Euroapi s'effondre de nouveau en Bourse après avoir suspendu la production d'un de ses sites
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Euroapi avait déjà perdu 42% en une seule séance le 29 février.
Ralph Orlowski
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Euroapi avait déjà perdu 42% en une seule séance le 29 février.
Ralph Orlowski
Les déboires s'accumulent chez Euroapi. Le fabricant français de principes actifs pharmaceutiques a délaissé 16,2% ce vendredi à la Bourse de Paris, vers 16h00, après avoir même perdu plus de 30% à l'ouverture. L'action de l'ex-filiale de Sanofi ne coûte plus que 2,74 euros contre 18,51 euros à son plus haut en octobre 2022. Le groupe ne vaut désormais plus que 260 millions d'euros.
Euroapi, qui compte six usines en Europe, est l'un des principaux producteurs de principes actifs sur le continent, ces substances qui confèrent les propriétés thérapeutiques à un médicament.
A l'origine de cette claque boursière, l'interruption « jusqu'à nouvel ordre » de la production sur son site italien de Brindisi, après « des défaillances du contrôle qualité, imputables à de potentiels manquements au niveau local », a annoncé l'entreprise jeudi.
Par la même occasion, elle a suspendu ses perspectives pour l'exercice 2024, estimant que cet incident « devrait impacter » sa performance opérationnelle et financière. Les produits du site de Brindisi génèrent des ventes annuelles de 63 millions d'euros (soit 6% du chiffre d'affaires du groupe), dont 43% réalisées avec Sanofi, à la fois client et actionnaire.
Pour rappel, déjà, fin 2022, la société avait suspendu certaines activités de production sur son site de Budapest, en raison de « certains écarts par rapport aux bonnes pratiques de fabrication ». La production avait ensuite repris progressivement en janvier 2023.
Pour tenter de rassurer, la direction a indiqué jeudi soir lors d'une visioconférence qu'elle allait « lancer un audit externe qualité sur tous les sites » et qu'elle ne s'attendait pas pour l'instant à des tensions d'approvisionnements.
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Interrogé par l'AFP, le géant pharmaceutique Sanofi a affirmé avoir « plusieurs mois de stocks pour la plupart des principes actifs produits par Euroapi » dans ce site italien et qu'il n'y avait « pas d'inquiétude à avoir ». Reste que « Les résultats des audits ne sont pas attendus avant les nouvelles prévisions 2024 et les détails de la revue stratégique seront partagés au cours du deuxième trimestre, ce qui crée de nouvelles incertitudes », ont souligné les analystes de Deutsche Bank.
Surtout, Euroapi a déjà été lourdement sanctionnée en Bourse pour avoir à plusieurs reprises réduit ou suspendu ses prévisions financières. Le titre a perdu plus de 80% de sa valeur depuis le début de sa cotation à Paris en mai 2022, au prix de 12 euros par action.
» et estiment que «
le point noir de cette publication concerne les perspectives 2024», jugées «
pas très réjouissantes».
Sanofi a ainsi prolongé jusqu'en décembre 2025 la conservation de sa participation de 30% dans son ancienne filiale.
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Fin février, Euroapi avait annoncé qu'il allait se « recentrer sur des segments de marché à forte valeur ajoutée » et arrêter la fabrication de 13 principes actifs aux marges faibles ou négatives. En raison de ce projet et de la baisse significative des volumes commandés par Sanofi, la direction a même dit envisager une cession de son implantation à Brindisi et de son usine de Haverhill (Royaume-Uni), l'un des six sites industriels du groupe.
(Avec AFP)
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