Centrale de Flamanville : pourquoi le gendarme du nucléaire a mis en demeure EDF
Juliette Raynal
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Benoit Tessier
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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé mercredi 3 mars avoir mis en demeure EDF de mettre à jour le plan d'urgence interne de sa centrale de Flamanville (Manche). Cette décision fait suite à une inspection inopinée dans la nuit du 11 au 12 janvier dernier, où plusieurs insuffisances ont été relevées.
EDF avait jusqu'au 1er janvier 2021 pour intégrer dans son plan d'urgence interne (PUI), les évolutions demandées par l'ASN dans sa décision de juin 2017. Le plan d'urgence interne est un document qui décrit comment l'exploitant s'organise pour faire face à une situation de crise. Tous les sites de centrales nucléaires doivent en être dotés.
L'électricien a prévenu tardivement le gendarme nucléaire, seulement le 14 décembre 2020, qu'il ne pourrait pas mettre à jour ce document dans le temps imparti. Deux raisons ont été invoquées pour expliquer ce retard : la pandémie, qui a perturbé le fonctionnement des équipes. Or la rédaction de ce document exige un travail très transverse et pendant la crise sanitaire il était plus difficile d'organiser des réunions. Et la spécificité de la centrale de Flamanville par rapport aux autres sites nucléaires français. La centrale regroupe en effet deux réacteurs en opération et un réacteur de nouvelle génération (EPR) en construction, avec une incertitude sur l'arrivée des combustibles.
EDF avait toutefois précisé que le site de Flamanville mettait en œuvre une organisation spécifique, comportant un nombre accru d'équipiers de crise en raison de l'intégration des agents de Flamanville 3, lui permettant de répondre efficacement aux objectifs fixés par la réglementation.
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Pour éprouver l'efficacité de cette organisation de crise alternative, l'ASN a diligenté dans la nuit du 11 au 12 janvier, une inspection surprise. Six inspecteurs de l'organisation ont ainsi simulé une situation d'urgence relevant d'une agression naturelle extrême, entraînant l'encombrement du réseau routier et un isolement partiel du site.
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