Immobilier : Bruno Le Maire prolonge et dope le prêt à taux zéro (PTZ)
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Le montant maximum du PTZ « passera de 80.000 à 100.000 euros » a affirmé Bruno Le Maire ce mercredi.
JOHANNA GERON
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Le montant maximum du PTZ « passera de 80.000 à 100.000 euros » a affirmé Bruno Le Maire ce mercredi.
JOHANNA GERON
Le gouvernement semble finalement avoir entendu les cris des professionnels de l'immobilier. Dans l'espoir de redynamiser le marché du crédit et les transactions immobilières, Bruno Le Maire a annoncé que le prêt à taux zéro n'allait pas être supprimé l'an prochain, comme prévu.
Au contraire, il sera prolongé en 2024 « parce qu'il y a un effondrement du crédit immobilier et que nous voulons que le plus grand nombre possible de ménages aient accès à un crédit immobilier alors que cela devient extraordinairement difficile avec l'augmentation des taux » d'intérêt liée à l'inflation, a-t-il précisé, ce mercredi, au micro de RTL. Ces taux tournent autour de 4%, Bercy les évaluant mercredi à 4,4% en moyenne, avec les frais. Le ministre a notamment rappelé qu'il « y avait 20 milliards d'euros de crédits mensuels, on est tombé à 10 milliards ».
Bruno Le Maire a même annoncé un élargissement de ce type de prêt. Le montant maximum du PTZ « passera de 80.000 à 100.000 euros », la part qu'il pourra représenter par rapport à un autre crédit souscrit auprès de la banque sera rehaussée « de 40% à 50% pour les ménages modestes ».
Par ailleurs, « les classes moyennes y seront éligibles », alors qu'actuellement les personnes gagnant entre 2.500 et 4.000 euros n'y ont pas droit. « Cela fait six millions de personnes éligibles en plus », a-t-il affirmé. Au total, 40.000 ménages pourraient ainsi en profiter en 2024. Enfin, le PTZ « concernera 210 villes de plus », a détaillé le ministre, rappelant que ce prêt concerne « les zones où il y a le plus de difficultés à se loger ». Il a cité « Bordeaux, Auxerre, Besançon, Bidart, Le Mans, Cournon-d'Auvergne... » parmi les nouvelles villes éligibles.
La réforme, qui se prolongera jusqu'en 2027, va recentrer le PTZ sur les achats d'appartements neufs en zone tendue - c'est-à-dire dans les communes où il est difficile de se loger - ou d'un logement ancien avec travaux en zone non tendue. Il ne financera donc plus les constructions de maisons individuelles, « par souci de cohérence avec nos objectifs de lutter contre l'artificialisation des sols », a indiqué le ministère de l'Economie, évoquant « un choix courageux » du gouvernement.
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Cela représentera un effort pour l'Etat de 850 millions d'euros. « C'est la preuve qu'on a voulu prendre le problème à bras-le-corps » a fait remarquer le ministre accusé par les professionnels du secteur d'abandonner l'immobilier ces derniers mois. Il a par ailleurs demandé aux banques de « se mobiliser » et de consentir aux ménages un prêt sans intérêt d'un montant équivalent à celui de l'Etat. Selon lui, le Crédit Agricole a déjà répondu favorablement à cette demande.
Ces mesures coûteront environ 800 millions d'euros par an à l'Etat. Une économie par rapport au 1,2 milliard que le PTZ a coûté l'an dernier, mais une grosse dépense par rapport à sa suppression pure et simple. Pour Bruno Le Maire, « c'est la preuve qu'on a voulu prendre le problème à bras-le-corps ».
Bruno Le Maire veut aussi « continuer à travailler avec le gouverneur de la Banque de France à la simplification des règles d'octroi du crédit ». Sans citer explicitement le plafond d'un tiers des revenus qui constitue actuellement le maximum des sommes empruntables pour un logement, le ministre a indiqué « continuer à travailler sur l'assouplissement des règles avec le gouverneur ».
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Enfin, Bercy a rappelé aussi qu'il était possible de bénéficier du « Prêt accession » de 30.000 euros maximum accordé par Action Logement aux salariés au taux réduit de 1% et pour un montant pouvant atteindre 30.000 euros, ou encore d'avoir recours au Plan épargne Logement (PEL) qui permet également des emprunts à taux favorable.
(Avec AFP)
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