« C'est une première mondiale », s'est félicitée Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, devant un parterre d'élus locaux et de représentants de l'Union européenne. Vendredi dernier, le groupe français a donné le coup d'envoi du projet Hypster, qui couple une production locale d'hydrogène à un système de stockage sur son site d'Etrez, situé au nord-ouest de Bourg-en-Bresse (Ain). « Ce projet pilote est précurseur car il ouvre la voie à l'industrialisation du stockage à grande échelle », a renchéri Charlotte Roule, la directrice générale de Storengy, la filiale d'Engie dédiée au stockage de gaz.
Pourtant, sur place, cette première mondiale n'est pas très éloquente. Seule une tête de puits, qui ressemble à une grande valve d'environ quatre mètres de haut, est visible. Et pour cause, tout se passe... sous terre. Pour en voir plus, il faudrait se faufiler dans un tube d'une vingtaine de centimètres de diamètre. Une étroite canalisation descend, en effet, à 1.500 mètres de profondeur jusqu'à une poche de 8.000 mètres cubes, soit l'équivalent de la moitié d'un arc de triomphe. Celle-ci a été creusée dans une couche de sel par injection d'eau. C'est dans cette poche, en forme de grande cloche, qu'Engie a débuté il y a quelques jours l'injection d'hydrogène, cette toute petite molécule considérée comme clef pour la transition énergétique, afin de décarboner les usages qui ne peuvent être électrifiés, ou bien plus difficilement.
A termes, cet hydrogène pourrait alimenter des bus ou des bennes à ordures ou encore servir des industriels souhaitant verdir leurs procédés. L'intérêt d'y associer un système de stockage réside dans la possibilité de fournir de l'hydrogène en continu, même lorsque les électrolyseurs (les outils industriels permettant de produire de l'hydrogène grâce à un courant électrique qui casse la molécule d'eau) reliés à des énergies renouvelables s'arrêtent de fonctionner (naturellement la nuit lorsqu'il n'y a plus de lumière ou, volontairement, pour soulager le réseau électrique lorsqu'il y a une pointe de consommation, les matins et vers 19 heures les journées d'hiver).