Nucléaire iranien : Téhéran va formuler ses "propositions finales" aujourd'hui

Le ministre des affaires iraniens a déclaré que son pays soumettrait ses dernières propositions relatives à l'accord sur le nucléaire à minuit (21h30) heure de Paris. Ses demandes, qu'il ne détaille pas, porteraient notamment sur la levée de plusieurs sanctions. Si elles étaient acceptées, l'Iran se dit prêt à signer l'accord et à mettre fin à 14 mois de pourparlers.
(Crédits : DADO RUVIC)

Les péripéties de l'accord iranien sur le nucléaire approchent-elles de leur fin ? Lundi, le ministre iranien des affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian a annoncé auprès de l'agence de presse Irna que son pays ferait part de ses "propositions finales" par écrit ce lundi 15 août, "avant minuit" soit 21h30 heure française.

En jeu : la survie de l'accord de Vienne signé en 2015, connu sous l'acronyme anglais JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), fruit de 21 mois de négociation. Il visait à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis. Le retrait unilatéral de l'accord par les Etats-Unis de Donald Trump en 2018, accompagné du rétablissement des sanctions américaines, avait motivé l'Iran a progressivement s'affranchir de ses obligations.

L'accord sur le nucléaire pourrait être enfin conclu

Cette ultime étape va donc mettre un point d'orgue à plus d'un an de pourparlers entre les signataires de l'accord (dont l'Union européenne, la Chine et le Royaume-Uni), avec la participation des Etats-Unis. Ce soir, l'Iran devrait faire ses dernières annotations à la proposition d'accord soumise le 26 juillet par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Vendredi 12 août, le pays avait déjà laissé entendre qu'il pourrait accepter le texte final de 25 pages, validé à Vienne quelques jours plus tôt par les signataires, à condition qu'il soit assorti d'un certain nombre d'assurances.

"Le JCPOA est le résultat de mois d'efforts de nos collègues du ministère des Affaires étrangères, qui peuvent certes présenter des défauts fondamentaux comme tout document. Mais ce qui compte pour nous, c'est l'assurance [que les sanctions qui frappent l'Iran soient levées]", a répété Hossein Amir-Abdollahian.

D'après lui, les Etats-Unis ont accepté deux des exigences iraniennes, sans donner plus de précisions. "Si nos propositions sont acceptées, nous sommes prêts à conclure (les discussions) et à annoncer l'accord lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères", a ajouté le diplomate. Lors de la remise de sa proposition, Josep Borrell avait pourtant affirmé que qu'elle "ne serait pas renégociée".

Les enquêtes contre le nucléaire iraniens possiblement clôturées ?

Concrètement, l'Iran demanderait la levée des « sanctions » internationales -comme la sortie de la plateforme de messagerie bancaire Swift-, ainsi que des « garanties » que les Etats-Unis ne vont pas remettre en cause l'accord (même s'ils ne le signent pas). Ces derniers temps, le pays espérait également la clôture des enquêtes menées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'Iran est en effet sous le coup de plusieurs sanctions au nom de l'accord, pour l'existence de sites non déclarés, où des traces d'uranium enrichi avaient été retrouvées.

« Cela n'a rien à voir avec le JCPOA. En même temps, l'Iran dit que c'est fondamental. J'espère que l'Iran et l'AIEA auront un accord parce que cela facilitera beaucoup de choses », déclarait plus tôt dans le mois Josep Borrell. « L'agence devrait complètement régler la question (...) par la voie technique, et s'éloigner des questions politiques non pertinentes et non constructives », avait averti dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

 Le prix du pétrole chute de 5%

Une signature de l'accord pourrait conduire à la fin des sanctions contre l'Iran, pays membre important de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ce qui signifierait un retour sur le marché de sa production de pétrole. Alors forcément, le cours des barils a chuté (de plus ou moins 5%) suite à l'annonce du ministère, d'autant plus qu'il affichait déjà cette tendance avec la baisse de la demande chinoise, qui souffre d'une économie en berne. Le marché anticipe donc un aboutissement de l'accord, mais la pression sur les prix du pétrole pourrait encore s'intensifier en cas de succès avéré des négociations.

Après s'être envolés en début d'année alors que la demande reprenait avec la fin des confinements et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les cours du baril ont cédé plus de 20% en deux mois et demi.

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