Le groupe énergétique français vise notamment une "plus grande sélectivité" de ses activités, prévoyant en particulier d'abandonner les services les moins rentables. Au premier trimestre, ses résultats ont flanché.Entre l'éviction d'Isabelle Kocher, son ancienne directrice générale désavouée en février par le conseil d'administration et partie trois semaines plus tard, et la propagation rapide de l'épidémie de coronavirus, le premier trimestre a été animé chez Engie. Il s'est terminé sur une baisse des résultats financiers: sur la période, le groupe énergétique français a accusé un repli de 3,7% de son chiffre d'affaires, à 16,5 milliards d'euros, et de 6,6% de son résultat opérationnel courant, à 1,9 milliard d'euros.
Le pire reste à venir
"Nos résultats sont résilients malgré les premiers effets de la crise", assure cependant Judith Hartmann, la directrice financière d'Engie, qui fait partie de la direction collégiale assurant l'intérim à la tête de l'entreprise en attendant la nomination d'un nouveau patron. Et de souligner notamment la croissance organique du résultat opérationnel une fois exclu le manque à gagner provoqué par des températures hivernales plus clémentes en France. Pas de quoi cependant rassurer les investisseurs: mardi, l'action de l'entreprise a en effet chuté de 4,3% sur le marché parisien.
Car le pire reste encore à venir, alors que les mesures de confinement, en France notamment, n'ont été mises en place que mi-mars. La société se garde bien d'ailleurs d'anticiper publiquement les dégâts. "Il serait peu représentatif de donner un chiffrage de l'impact du covid: chaque semaine est différente de l'autre", justifie Judith Hartmann. En avril, Engie avait retiré ses prévisions de résultats pour 2020. Et ne prévoit pas d'en communiquer de nouvelles avant mi-juillet, au mieux. "Il reste encore beaucoup de variables quant à la durée et au profil de la crise", poursuit sa responsable.
Baisse "significative" des dépenses
Deux activités souffrent particulièrement: les services énergétiques, qui connaissent pour certains une chute pouvant atteindre 75%, et la distribution de gaz et d'électricité, pénalisée par le plongeon de la production industrielle. L'an passé, ces deux métiers avaient représenté près de 30% du résultat opérationnel. Les autres branches de l'entreprise, comme les énergies renouvelables, les infrastructures gazières et le nucléaire belge, sont moins exposées à la crise sanitaire. Elle espère même tenir son objectif annuel de déploiement de nouvelles installations renouvelables.