Janssen (Johnson & Johnson) tente de devenir un leader en cancérologie

La filiale pharmaceutique de Johnson & Johnson mise sur cinq lancements importants, dont des potentiels blockbusters d'ici 2020. Il cherche à pallier la chute attendue du chiffre d'affaires du Remicade, un traitement contre la maladie de Crohn qui génère plusieurs milliards de dollars par an. Lors du plus grand congrès de cancérologie au monde, à Chicago, Janssen a présenté des résultats importants contre les cancers du sang et de la prostate. Le laboratoire devra faire face à la concurrence de géants comme Celgene ou Roche.

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Janssen génère 45,8% des revenus du groupe Johnson & Johnson.
Janssen génère 45,8% des revenus du groupe Johnson & Johnson. (Crédits : Reuters)

Se faire mieux connaître en oncologie et en hématologie, alors que les géants du domaine, comme Roche et Celgene, prennent l'espace médiatique. C'était l''un des principaux objectifs de Janssen au congrès de l'American Society of Clinical Oncology, qui se termine ce mardi 6 juin. Dimanche et lundi, la filiale pharmaceutique du géant Johnson & Johnson (71,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2016) a présenté les résultats concernant plusieurs de ses molécules.

Janssen a dévoilé les données issues de deux études de phase III pour l'ibrutinib et le daratumumab (en combinaison avec deux autres molécules) montrant une amélioration de la durée de survie pour les patients en rechute dans une leucémie lymphatique chronique et touchés par un un myléome multiple, respectivement. Et surtout des avancées concernant l'abiraterone, présentées lors de la séance plénière du congrès qui met en avant les avancées les plus intéressantes en oncologie. Associée à l'hormonothérapie, et administrée à des personnes venant d'être diagnostiquées d'un cancer de la prostate à un stade avancé, cette molécule augmente de 38% les chances de survie après deux ans et demi de traitement, selon une étude clinique. "Une telle diminution est très rare dans un cancer", assure Karim Fizazi, oncologue, qui a mené l'essai clinique.

Pallier les futures baisses de ventes du Remicade

Janssen, qui travaille sur cinq aires thérapeutiques (onco-hématologie, vaccins, maladies infectieuses,neurosciences, immunologie), compte sur l'hémato-oncologie comme relais de croissance. Il faut dire que son principal blockbuster, le Remicade (6,955 milliards de dollars de revenus en 2016), contre la maladie de Crohn, ou encore l'arthrite rhumatoïde, devrait moins peser dans l'activité du groupe. Le brevet pourrait tomber en 2018, et l'arrivée de biosimilaires (traitement qui reproduisent les effets de biomédicaments) dans la foulée siphonnerait ses revenus.

En 2020, Janssen compte tirer 60% de ses revenus pharmaceutiques de l'hémato-oncologie."Aujourd'hui nos activités en cancérologie et hématologie représentent 45% du chiffre d'affaires du laboratoire", précise Emmanuelle Quilès. Celui-ci grimpe à 33,5 milliards de dollars (+6,5%) en 2016 et génère 45,8% des revenus de Johnson & Johnson.

Pour atteindre ses objectif, Janssen vise le lancement de cinq molécules entre 2015 et 2020: l'apalutamide et le niraparib (les deux pour le cancer de la prostate), l'erdafitinib (pour inhiber la progression des cellules tumorales), le daratumumab (un traitement contre le myélome multiple déjà approuvé aux Etats-Unis) et le talacotozumab (leucémie myéloïde). "Ces deux derniers traitements sont ceux sur lesquels nous avons le plus d'espoir", dit la directrice générale de Janssen France. En clair, le laboratoire espère en faire des blockbusters (plus d'un milliard de dollars de ventes annuelles).

Biomarqueurs et associations de médicaments

Janssen cherche à se développer dans une aire thérapeutique aux nombreux besoins médicaux non satisfaits, mais devenue très concurrentielle. L'oncologie est désormais une priorité des géants pharmaceutiques au vu de leurs investissements plus conséquents que dans leurs autres activités. Des molécules se retrouvent aujourd'hui en concurrence directe, comme l'Opdivo de BMS et le Keytruda de MSD contre le type de cancer du poumon le plus répandu, tournant à l'avantage à ce dernier et pesant fortement sur le cours de Bourse de son concurrent. La filiale de Johnson & Johnson se retrouve, quant à elle, en concurrence avec Celgene dans le myélome multiple.

Pour trouver sa place, Janssen cherche à diagnostiquer la maladie de plus en plus tôt, notamment pour le cancer de la prostate, pour mieux se rapprocher d'une potentielle guérison de la pathologie. Le laboratoire veut aussi accélérer dans l'immuno-oncologie en s'orientant vers les tumeurs solides. Il conçoit avoir du retard dans ce domaine, comparé à d'autres laboratoires MSD. "Nous avons le daratumumab et le talacotozumab en immunothérapie pour les cancers du sang. Nous développons d'autres produits en immunothérapie pour les tumeurs solides mais en stade clinique précoce", explique Frédéric Lavie, directeur médical chez Janssen France.

Pour ce dernier, Janssen a toutefois un avantage qui devrait lui permettre de rattraper son retard: "On dispose d'un énorme héritage en immunologie, avec une activité dédiée et le Remicade notamment." Il mise sur des immunothérapies avec des mécanismes variés, peu utilisés aujourd'hui, et des associations de ses molécules avec des immunothérapies existantes, mais fonctionnant sur un nombre de patient limité. "Il faut trouver le bon antigène de la tumeur qui permet de déclencher la réponse immunitaire du patient contre le cancer", rappelle Frédéric Lavie. "Nous cherchons à mieux identifier les patients avec des biomarqueurs pour mieux cibler les traitements."

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