Pollution au béton de la Seine : "incident involontaire" pour Vinci, "accident intolérable" pour la région

Vinci, a suivre a la bourse de paris
Charles Platiau

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Charles Platiau
Un incident d'exploitation "involontaire, anormal et exceptionnel". C'est par ses mots que le groupe Vinci qualifie le déversement des eaux chargées de résidus de béton venant d'une centrale servant à alimenter le chantier d'extension du RER E. A la suite d'une enquête interne, le géant du BTP constate en effet que "les écoulements ne sont pas du béton mais de l'eau grise chargée de sable et de traces de ciment désactivé, c'est-à-dire ayant perdu ses capacités d'adhésion."
L'élu francilien refuse de "jouer les enquêteurs" mais annonce que le groupe Vinci sera convoqué par la commission "Environnement" de la région "pour qu'ils viennent se présenter et s'expliquer". De son côté, le géant du BTP rappelle qu'il s'est "engagé", par un courrier du 10 mai à l'attention de la présidente Valérie Pécresse, "à remettre en état la partie de la berge de la Seine concernée immédiatement après en avoir obtenu l'autorisation (...) en lien avec les services de l'État, le Port autonome et toutes les parties prenantes."
Il n'empêche : le vice-président (UDI) du conseil régional d'Ile-de-France chargé de l'écologie et du développement durable n'entend pas en rester là. "Le point essentiel est que ce soit réparé par des fonds privés" estime-t-il.
Pour sa défense, le géant du BTP assure encore que seule "une dizaine de mètres carrés de talus végétal ont été teintés par une fine couche grise et un dépôt de sable comportant des traces de ciment sans cohésion déposées en pied de quai dans le lit de la Seine, sur une surface d'environ 20 m² et sur une épaisseur variable de 5 à 20 cm". Et de conclure : "La quantité de matière est donc estimée à moins de 5 mètres cubes, contrairement aux milliers de mètres cubes annoncés dans les médias."
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Le 24 avril dernier, visé par une plainte déposée par l'Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA) pour "abandon de déchet, rejet en eau douce de substance nuisible au poisson et destruction de frayère", Vinci reconnaissait toutefois avoir déversé de l'eau chargée de résidus de béton sur les berges de Seine à Nanterre et promettait déjà avoir "mis en œuvre les mesures nécessaires pour stopper cet écoulement".
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