Le gouvernement met la main à la poche pour accélérer l'essor des tiers-lieux

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De gauche à droite : le président de la Fondation Travailler Autrement Patrick Levy-Waitz, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales Jacqueline Gourault et le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie.
De gauche à droite : le président de la Fondation Travailler Autrement Patrick Levy-Waitz, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales Jacqueline Gourault et le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie. (Crédits : DR)
Coworking, micro-folie, campus connecté, atelier partagé, fablab, garage solidaire, social place, makerspace, friche culturelle, maison de services au public sont autant de tiers-lieux concernés par un appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé ce 12 juillet par le gouvernement, à la suite des recommandations de la mission coworking. L’État financera de 75 000 à 150 000 euros sur 3 ans chacun des 300 projets identifiés.

LA TRIBUNE : Vous lancez aujourd'hui un appel à manifestation d'intérêt (AMI) visant à identifier et à soutenir 300 projets de tiers-lieux dans les territoires. Concrètement, comment seront-ils choisis ? Quelle typologie visez-vous ? Y-a-t-il des critères géographiques ?
JULIEN DENORMANDIE, ministre de la Ville et du Logement :
Nous avons lancé le 17 juin dernier la première vraie politique publique pour les tiers-lieux via un programme interministériel « nouveaux lieux, nouveaux liens » avec près de 300 acteurs afin de favoriser un maillage sur tout le territoire et d'apporter de nouveaux services aux habitants.

Les tiers-lieux sont des nouveaux lieux d'accès à de nouvelles formes de travail, d'apprentissage, de culture numérique, de lien social, aujourd'hui essentiels. Dans ce contexte, le rôle de l'État est d'accompagner et accélérer la dynamique: cela se traduit notamment par l'identification et le soutien financier de 300 Fabriques de Territoire dont 150 seront implantées dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Les fabriques seront des tiers-lieux de grande ampleur et constitueront un formidable levier pour décloisonner et ouvrir des perspectives professionnelles.

Ces 300 Fabriques ont pour objectifs de venir en soutien des porteurs de projets et favoriser le développement des tiers-lieux partout sur le territoire, en incarnant une nouvelle vision du travailler ensemble, et accompagner la montée en compétences numériques. Nous allons développer plusieurs dizaines de tiers-lieux dédiés aux métiers du numériques dans les quartiers. Je veux faire des quartiers un pôle d'excellence du numérique.

Allez-vous repartir pour un tour de France pour mobiliser les tiers-lieux que vous avez déjà identifiés la première fois ?

PATRICK LEVY-WAITZ, président de la Fondation Travailler Autrement : Le premier tour de France m'a permis d'identifier le plus largement possible les typologies de tiers lieux correspondant et les liens qu'ils entretenaient avec leurs territoires. J'ai ainsi découvert et tenté de démontrer combien ils étaient tous singuliers dans la force qu'ils dégageaient, dans leur ancrage territorial. C'est pour moi une condition de leur réussite et de leur pérennisation. Ceci a notamment inspiré l'appel à manifestation d'intérêt que l'État a lancé, ceci pour être au plus proche des attentes du terrain.

Avant d'entamer un nouveau tour de France, il s'agit d'installer le Conseil national des tiers lieux lancé en présence de M. Julien Denormandie le 17 juin dernier, véritable parlement et organe de consultation ainsi que l'association de préfiguration. Ensemble, ces instances doivent permettre de lancer les travaux et l'animation de la filière avec les praticiens, les réseaux régionaux et départementaux, les opérateurs, les associations d'élus locaux (AMF, AMRF, AdCF, APVF).

Il s'agit aussi de mobiliser l'ensemble des territoires et dans ce cadre-là, bien entendu, j'ai prévu des déplacements. Il est évident qu'une de mes missions est que l'ensemble des territoires s'emparent de l'AMI et des nouveaux outils mis en place par le ministre (création d'un fonds d'investissement ISR entre l'Etat, Amundi et l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, le dispositif Action Logement pour soutenir le financement de tiers-lieux privés dotés d'espaces de coworking dans les QPV, notamment) pour qu'au fil des 3 ans qui viennent, les Fabriques de territoires jouent pleinement leur rôle de lieu ressources.

Quand seront connus ces 300 projets ? Quels montants leur sont alloués pour mener à bien leur projet ?
JULIEN DENORMANDIE :
 Il s'agit ici d'un appel à manifestation d'intérêt permanent. Pour laisser le temps aux initiatives de monter leurs réponses. Mais j'attends les 1eres réponses dès le mois d'octobre pour soutenir notamment les projets dans les quartiers.

Mon objectif est au moins 100 nouveaux tiers-lieux finalisés sous 1 an. L'État financera de 75 000 à 150 000 euros sur 3 ans, ces fabriques de territoires, le temps pour ces structures de trouver leur équilibre économique. Le financement proposé tiendra compte de l'offre de service et du lieu d'implantation de chacun des tiers-lieux.

50% seront situés en quartier prioritaire de la politique de la ville. Est-ce un moyen de redynamiser ces endroits voire de créer de l'emploi ?
PATRICK LEVY-WAITZ :
Le Gouvernement lance un appel à manifestation d'intérêt (AMI) permanent pour identifier d'ici 2022 les 300 fabriques, existantes ou en projet, dont 150 seront implantées en quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) à la demande de M. Julien Denormandie.

En outre, nous pensons que le numérique représente un véritable gisement d'emploi, notamment pour les nouvelles générations. Les tiers-lieux sont les nouveaux lieux du lien social, de l'émancipation et des initiatives collectives. Ils se sont développés grâce au déploiement du numérique partout sur le territoire.

En réalité, qu'il s'agisse des QPV ou des milieux ruraux, tout montre que ces nouveaux lieux sont des espaces physiques pour faire ensemble : coworking, micro-folie, campus connecté, atelier partagé, fablab, garage solidaire, social place, makerspace, friche culturelle, maison de services au public... ils favorisent la créativité, l'hybridation des activités et donc la création d'emplois non délocalisables. Les tiers-lieux favorisent l'innovation et la création de nouvelles solutions et contribuent ainsi à la pérennisation des emplois qui découlent de ces activités nouvelles.

Il faut aussi se souvenir que la pratique du télétravail, favorisé par le travail du Gouvernement est un facteur d'accélération de ces nouveaux lieux. Si les freins culturels, structurels et économiques sont encore nombreux, les tiers-lieux représentent une occasion pour ouvrir l'entreprise à son environnement et s'insérer aux cœurs d'écosystèmes dynamiques et innovants.

C'est une formidable opportunité pour tous les types de tiers-lieux, qu'ils soient associatifs, privés, publics, du secteur de l'ESS... Ils sont vecteurs de lien social, preuve que le faire ensemble est un élément déterminant du vivre ensemble.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2019 à 16:28 :
Histoire d'enrôler les meneurs de ces structures dans les rangs de lrem sinon pas de subsides ?
a écrit le 12/07/2019 à 10:32 :
un blason bien écorné sur fond d affaires. problème d éthique ! . la confiance s est éloignée
a écrit le 12/07/2019 à 9:57 :
Le gouvernement nous fait les poches pour des lubies, mais rien pour améliorer la démocratie en supprimant des intermédiaires trop cher et les remplacer par des intermédiaires virtuel et la démocratie directe!

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