... s la consommation finale d'ici à 2030, contre 20,7% en 2022.
LA TRIBUNE. L'étude au Parlement de la première loi de programmation sur l'énergie et le climat (LPEC), qui était initialement prévue à l'été, puis à l'automne, pourrait une nouvelle fois être décalée en janvier 2024. Ce glissement de calendrier vous inquiète-t-il ?
JULES NYSSEN. Depuis la rentrée, une petite musique tourne sur le fait qu'il n'y aurait pas de place dans l'agenda parlementaire d'ici à la fin de l'année. S'y ajoute une discussion plus politique sur la capacité du gouvernement à trouver une majorité pour faire voter le texte. Nous avons trois craintes par rapport à cela : d'une part que les ambitions de la loi soient revues à la baisse, d'autre part que la loi soit décalée trop loin dans l'agenda et, enfin, qu'elle soit carrément supprimée ou vidée de sa substance.
Nous estimons, que le volet production, au moins, doit faire l'objet d'une programmation législative, car il s'agit de choix qui engagent la structuration de notre système de production énergétique pour des décennies, bien au-delà de l'échéance 2030-2035. Par ailleurs, ce sont des sujets sur lesquels de gros investissements en capital doivent être mobilisés, ce qui nécessite de la visibilité dans la durée. Enfin, il faut que les industriels qui développent des projets de gigafactories [notamment de panneaux photovoltaïques, ndlr] aient, eux aussi, de la visibilité et qu'ils puissent mesurer l'ambition que se donne la France.