Macron reçoit la Convention climat et promet un "discours écologique très offensif"

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Emmanuel Macron se retrouve devant des choix difficiles, qui s'ajoutent à ceux, extrêmement onéreux, qu'il doit prendre pour sortir la France de la récession dans laquelle l'a plongée la crise du Covid-19.
Emmanuel Macron se retrouve devant des choix difficiles, qui s'ajoutent à ceux, extrêmement onéreux, qu'il doit prendre pour sortir la France de la récession dans laquelle l'a plongée la crise du Covid-19. (Crédits : GONZALO FUENTES)
Cette rencontre prévue de longue date intervient quelques heures après le choc provoqué par les victoires des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Marseille.

C'est une rencontre qui tombe à pic: au lendemain de la vague verte aux municipales, Emmanuel Macron donne lundi des réponses "fortes" aux propositions, parfois controversées, des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qu'il reçoit à l'Elysée.

C'est dans le parc verdoyant du palais présidentiel que le chef de l'Etat accueillera ces Français venus des quatre coins du pays qu'il avait chargés l'an dernier de réfléchir à un paquet de solutions contre le réchauffement climatique.

Cette rencontre prévue de longue date intervient quelques heures après le choc provoqué par les victoires des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Marseille.

Vague verte: Macron promet "un discours très offensif"

Estimant que la "vague verte" de dimanche constitue un "baromètre de l'état d'esprit des Français" et montre que "l'écologie est au coeur de leurs préoccupations", le chef de l'Etat fera lundi "un discours très offensif" avec "une ambition écologique affirmée", qui sera décisive pour la suite, selon ses proches.

"Il y a beaucoup de propositions" sur la table et "le président va jouer sur tout le registre" de ces mesures, a affirmé la présidence.

La réunion sera introduite à 11H par Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, avant que six membres de la CCC tirés au sort ne prennent la parole pour défendre les 149 propositions nées de leurs travaux.

L'inconnue d'un éventuel référendum

Le chef de l'Etat se sait très attendu. En premier lieu par les 150 membres de la CCC qui ont pris au sérieux cet exercice inédit de démocratie participative qu'ils ont mené depuis l'automne dernier.

"C'est maintenant qu'il doit agir", a déclaré dimanche au JDD Laurence Tubiana, qui a coprésidé le processus. "Nous vivons dans un moment de bascule" pour le climat et "c'est une folie de remettre ce tournant à plus tard", a-t-elle prévenu.

Sur le plan politique, la principale inconnue concerne un éventuel référendum, qui serait le premier à se tenir en France depuis celui qui avait vu la victoire du "non" sur la constitution européenne en 2005. Mais, a prévenu l'Elysée, les travaux de la CCC "ne se résument pas à la question réferendaire".

"On se fait traiter de Khmers verts"

La Convention a appelé l'exécutif à soumettre à référendum l'introduction de la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution et la création d'un crime "d'écocide".

Mais cette piste ne recueille guère de soutiens dans la classe politique, notamment au sein de la majorité, qui plaide plutôt pour une consultation sur des propositions plus concrètes de la Convention.

L'une d'elle fait particulièrement débat: la réduction de la vitesse maximale sur les autoroutes de 130 à 110 km/h.

Deux ans après la polémique sur les 80 km/h, elle est la seule à être massivement rejetée par les Français, selon des sondages. Ainsi, si 62% des personnes sondées la semaine dernière par Odoxa approuvent globalement les propositions, elle est décriée par 74% d'entre elles.

En réaction, Laurence Tubiana réclame que tout le travail de la Commission ne soit pas "pris en otage" par cette mesure.

"C'est une proposition sur 149, donc si on voulait cristalliser l'opinion, on ne s'y serait pas mieux pris", a également dénoncé sur Europe 1 le réalisateur Cyril Dion, "garant" de la CCC.

"On se fait traiter de khmers verts, de vouloir une dictature écologique", a-t-il regretté.

Dans leur rapport, les membres de la Convention reconnaissent que certaines de leurs propositions "peuvent sembler extrêmes", mais avertissent qu'elles risquent d'être "encore insuffisantes pour atteindre l'objectif de réduction d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030" que leur avait fixé l'exécutif.

Propositions à fort impact et choix difficiles

Si elles sont retenues, leurs propositions auront un impact sur la vie économique et quotidienne puisqu'elles portent sur la rénovation thermique globale et obligatoire des bâtiments, la réduction de la place de la voiture individuelle, la taxation de l'alimentation ultra-transformée ou l'interdiction des semences OGM ou des terrasses chauffées...

Emmanuel Macron se retrouve devant des choix difficiles, qui s'ajoutent à ceux, extrêmement onéreux, qu'il doit prendre pour sortir la France de la récession dans laquelle l'a plongée la crise du Covid-19.

Pour Laurence Tubiana, le président doit saisir ce contexte très particulier pour en "profiter pour réorienter notre économie", à travers "la loi de finances rectificative pour 2020 et dans le budget de 2021".

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Commentaires
a écrit le 30/06/2020 à 7:12 :
bizare les 150 tiré au sort ont plus de légitimé que les député et les sénateur a croire m macron qui souhaite reprendre la quasi intégralité de leur réflexion téléguidé
par 3 ecolos
et je ne parle pas des maires qui eux non plus de pouvoir, puisque dilue dans la multitude de communauté de decision
et après il sont étonné que 3 Français sur 4 ne soit pas allé voter
a force de renier les principales institution voir les partenaires sociaux
il ne faut pas être surpris m macron comprendras trop tard qu'il auras le même sort que ces prédécesseurs un petit tour et dégage
puisque les Français ne veule plus de promesse mais des actes
et des actes pour la France et les Français l'Europe passe bien après
et non avant
a écrit le 29/06/2020 à 14:39 :
Qui fait les lois en France ? L'Assemblée ou un rassemblement hétéroclite de 150 incompétents cornaqués ? Macron perd totalement les pédales et se met à la remorque de groupes de pression. Quant à l'efficacité future des propositions, cela laisse rêveur. La France n'est pas une île au milieu de la planète, et ce qui s'y passera ne changera pas le monde.
a écrit le 29/06/2020 à 14:10 :
Sans surprise, les écologistes n'ont pas soutenu LRM. Ils ont préféré s'allier aux socialistes pour battre LRM.
Conclusion : Macron en remet une couche en leur faveur. D'où deux hypothèses :
- Ou bien Macron espère encore gagner leurs voix, auquel cas il n'a rien compris à l'idéologie pastèque.
- Ou bien Macron se fiche des écologistes mais il a compris que l'écologie était un instrument de manipulation et d'asservissement idéal. Il veut donc continuer à en utiliser cette idéologie fumeuse pour "gouverner", c'est-à-dire soutenir une industrie incapable de réussir sur les marchés non protégés et faire payer les zézés pour aider les autres à moins polluer. Au passage, il y aura force nouvelles lois et interdictions compliquées qui pourriront le quotidien des gens en engraissant le clergé écologiste.
Comme dit la chanson : y-a ceux qui grouillent et ceux qui magouillent, et puis y-a ceux qui payent leurs dégats.
La mégalomanie française était déjà ridicule quand elle prétendait juger le respect des droits de l'homme chez autrui, elle atteint un nouveau sommet avec ce petit pays en pleine décadence qui prétend tout seul sauver une planète qui s'en fiche.
a écrit le 29/06/2020 à 13:53 :
en mode "campagne pour les élections"....
tout promettre pour occuper l´espace médiatique et passer en boucle 24h sur 24

impots , taxes, abaissement des plafonds, retenues.... tout sera bon pour financer
les "mesures"...

200% du PIB en dette fin 2020
a écrit le 29/06/2020 à 13:33 :
Il faut agir oui. Mais ne pas agir bêtement, sous le coup de l'émotion et avec l'objectif de plaire uniquement.
a écrit le 29/06/2020 à 13:04 :
Les élus savent-ils que la France est déjà le pays qui émet le moins de CO2 pour produire 1 millions de $ de PIB mesuré en parité de pouvoird'achat?

Comme l'explique le dernier rapport du Commissariat général au développement durable, "les ratios des émissions aux PIB varient fortement entre pays, autour d’une moyenne mondiale de 318 t CO2/million $.

Des valeurs parmi les plus élevées sont atteintes en Chine (512 t CO2/million $), en Russie (485) ou au Canada (382). À l’inverse, les niveaux y sont bien inférieurs dans l’Union européenne (187) et en particulier en France (134)".
a écrit le 29/06/2020 à 11:45 :
Toujours des promesses qui mène a la déception, s'il se contenter d'agir au lieu de parler, il ne transformerai pas nos rêves en cauchemar!
Suis-je bête, il veut parler a ses maîtres!
a écrit le 29/06/2020 à 11:42 :
Toujours des promesses qui mène a la déception, s'il se contenter d'agir au lieu de parler, il ne transformerai pas nos rêves en cauchemar!
a écrit le 29/06/2020 à 10:48 :
" et promet un "discours"

Rien de plus facile à promettre !

Bref greenwahshing et voiture électriques polluantes à gogo, rien de nouveau, tant que nos politiciens ne nous parlerons pas de véritable économie circulaire ils ne pourront que promettre des discours et nos des actes pour sauvegarder la planète.

Acheter pour moins polluer c'est comme boire de l’alcool pour s'hydrater.
a écrit le 29/06/2020 à 10:12 :
La plupart des gens ne savent pas ce qu'il faut faire (ou plutôt, ce qu'il faut arrêter de faire !) pour lutter contre le réchauffement climatique. S'ils le savaient, ils se tairaient.
a écrit le 29/06/2020 à 10:01 :
Le changement climatique n'a aucun rapport avec les mesurettes préconisées par
cet aréopage de citoyens. Macron distrait l'opinion pour cacher son bilan catastrophique.

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