Nucléaire : EDF ferme une centrale dans le Kent mais ses ambitions sont intactes au Royaume-Uni

La centrale était à l'arrêt depuis 2018 en raison de problèmes techniques. Elle ne rédémarrera pas et sera démantelée. Cette annonce ne marque pas un coup d'arrêt aux ambitions du groupe industriel français chez son voisin d'outre-Manche. EDF est partie prenante de plusieurs projets nuclaires au Royaume-Uni.

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)

Clap de fin pour Dungeness B. Située dans le sud de l'Angleterre, cette centrale nucléaire mise en service en 1983, avait dû être mise à l'arrêt il y a trois ans. Elle ne redémarrera pas. La filiale britannique EDF Energy, vient de l'annoncer et va la démanteler.

EDF Energy a précisé dans un communiqué avoir décidé de passer à "la phase de retrait du combustible avec effet immédiat", une opération qui prendra "plusieurs années", première étape du démantèlement des deux réacteurs situés dans le Kent.

Depuis 2018, la centrale est confrontée à des "difficultés techniques importantes et persistantes" et, bien que nombre d'entre elles aient pu être surmontées, "une nouvelle analyse détaillée a dévoilé de nouveaux risques spécifiques à la centrale au sein de certains composants clés", en lien notamment avec l'assemblage du combustible, a expliqué l'entreprise. Acquise par EDF en 2009, Dungeness B a fonctionné dix ans de plus que sa durée de vie initiale, a souligné EDF Energy.

Vente d'une centrale thermique à cycle combiné gaz

En avril, EDF avait annoncé la vente de sa centrale thermique à cycle combiné gaz (CGG) West Burton B au Royaume-Uni au fonds d'investissement EIG pour un montant non divulgué. Unique centrale CCG d'EDF sur le territoire britannique, West Burton B, située dans le Nottinghamshire, a été mise en service en 2013 et se compose de trois unités à cycle combiné et détient une capacité de production combinée de 1.332 mégawatt (MW), ce qui selon EDF représentait assez d'électricité pour subvenir aux besoins d'environ 1,5 million de foyers britanniques. L'énergéticien français avait annoncé en mars dernier la fermeture en 2022 de son usine West Burton A, sa dernière centrale électrique à charbon au Royaume-Uni. La société dispose d'un permis de construire sur le site pour la construction d'une nouvelle centrale thermique à gaz "West Burton C" d'une capacité de 299 MW, mais aucun calendrier n'a été fixé pour le moment.

Trois nouveaux projets de centrales au Royaume-Uni

EDF exploitait jusqu'ici huit centrales nucléaires ainsi que des parcs éoliens (terrestres et en mer) en Grande-Bretagne. L'arrêt de sa centrale nucléaire dans le Kent ne marque pas un coup d'arrêt aux ambitions du groupe industriel français chez son voisin d'outre-Manche, bien au contraire. En juin 2020, plusieurs entreprises dont EDF ont annoncé leur intention de développer un projet de centrale nucléaire équipée du réacteur EPR dans le nord-ouest de l'Angleterre.

L'objectif est de donner naissance à un "hub" d'énergie propre, lequel reposera avant tout sur le nucléaire, à Moorside dans le comté de Cumbrie, selon un communiqué commun. La centrale serait équipée d'un réacteur de nouvelle génération EPR pour une puissance de 3,2 GW.

EDF est également impliquée dans le projet de Hinkley Point, avec le chinois CGN. Celui-ci consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le Somerset (sud-ouest de l'Angleterre). La centrale est censée être livrée à partir de la fin 2025.

Enfin, le gouvernement britannique a annoncé en décembre dernier qu'il allait entamer des discussions avec le géant énergétique français EDF pour la construction d'une nouvelle centrale nucléaire, Sizewell C, dans le Suffolk sur la côte Est de l'Angleterre.

Ce projet, évalué selon la presse britannique à 20 milliards de livres (21,8 milliards d'euros), pourra fournir de l'électricité à 6 millions de foyers et sa construction devrait créer 25.000 emplois, selon le groupe français.

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Commentaires 6
à écrit le 08/06/2021 à 23:30
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Dommage tout de même, pour une fois c'était une centrale en bord de mer non refroidie par une rivière et sur une pointe, ce qui divise par deux les dégats si ça diverge, chez-nous ça serait multiplié par 10 (loire seine rhône) feshenheim étant donn...

à écrit le 08/06/2021 à 14:45
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Avec un MWH nucleaire produit a 120 euros, que va vendre EDF dans 5 ans ? les concurrents sont a 40 euros le MWH eolien produit. Qui va payer? les anglais ou le gentil contribuable francais?

à écrit le 08/06/2021 à 13:35
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Quand on va vouloir construire de nouvelles centrales, on se rendra compte que les opérateurs préfèrent ouvrir des centrales au gaz...

à écrit le 08/06/2021 à 12:51
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dommage.... l' article ne dit pas qui va payer pour le démantèlement... EDF ou les anglais? avec le démantèlement de Fessenheim qui va commencer, cela va en faire des milliards pour faire "un bon boulot".... et qui peut croire qu'EDF avec 54 m...

le 08/06/2021 à 14:33
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British Energy (qui a été racheté par EDF qui est une entreprise publique française) n'a pas le droit de financer directement par l'argent de EDF mais doit emprunter sur les marchés financiers à Londres avec des taux de 6 à 8% comme n'importe quelle ...

à écrit le 08/06/2021 à 8:15
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"EDF est partie prenante de plusieurs projets nuclaires au Royaume-Uni. " nucléaires

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