Les acteurs français du nucléaire à l'attaque sur le marché du charbon

Alstom, EDF et GDF Suez ne délaissent pas le marché des centrales à charbon, première source d'électricité dans le monde. Ils décrochent même de beaux succès, comme Alstom ce mercredi en Corée du Sud.

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« C?est une belle victoire », se félicite Didier Pfleger, vice président chez Alstom Power. « On vient de rentrer sur les deux marchés les plus fermés du monde ». Alstom vient de décrocher ses deux premières ventes de centrales à charbon en Chine et en Corée du Sud. Une belle performance pour le groupe dirigé par Patrick Kron qui, non content de ne pouvoir accéder à ces marchés très fermés, retrouve de plus en plus souvent sur son chemin à l?international les constructeurs chinois et coréens. La Chine, qui tire près 75% de son électricité du charbon, est également le premier constructeur mondial avec trois groupes leaders.

Alstom n'a toujours pas pénétré le principal segment de ce marché en Chine
Mercredi 26 septembre, Alstom a annoncé la vente d?un groupe turbo-alternateur pour une centrale de 1.200 MW en Corée du Sud, pour un montant de 100 millions d?euros. En mars dernier, le groupe français avait très discrètement signé un contrat du même type pour la centrale chinoise de Pingwei (2.000 MW). Mais Alstom n?est pas encore au bout de ses peines en Chine car il reste absent du marché du principal composant des centrales à charbon, les chaudières, qui pèsent 40% de l?investissement total d?une centrale contre 15% pour les turbines et l?alternateur. Et pourtant, il a acheté en 2008 le numéro 4 chinois de ce segment. Le groupe français est reparti à l?assaut en se fiançant au printemps 2011 avec le numéro 1 chinois (Shangai Electric) mais l?accord n?est toujours pas finalisé.

Le charbon fournit 40% de l'électricité dans le monde
Alstom, leader mondial (hors Chine) sur les centrales électriques à charbon avec 10 à 15% de part de marché, n?est pas le seul acteur de la filière nucléaire française à se positionner sur cette source d?énergie. EDF et GDF Suez tentent également de ne pas laisser échapper ce marché prometteur. Le charbon, qui semble dépassé, voire mort, vu de l?hexagone, fournit 40% de l?électricité dans le monde. C?est la deuxième source d?énergie primaire dans le monde (25% de la consommation, après le pétrole 34%) mais la première pour la génération d?électricité. Loin d?être en extinction comme on pourrait le croire en France où le nucléaire l?a remplacé, la consommation de charbon a plus que doublé en 30 ans sur la planète.

GDF Suez construit des centrales charbon dernier cri en Europe
GDF Suez, qui vient d?inaugurer deux centrales ultramodernes sur l?île de java en Indonesie et sur les bords du Golfe de Thaïlande, au sud de Bangkok, construit également des centrales à charbon dernier cri en Europe. Le groupe dirigé par Gérard Mestrallet va en mettre deux en service l?an prochain, l?une près de Rotterdam aux Pays-Bas (une centrale mi charbon ? mi biomasse qui représente un investissement de 1,2 milliard d?euros) et à Wilhelmshaven, en Allemagne. EDF, de son côté, n?a pas hésité à investir chez le principal utilisateur européen de charbon, la Pologne. Le groupe français va consacrer 1,8 milliard d?euros pour construire une centrale de 900 MW dans ce pays qui produit encore 86% de son électricité à base de charbon (96% en 1996 !).Même Areva s'intéresse à ce marché. Le constructeur nucléaire a acheté fin juillet une PME qui permet de remplacer le charbon par le bois dans les centrales, sans changer d'équipement !

Des centrales "ultrasupercritiques"
Ce marché est d?autant plus intéressant pour les industriels qu?il s?agit de vendre ?ou de maîtriser- des équipements qui maximisent le rendement et limitent les émissions. Très émetteur de CO2 (avec des émissions supérieures de 35% au pétrole, de 72% au gaz naturel), le charbon nécessite des équipements de dépollution ?coûteux. Autre moyen de lutter contre le CO2 : augmenter le rendement avec les centrales « supercritiques » et « ultracritiques ». En permettant des rendements compris entre 42% et 47% (contre 35% précédemment), elles brûlent moins de charbon et émettent jusqu?à 25% de CO2 en moins.
 

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Commentaires 5
à écrit le 01/10/2012 à 11:37
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Un bel exemple de la nocivité de nos acteurs français du nucléaire, ils sont aussi à fond sur le charbon. On les cherche toujours dans le développement des énergies renouvelables ! Lobbl nucléaire et lobby du charbon ont des moyens énormes, ce ne son...

le 13/10/2012 à 1:37
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Je ne partage pas l'analyse. Logiquement tous les pays cités auraient toutes les raisons de faire du nucléaire, les centrales charbon, c'est évoqués à la fin, si l'on souhaite qu'elles soient ultra-critiques et autant que possible dépollués, coutent ...

le 13/10/2012 à 2:19
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Et puis si vous pensez vraiment qu'ils ne sont pas actifs dans les EnR, vous allez avoir un paquet de lecture ci-dessous, si les pays en question avaient choisi le solaire ou les éoliennes, tant Areva qu'EDF EN auraient eu là aussi plein de choses à ...

à écrit le 27/09/2012 à 10:55
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La critique du charbon en Allemagne par les acteurs du nucléaire français est permanente. Mais quand il s'agit de gratter un peut de cash dans le charbon ils sont moins regardants.

à écrit le 26/09/2012 à 19:45
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Et y sont où, et sont où, et y sont où les écolos....lalalalalère.....

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