Sécu : sur qui va reposer la baisse du déficit de 3 milliards d'euros en 2018 ?

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La ministre a annoncé une augmentation du forfait hospitalier (participation forfaitaire pour les actes dépassant un certain tarif), qui va passer de 18 à 20 euros. Celui-ci n'avait pas été augmenté depuis 2010.
La ministre a annoncé une augmentation du forfait hospitalier (participation forfaitaire pour les actes dépassant un certain tarif), qui va passer de 18 à 20 euros. Celui-ci n'avait pas été augmenté depuis 2010. (Crédits : Charles Platiau)
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2018 prévoit une réduction du déficit à 2,2 milliards d'euros, grâce à d'importantes économies de l'Assurance maladie. L'industrie du médicament, les hôpitaux et les mutuelles seront particulièrement sollicités.

Le gouvernement maintient son objectif de retour à l'équilibre du régime général en 2020. Alors que la Commission des comptes attend un déficit de 5,2 milliards d'euros pour 2017, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2018) présenté jeudi 28 septembre vise une diminution de celui-ci à 2,2 milliards. Et pour trouver ces trois milliards d'euros, le gouvernement mise beaucoup sur la branche maladie, avec 4,165 milliards d'euros d'économies prévu pour limiter son déficit à 800 millions d'euros l'année prochaine. C'est 115 millions de plus que le précédent PLFSS. Un effort sans précédent.

Les mutuelles mises à contribution

Une des nouveautés de ce PLFSS, c'est l'effort demandé par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin aux mutuelles. La ministre a annoncé une augmentation du forfait hospitalier (participation forfaitaire pour les actes dépassant un certain tarif) de deux euros. Il passera à 20 euros. Celui-ci n'avait pas été augmenté depuis 2010.

"Le forfait hospitalier représente 200 millions d'euros supplémentaires pour les mutuelles. La part des mutuelles dans la santé a régulièrement diminué alors que celle de l'Assurance maladie obligatoire a diminué", a-t-elle dit. Mais sont-ce vraiment les assureurs privés qui vont payer ou les Français avec des augmentations de cotisations de ces derniers ? "[Les mutuelles] verront les actes à rembourser et ce qu'elles jugent superflu", prévoit Agnès Buzyn. En colère, les mutuelles évoquent quant à elles de possibles hausses des tarifs des contrats, ce qui "punira" en particulier les "plus pauvres". Autre mesure qui va peser sur les organismes complémentaires : leur participation au financement de la convention médicale pour 100 millions d'euros au total.

A noter qu'il n'y a pas encore de trace dans le PLFSS de la prise en charge à 100 % des lunettes, des prothèses dentaires et des prothèses auditives promise par Emmanuel Macron. Les négociations démarrent avec les acteurs concernés, explique Agnès Buzyn.

Un effort soutenu demandé aux industriels de la santé

Outre ces quelques nouveautés, la plupart des mesures du PLFSS 2017 concernant la branche maladie ont été reprises. L'année dernière, les économies touchant les entreprises du médicament et les fabricants de dispositifs médicaux atteignaient les 1,8 milliard d'euros directement ou indirectement, en ajoutant la Contribution du fonds de financement de l'innovation pharmaceutique. Si l'on compte toutes les économies qui pourraient impacter les industries de la santé (dont la promotion des génériques touchant les ventes de certaines marques de médicaments), cela tourne autour de 1,7 milliard d'euros dans le cadre du PLFSS 2018.

Le gouvernement demande un effort encore soutenu aux industriels de la santé avec des économies directes de 1,49 milliard d'euros (contre 1,43 milliard en 2017). L'objectif de baisse des prix des molécules pour 2018 recule de 20 millions d'euros sur un an avec 480 millions d'euros visés. Les remises (rabais accordés par les industriels à l'Assurance maladie) également. Elles passent à 210 millions d'euros au total pour l'année prochaine, contre 250 millions en 2017.

Toutefois, le gouvernement pourrait serrer la vis sur les remboursements. Un certain nombre de produits thérapeutiques devraient être déremboursés l'année prochaine (180 millions d'euros d'économies inscrits dans le PLFSS) suite à des ré-évaluations de la Haute autorité de santé, a précisé la ministre. Elle a annoncé qu'un service médical insuffisant donnerait lieu à un déremboursement. "C'est un choix scientifique de la Haute autorité de santé." Des remboursements de molécules comme celles contre Alzheimer (l'Aricept, l'Exelon, le Reminyl et l'Ebixa) semblent être à nouveau sur la sellette.

Les hôpitaux fortement sollicités

Les hôpitaux devront dégager à eux seuls plus d'un milliard d'euros. Et ce, grâce à l'optimisation des achats et des dépenses (575 millions), des économies dans les services (50 millions), et 390 millions sur les traitements dans les listes en sus (pris en charge par l'Assurance maladie alors qu'ils ne sont pas inclus dans le forfait de soins des établissements hospitalier) et ceux bénéficiant d'une autorisation temporaire d'utilisation. Une mesure qui pourrait impacter les laboratoires et potentiellement les patients si certains médicaments radiés de la liste en sus ne sont plus couverts par les hôpitaux....

Lutte contre les fraudes, contrôle des arrêts de travail,...

Parmi les autres mesures phares, Agnès Buzyn et Gérald Darmanin espèrent également économiser dans la branche maladie : 165 millions d'euros avec un renforcement du contrôle des prescriptions d'arrêt de travail.

La lutte contre la fraude à l'Assurance maladie (estimée à 245 millions d'euros en 2016) sera à nouveau à l'ordre du jour avec un objectif à 90 millions d'euros, proche de celui du gouvernement précédent.

Les médecins seront également mis à contribution avec 320 millions d'euros d'économies visées par la maîtrise des volumes de prescription en médicaments, l'utilisation raisonnée des actes de biologie et d'imagerie notamment (225 millions d'euros) ; 65 millions d'euros sont également visés avec les cotisations des professionnels de santé.

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Commentaires
a écrit le 30/09/2017 à 17:35 :
Bonjour que l/on commence par exiger un certificat de vie pour les retraites vivant en afrique dont certains sont ager de plus de 150 ans ce controle existe pour nous qui vivent en europe ce controlle demande une attestation signee et tamponner par la mairie de residence et ca 2 fois par ans alors faitent de meme pour les autres resquilleurs la vous ferez des economies 😆😆😆😆😆
a écrit le 30/09/2017 à 13:56 :
Excellente excursion à l'extérieur de la "Sécu" mais n'oublions pas l'intérieur en considérant le ver dans ce beau fruit.
Quid des personnels pléthoriques "à vie" aux salaires majoritairement "confortables" et autres dépenses non fondées y compris la propension à rendre héréditaires (y compris collatéralement) certains postes ?
a écrit le 30/09/2017 à 12:42 :
Comme d'habitude cela retombe sur les mutuelles qui répercuteront sur les patients. Ca fera un impôt de plus pour les retraités = "vaches à lait".
a écrit le 29/09/2017 à 19:38 :
Cela va au moins obliger les différentes parties prenantes de notre système de santé y compris nous les patients à revoir nos comportements et à réfléchir pour trouver des solutions innovantes en rupture avec le confortable toujours plus de moyens et de déficits !!!.
a écrit le 29/09/2017 à 19:36 :
Cela va au moins obliger les différents parties prenantes de notre système de santé y compris nous les patients à revoir nos comportements et à réfléchir pour trouver des solutions innovantes en rupture avec le toujours plus de moyens et de déficits .
a écrit le 29/09/2017 à 14:43 :
L'Etat ne devrait se mêler, ni de la Sécu. , ni des retraites, et à minima du droit du travail.
Réponse de le 29/09/2017 à 19:33 :
Ni de rien du tout d'ailleurs , enseignement , équipement, transport, pollution, impôts , agriculture , diplomatie, armée ...rien de rien chacun pour soi ..et que le plus fort gagne ....mais pas sur que ce soit vous !!!
Réponse de le 30/09/2017 à 9:06 :
@Ldx: tout à fait. un état ou une société de ce nom nécessite une organisation au bénéfice de tous. Mais il faut reconnaître qu'en ce moment, il y a un besoin de réorganisation parce que justement, la corruption rampante fait que le chacun pour soi gagne du terrain :-)
a écrit le 29/09/2017 à 13:37 :
Tout est fait dans notre mode de vie actuel pour fragiliser la santé des populations humaines. Le déficit de la sécurité sociale n'est que la partie visible de l'iceberg. Vous voulez rester en bonne santé : arrêter de vous faire livrer à domicile, marchez autant que possible, allez vous promenez au lieu de vous avachir devant vos écrans, etc ... En dehors des maladies héréditaires, et des accidents, nous disposons de toutes les informations nécessaires pour améliorer notre santé et diminuer nos besoins de soins. Sauf que ça n'arrange pas les multinationales œuvrant dans le secteur de la santé. L'économie prime sur votre santé et ça n'a pas l'air d'être prêt à changer.
a écrit le 29/09/2017 à 10:49 :
Sur qui va peser la réduction du déficit de la SS ? Mais sur les retraités bien sûr ! Ceux qui consomment des cocktails de médicaments tous les jours !!
a écrit le 29/09/2017 à 9:02 :
Bref les classes moyennes comme d'habitude, celles qui ont arrêté de voter parce que que ce soit n'importe qui au pouvoir elles en prennent à chaque fois plein la figure.

Quand on sait que les actionnaires milliardaires nous coutent directement, parce que indirectement si on devait faire le calcul on ne serait ps loin de la moitié de notre PIB, 80 milliards d'évasion fiscale par an.

Pas un mot du Mac et de son gouvernement à ce propos, même sarkozy avait au moins fait semblant de s'attaquer à ce problème majeur dont de plus en plus de gens parlent actuellement.

Les ficèles sont grosses....
Réponse de le 29/09/2017 à 20:38 :
non, as 80 milliards mais 800 milliards / 10 milliards cela fait 80 e par personne pas très interesant
Réponse de le 01/10/2017 à 18:06 :
Merci pour la précision mais j'ai toujours entendu de 80 milliards d'évasion fiscale, 800 milliards par an paraitrait énorme, si vous avez des liens j'en serais vraiment intéressé, merci.
a écrit le 29/09/2017 à 8:42 :
Peut-on faire confiance à un gouvernement qui annonce un déficit budgétaire dépassant le précédent de 10 milliards et qui représente toujours 20% des recettes?
a écrit le 29/09/2017 à 8:35 :
"Sécu : sur qui va reposer la baisse du déficit de 3 milliards d'euros en 2018 ?"

Pas eux :

Conformément à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, le gouvernement a inscrit dans le budget 2018 un recentrage sur l’ISF sur le seul patrimoine immobilier, exemptant de fait les placements et les valeurs mobilières. Objectif recherché: inciter les contribuables les plus aisés à réorienter leur épargne vers l’investissement. Mais l’opposition a tout de suite relevé les effets pervers de la méthode, en pointant que dorénavant la possession d’un jet privé, d’un yacht ou de tableaux de maîtres n’entreront plus dans le calcul du patrimoine soumis à l’ISF.Une situation que le premier ministre assume. « Vous avez parlé des yachts, des jets, vous auriez pu parler des montres, des bijoux. Je l’assume, notre objectif c’est de faire en sorte que le capital reste en France et même d’attirer des gens riches en France », a plaidé Edouard Philippe sur le plateau de « L’Emission politique » de France2.
a écrit le 29/09/2017 à 8:30 :
Réponse à la question: le cochon de consommateur autrement dit l'adhérent de la mutuelle. La destruction de la sécurité sociale souhaitée par l'UE continue merci Macron!
a écrit le 29/09/2017 à 8:27 :
Rien de neuf. Les mêmes arguments que dans le passé. On veut faire payer les mêmes structures, sans tenir compte de la srucharge final du consomateur. Et pourtant cela ne semble jamais vraiment marché comme prévu. On pourrait penser que les responsables ont certainement rechercher le " pourquoi " de échecs du passé.
a écrit le 29/09/2017 à 8:18 :
et les cures thermales !!!!!je vois nombre de voisins partir tous les en cure EN COUPLE en guise de vacances
Pourquoi les ayant droit de l'AME consomme plus que les autres,,,,

dans les actes de kine ,certain tranport sanitaires

fairE PAYER LES MUTUELLES N"EST PAS UNE ECONOMIE MAIS UN TRANFERT DE CHARGES
Réponse de le 29/09/2017 à 11:07 :
Les cures thermales sont indispensables quand on a travaillé durement toute sa vie on en a besoin!Perso c'est deux fois par an avec ma femme,et je ne vois pas comment on s'en passerait!
Réponse de le 29/09/2017 à 15:29 :
"Pourquoi les ayant droit de l'AME consomme plus que les autres,,,,"


Le décret d’application du 17 octobre 2011( Décret n° 2011-1314 du 17 octobre 2011) a acté la restriction des droits à l’AME pour les personnes sans-papiers. Pour rappel, les bénéficiaires de l’AME sont les personnes en situation irrégulière, résidant sur le territoire français depuis au moins trois mois et disposant de faibles ressources. Le décret définit les soins qui n’ont pas été qualifiés de « moyens » ou « importants » ou qui ne visent pas à traiter ou prévenir une maladie. Ainsi, l’AME ne prend désormais plus en charge les frais relatifs aux cures thermales et à l’assistance médicale à la procréation.
Réponse de le 29/09/2017 à 20:44 :
entre le retraités RATP qui vit à nos dépens sans avoir jamais rien foutu et les bénéficiaires de l AME scandaleusement aidés au détriment du petit commercant qui a travaillé et cotisé et n'a plus rien : les plus aidés ne sont que des escrocs
Réponse de le 30/09/2017 à 14:07 :
@retraité RATP: euh, excuse-moi, mais les cures thermales aux crochets des autres, c'est niet. Remplis ta baignoire d'eau de Vichy ou achète-toi un sauna. La sécu, c'est pour les maladies graves, pas pour le confort de certains :-)
a écrit le 29/09/2017 à 7:32 :
C'est toujours la même chose. On culpabilise les français pour le déficit de la sécurité sociale. On leur demande sans arrêt des efforts pour compenser ce déficit. Mais on ne parle jamais des retards de cotisations des grandes entreprises. Elles doivent des milliards à la sécu, en retard de plusieurs années, de quoi combler le déficit et rendre les comptes de la Sécu positifs. Le truc c’est que ces grands groupes menacent de licencier si on les oblige à rattraper le retard de cotisations. Je rêve du jour où on aura un gouvernement avec assez de courage pour les mettre au pied du mur et arrêter de taper sur les Français pour les fautes d’entreprises malhonnêtes.
Réponse de le 30/09/2017 à 15:12 :
exat, on ne surveille pas assez les fraudeurs et sur l evastion fiscale c est pareil???
a écrit le 28/09/2017 à 23:53 :
Pas d'affolement ce sont des mesures préconisées,non quantifiées mais juste chiffrées, pour faire un beau budget. Ce sont donc des objectifs sans moyens de les réaliser, comme dans les grand groupes, donc du pur bullshit.
a écrit le 28/09/2017 à 21:17 :
La Sécurité Sociale est une oeuvre fantastique détruite à petits feux par le néo-libéralisme. La santé doit rapporter et tant pis pour ceux qui n'ont pas les moyens de se soigner.
Réponse de le 29/09/2017 à 8:38 :
@valbel89: œuvre fantastique en effet...jusqu'à ce que certains en abusent. Mais il faudra voir dans le détail sur quoi portent ces coupes budgétaires :-)
a écrit le 28/09/2017 à 20:39 :
La France n'a que des dettes, il reste peu de contribuables, les riches sont partis
la classe moyenne n'en peut plus, les retraités ont déjà donné , il serait temps de faire
des économies et que l'état fasse enfin le bilan d'une gestion catastrophique depuis 30 an.
Réponse de le 29/09/2017 à 7:21 :
Arrétez, vous ètes que des caniches a vouloir répéter sans cesse les memes sornettes sur les riches, vous pensez que ces bobos vont faire des miracles !!
ils vont étres pires que les autres, .
a écrit le 28/09/2017 à 20:24 :
Je viens de sortir d'une récidive d'un lymphome. Plus de job, plus les moyens de payer une mutuelle. La prise en charge dans le cas d'une ALD à des limites.
La soit disant exemplaire protection sociale française va bientôt finir dans les mains des assurances privées qui elles feront des profits !
Même en oubliant 350 millions...
a écrit le 28/09/2017 à 20:13 :
Il faut accorder le droit de quitter la sécurité sociale aux français qui le désirent, pour que ceux-ci ne cotisent qu'à leur mutuelle, puisque tous les droits à la S.S sont réduits.
Réponse de le 29/09/2017 à 5:58 :
Tant que vous n'avez pas un gros risque , les mutuelles sont la pour engranger le bénéfice ...
En cas de gros risque , si votre mutuelle augmente considérablement votre cotisation au point que vous ne pouvez plus cotiser ... Que ferez vous ?

Je n'ai pas cotisé a la sécurité sociale tant que je n'avais pas de problème de santé ...Mais aujourd'hui je suis vieux et je suis en droit d'obliger la sécurité sociale a me reprendre !!!

Comme tous les français , vous voulez le beurre l'argent du beurre , les camions qui distribuent le beurre , la chaîne de magasin qui les vend mais surtout ne pas payer la caissière ...
Réponse de le 29/09/2017 à 9:51 :
@Réponse de Droit de revenir a la sécurité social
Les mutuelles engrangent effectivement si vous n'avez pas de "gros risque" et en cas de "gros risque" elles ne payent plus rien vu que vous passez en ALD....
Le vrai problème en France ce sont nos 500 mutuelles...à la manoeuvre pendant 5 ans avec M Ferrand...que de cadeaux accordés !! Quelles publient leurs comptes et on y verra plus clair.

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