L'Irak produit 3 millions de barils par jour, au plus haut depuis 1979

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La production de pétrole en Irak a augmenté et dépasse désormais les 3 millions de barils par jour (mbj), son plus haut niveau depuis 1979, ont indiqué lundi des ministres irakiens. Et l'embargo sur le pétrole iranien conduit la communauté internationale à développer ses investissements, à l'image du Japon.

L'Irak retrouve des niveaux de production de pétrole historiques. "La production de pétrole est à présent de plus de 3 mbj", a déclaré lundi le vice-premier ministre en charge de l'Energie, Hussein Chahristani, dans un discours au ministère du Pétrole. Soit autant qu'en 1979. Elle s'élevait auparavant à 2,9 mbj, selon les chiffres officiels.

L'Irak, qui regorge de pétrole mais a vu sa production freinée par des décennies de guerres, violences et sanctions internationales, a déjà fait savoir qu'il ambitionne de faire passer sa production cette année à 3,4 mbj, dont 2,6 mbj seraient exportés. L'enjeu, pour le pays qui a connu une décennie 2000 marquée par la chute du dictateur Saddam Hussein et qui est encore en proie à des troubles entre les différentes communautés, est de reconstruire ses infrastructures. Une décision très bien accueillie par la communauté internationale, notamment depuis que l'Iran, qui fait partie des plus importants producteurs d'or noir au monde, est sous le coup d'un embargo international pour faire pression sur son programme nucléaire.

Le Japon prête 400 millions d'euros

La communauté internationale a bien compris que l'Irak peut être un atout dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient. Le Japon a ainsi choisi de suivre la voie dictée par les Etats-Unis et a annoncé il y a quelques jours un prêt de 400 millions d'euros à l'Irak pour aider le pays à reconstruire des raffineries afin de bénéficier de son pétrole et de réduire ainsi les importations d'or noir en provenance d'Iran.

La valeur totale des chantiers envisagés est de 160 milliards de yens et les entreprises japonaises sont parties prenantes à ces travaux. Le Japon, qui importe entre 9% et 10% de son pétrole d'Iran, a déjà diminué cette part de près de moitié au cours des cinq dernières années, mais le pays est poussé à faire davantage par son allié américain.

Objectif : contrer l'Iran

La part venant d'Irak ne dépasse quant à elle pas pour le moment 3%. Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a indiqué que l'archipel devait bien étudier l'impact notamment économique de sanctions plus fortes à l'égard de l'Iran avant de prendre des mesures radicales.

Le Japon est totalement dépourvu de ressources énergétiques fossiles et a un besoin d'autant plus crucial de pétrole et gaz naturel que ses réacteurs nucléaires sont pour ainsi dire tous arrêtés à cause des suites de l'accident de Fukushima.

Il entend néanmoins prendre toutes les précautions avant de se passer éventuellement du pétrole iranien, même s'il se dit sensible au danger que représente le développement d'arme atomique par l'Iran.

Outre le soutien à l'Irak, le Japon est en train d'étudier comment l'Arabie saoudite pourrait augmenter ses volumes exportés dans l'archipel afin de compenser en cas d'arrêt des flux en provenance d'Iran.

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