Electricité : RTE dessine le chemin escarpé vers la sortie des énergies fossiles
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE.
RTE
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE.
RTE
C'est une petite gymnastique mentale à laquelle il faut s'habituer. Pour tenir ses objectifs de décarbonation, la France va devoir baisser significativement sa consommation globale d'énergie. Mais, dans le même temps, sa consommation d'électricité augmentera considérablement, dopée par le déploiement des véhicules électriques, la production d'hydrogène propre, l'électrification des procédés industriels et du chauffage dans les bâtiments.
En réalité, cette consommation d'électrons pourrait même exploser. Elle devrait atteindre 615 térawattheures (TWh) en 2035, si la France veut tenir les nouveaux objectifs climatiques européens, tout en menant à bien sa réindustrialisation, selon le scénario de référence du nouveau rapport très attendu de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, chargé de produire des bilans prévisionnels. A titre de comparaison, les Français ont consommé 460 TWh d'électricité en 2022. Un tel scénario suppose donc que la consommation d'électrons augmente de près de 34% en l'espace de 13 ans seulement.
À lire également
Pour mémoire, en 2021, RTE tablait encore sur une consommation de 540 TWh à cet horizon. Cette réactualisation, publiée deux ans après la publication du rapport initial, tient compte de deux grandes évolutions : les nouveaux objectifs climatiques européens (il faut désormais diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 55% à l'horizon 2030, et non plus de 40%) et les nouveaux enjeux d'indépendance énergétique et de réindustrialisation dans un contexte géopolitique, où les questions de souveraineté sont devenues centrales. Il intègre aussi une moins grande disponibilité de la biomasse.
Juliette Raynal