Performante en 2018, Artelia veut donner davantage de pouvoir à ses salariés

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Le directeur général d'Artelia Benoît Clocheret.
Le directeur général d'Artelia Benoît Clocheret. (Crédits : DR)
Avec un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros (+13,6%), le groupe français d'ingénierie spécialisé dans la construction, les infrastructures et l'industrie veut accélérer sa croissance externe, tout en misant sur de nouveaux outils informatiques et l'actionnariat salarié.

Un résultat d'exploitation en 2018 de 22,4 millions d'euros (+18%) et un carnet de commandes qui lui assure dix-neuf mois d'activité. Sans oublier un chiffre d'affaires de 550,5 millions, en croissance de 13,6%. Artelia, qui se présente comme le 2ème groupe français en matière d'ingénierie pluridisciplinaire (40% dans les infrastructures, 40% dans la construction et 20% dans l'industrie), réalise 70% de son activité en France et 30% à l'international.

Actuellement entre la 20ème et la 30ème place en Europe, qui représente la moitié de ses activités à l'étranger, l'entreprise souhaite y "jouer en première division à horizon de quelques années". Fort de ce "socle", le directeur général érige en effet en "modèle" sa réussite en Italie. "Nous avons acquis en 2015 la société Intertecno à Milan, qui a fusionné avec notre filiale déjà implantée à Rome. De 10 millions d'euros il y a quelques années, son chiffre d'affaires est passé à 34 millions en 2018" , explique à La Tribune Benoît Clocheret. "Nous sommes ainsi entrés dans le top 10 de l'ingénierie du bâtiment dans ce pays."

Plus généralement, Artelia mise sur la croissance externe. Outre "une année de continuité et de stabilité" en Afrique, la société note que le Moyen-Orient constitue "une zone qui a lancé de grands projets" malgré des tensions économiques et géopolitiques liés au prix du pétrole. En réalité, l'Asie et particulièrement le Vietnam, où se trouve une plateforme du groupe depuis dix ans avec 600 personnes, suscite l'intérêt du directeur général. "Des classes moyennes émergent et aspirent à des standards plus élevés" en matière d'urbanisme, estime Benoît Clocheret. En Amérique enfin, le groupe a ouvert une filiale au Mexique à la suite d'un "contrat significatif" avec Shell en matière de stations-services.

L'emblématique Grand Paris, symbolique en termes d'activité

Par ailleurs, au niveau du Grand Paris, comment avance l'association "Rêves de scènes urbaines" (RSU) dont Artelia est partie prenante ? Pour rappel, elle regroupe plus de 80 acteurs publics et privés qui travaillent ensemble à la formulation d'innovations soumises au territoire de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis). Il s'agit, expliquait Benoît Clocheret en juillet 2018, de "faire émerger trois logiques : le processus inversé, c'est-à-dire la capacité à développer une pensée structurée en partant d'exemples concrets et pragmatiques ; la méthode globale, où toutes les idées sont ensuite agencées pour en dégager des briques de stratégie urbaine ; l'excellence technique". Aujourd'hui, "RSU fonctionne toujours comme un laboratoire d'idées et de solutions qui portera les projets en soutien et en accompagnement", mais, insiste le directeur général, "c'est bien aux collectivités et aux acteurs privés de les porter".

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Outre Rêves de scènes urbaines, le groupe est assistant à la maîtrise d'ouvrage sur les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express et maître d'oeuvre sur la ligne 18. "C'est un contrat emblématique mais cela ne porte pas l'activité" nuance-t-il. "Cela ne représente que quelques pour cent de chiffre d'affaires". Benoît Clocher préfère évoquer le marché de l'immobilier d'entreprise et en particulier celui des data centers, "un objet très tech qui a le vent en poupe". En Île-de-France, le groupe a par ailleurs réalisé, en matière de sécurité, le pôle fiduciaire de la Banque de France à La Courneuve, et participe à la rénovation de la gare du Nord. Sans parler de contrats de performance énergétique pour la rénovation d'écoles, de collèges et de piscines.

Ingénierie informatique et... humaine

Avec toutes ces perspectives dans les tuyaux, Artelia vient de créer Artelia Digital Solutions, une "société de services en ingénierie informatique (SSII) interne". "Nous sommes traversés par cette révolution dans nos métiers", justifie le directeur général. "La manière dont nous concevons les bâtiments et les infrastructures s'en nourrit chaque année." Benoît Clocheret cite en exemple la logistique du chantier du Forum des Halles et les problèmes inhérents de circulation et de pollution. "Nous avons développé un outil pour gérer la coordination et la planification dès lors que ce besoin a émergé".

Sans ressources humaines engagées, le groupe ne pourrait toutefois mener toutes ces transformations de front. Pour retenir les talents, tous les salariés de l'entreprise ont le même intéressement et la même participation quel que soit leur salaire, assure le patron. L'actionnariat va de même être remodelé en 2019. Il a été convenu du retrait du Crédit Mutuel, qui détient 3% du capital, "compte tenu de la faiblesse de sa participation". Si actuellement moins de 600 collaborateurs sur 5.000 sont porteurs de parts, ils seront demain entre 650 et 700. Quant aux autres, ils peuvent adhérer à un fonds de placement, qui bénéficiera à terme à plus de 2.000 personnes, soit près de 50% du personnel.

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