L’Allemagne convainc le G7 d'amender un engagement majeur pour le climat
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le chancelier Olaf Scholz hôte du sommet du G7, qui se tient actuellement dans les Alpes bavaroises.
Reuters
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le chancelier Olaf Scholz hôte du sommet du G7, qui se tient actuellement dans les Alpes bavaroises.
Reuters
Alors que les centrales à charbon s'apprêtent à jouer les prolongations dans de nombreux pays européens pour faire face au tarissement des livraisons de gaz russe, la lutte contre le changement climatique encaisse, ce mardi 28 juin, un nouveau coup dur. En effet, les pays du G7, qui se sont réunis pendant quatre jours dans les Alpes bavaroises, viennent d'apporter un amendement majeur à un engagement pour le climat, pris avant le début de la guerre en Ukraine : celui de mettre fin aux financements publics de tous nouveaux projets d'exploitation de combustibles fossiles à l'étranger, d'ici la fin de l'année 2022.
Les sept pays maintiennent cet engagement, mais compte tenu des « circonstances exceptionnelles » liées à la guerre en Ukraine, « les investissements soutenus par les pouvoirs publics dans le secteur du gaz » pourront être décidés « en tant que réponse provisoire », précise un communiqué de presse.
Selon des observateurs, l'Allemagne et l'Italie, qui dépendent toutes deux fortement des sources d'énergie russes, ont fait pression pour obtenir cet amendement. Plus tôt, l'agence Bloomberg rapportait justement que l'Allemagne faisait pression sur les pays membres du G7 pour revenir sur cet engagement pris lors de la COP26, en novembre dernier.
Cet engagement de mettre fin aux aides publiques aux nouveaux projets charbonniers, pétroliers et gaziers sans technique de capture de carbone associée avait été pris par une coalition d'une quarantaine de pays.
Cette annonce avait été qualifiée d'historique par de nombreux observateurs car elle concerne tout le panel des financements publics internationaux (financements bilatéraux, ceux via les banques de développement et aussi les crédits à l'export) aux énergies fossiles.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

À lire également
Des analystes cités dans le New York Times s'inquiètent des conséquences d'un tel revirement. Selon eux, il sera non seulement plus difficile de persuader le reste du monde de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et d'investir dans les énergies renouvelables, mais cela peut aussi mettre en danger l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Et pour cause, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) appelle, depuis mai 2021, à renoncer immédiatement à tout nouveau projet fossile pour espérer atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050.
Juliette Raynal
Pollution industrielle : plus d’une entreprise bretonne sur deux investit pour réduire son impact
Réforme du marché du carbone européen : la grande revanche des industriels
Pourquoi les conditions climatiques extrêmes sont devenues la nouvelle « norme » en Europe
Des milliers de kilomètres entre les stades, une avalanche de streaming : la Coupe du monde 2026 en route pour un record de CO2