500.000 voitures par an, le marché russe était le deuxième plus gros marché du constructeur après la France, et contribuait largement à équilibrer le poids de Renault dans l'Alliance.
"La prise de contrôle de Renault dans Avtovaz avait donné lieu à d'intenses rivalités au sein de l'Alliance, puisque Nissan était également dans le capital de l'entreprise russe, et Carlos Ghosn (PDG de l'Alliance entre 2005 et 2018, ndlr) tergiversait pour attribuer cet avantage industriel à Renault plutôt qu'à Nissan", rappelle Bernard Jullien, maître de conférence à l'université de Bordeaux, et spécialiste de l'industrie automobile. C'est Renault qui a fini par l'emporter. Le fait de disposer, avec Dacia, d'une expertise dans la gamme Entry constituait un avantage supplémentaire, alors que Renault s'était déjà lancé dans une étroite collaboration avec les ingénieurs russes depuis 1995, après le voyage officiel de Jacques Chirac, fraîchement élu président de la République, en Russie, alors accompagné de chefs d'entreprise dont Louis Schweitzer, le patron de Renault.
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En réalité, l'équilibre de l'Alliance a commencé à se désagréger depuis déjà plusieurs années... Alors que les deux groupes pesaient à peu de choses près, le même poids en volumes lors de la signature de l'Alliance il y a plus de 20 ans, désormais, c'est clairement Nissan qui mène le lead avec plus de 5,2 millions de voitures en 2019 contre 3,7 millions pour Renault. Avec le retrait de Russie, l'écart va mathématiquement se creuser. D'autant que le point de gravité de l'Alliance s'était déjà déplacé vers l'Extrême-Orient depuis la prise de contrôle de Mitsubishi par Nissan... Ce dernier a ainsi ajouté 1,2 million de voitures à son compteur. Ainsi, Nissan et Mitsubishi représenteront quasiment deux fois le poids total de Renault...
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