Immobilier : garder son ancien crédit pour acheter un nouveau bien, la solution de la Fnaim pour relancer les ventes
Maxime Heuze
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Les propriétaires souhaitant changer de bien pourraient réutiliser leur crédit contracté lors de l'achat de leur ancienne propriété pour acheter un nouveau bien, plutôt que de le rembourser pour en contracter un nouveau comme il est d'usage.
La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) milite depuis plusieurs mois pour que le gouvernement oblige les banques à généraliser la transférabilité et la portabilité des crédits immobiliers. Une mesure qui permettrait à de nombreux acquéreurs de conserver ou bénéficier d’un crédit à un taux inférieur à 2% et relancerait les transactions immobilières. Mais cette proposition ne fait pas l’unanimité et nombre de banquiers et de courtiers estiment qu’il s’agit d’une mesure difficile à mettre en place voire risquée.
C'est peut-être l'une des solutions pour dégripper le marché immobilier : réutiliser ou transférer les anciens crédits. Voilà une idée originale portée par la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) depuis plusieurs mois.
L'idée de la portabilité est simple : les propriétaires souhaitant changer de bien pourraient réutiliser leur crédit contracté lors de l'achat de leur propriété actuelle pour acheter un nouveau bien, plutôt que de le rembourser pour en contracter un nouveau comme il est d'usage. Une mesure qui permettrait aux propriétaires acquéreurs de continuer à bénéficier de crédits à des taux inférieurs à 2%, très nombreux avant 2022. C'est-à-dire, ceux qui ont acheté leur bien depuis plus d'une dizaine d'année. Ils s'exposeraient alors seulement à un prêt complémentaire à des taux actuels (autour de 4%) en cas d'achat d'un bien plus onéreux.
La Fnaim propose aussi de mettre en place la transférabilité des crédits permettant à un vendeur de donner à l'acquéreur de son bien son ancien crédit... et son taux avantageux. « Permettre aux acheteurs d'obtenir l'ancien crédit des vendeurs, contracté à un taux bas, serait aussi bénéfique aux primo-accédants qui sont coincés par la remontée des taux », présente à La Tribune, Loïc Cantin, président de la Fnaim.
Un marché immobilier grippé par les taux de crédits hauts
Des propositions qui ciblent le problème de l'envolée des taux des crédits immobiliers, aujourd'hui au cœur de la crise traversée par le secteur. Selon la Fnaim, le renchérissement du coût de l'endettement a baissé le pouvoir d'achat immobilier des emprunteurs de 15% en deux ans.
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Si l'attente d'une baisse des taux directeurs a fait repasser le taux de crédits moyen à 3,99% en février selon le dernier pointage de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, l'onde de choc de ce surenchérissement du coût d'endettement sur l'immobilier a été brutal. La production de crédit s'est effondrée de 40 % entre février 2023 et février 2024, selon les chiffres de la Banque de France, entraînant une chute de 22% du nombre de ventes immobilières sur l'ensemble de l'année 2023 selon la Fnaim. « Beaucoup de propriétaires se disent qu'ils ne vont pas vendre leur bien acheté avec un crédit à 1% pour racheter un bien avec un crédit à 4% », explique à La Tribune, Loïc Cantin, président de la Fnaim.