Orano : l'Etat rachète l'ensemble de la participation d'Areva

L’État va racheter l'ensemble de la participation d'Areva SA (9,4%) dans le capital d'Orano pour un prix initial de plus de 563 millions d'euros. Il va détenir près de 80% d'Orano.

3 mn

L’État va racheter plus de 24,8 millions d'actions de la société Orano SA, représentant environ 9,4% du capital de la société, auprès de la société Areva SA.
L’État va racheter plus de 24,8 millions d'actions de la société Orano SA, représentant environ 9,4% du capital de la société, auprès de la société Areva SA. (Crédits : JEAN-PAUL PELISSIER)

L'Etat va acquérir les dernières parts du capital du groupe nucléaire Orano possédées par Areva pour un montant de plus de 563 millions d'euros, selon un arrêté paru dimanche au Journal officiel. L'Etat va racheter plus de 24,8 millions d'actions de la société Orano SA, représentant environ 9,4% du capital de la société, auprès de la société Areva SA, pour un prix initial de plus de 563 millions d'euros. Ce prix initial peut donner lieu, le cas échéant, à un complément de prix déterminé par voie d'expert, d'un montant maximum de 29,6 millions d'euros.

Mi-juillet, l'État avait déjà racheté 12% du capital d'Orano auprès d'Areva, et 4,56% des parts à la Caisse des dépôts, ce qui lui avait permis de monter à 70,59% du capital d'Orano. Areva ne disposait plus que de 9,4% des parts d'Orano, qu'elle va donc revendre à l'État, lequel possédera donc, à l'issue de l'opération, environ 80% des parts.

Du cash pour financer l'EPR finlandais

Cette cession de titres doit permettre à Areva de faire face à ses engagements financiers liés à l'achèvement du chantier de l'EPR d'Olkiluoto, en Finlande. Le consortium mené par Areva, chargé de construire ce réacteur nucléaire, doit en effet régler 600 millions d'euros supplémentaires, correspondant à une réévaluation des coûts, pour terminer ce chantier, selon un accord trouvé en mai avec le futur exploitant de la centrale, l'énergéticien finlandais TVO.

Dans le cadre de la restructuration de la filière nucléaire décidée en 2015, Areva avait été doté d'une participation de 40% dans Orano dont la monétisation devait lui permettre de faire face à ses engagements.

Orano, retour dans le vert

Orano a confirmé en juillet qu'il attendait un retour à la croissance cette année, après un premier semestre au cours duquel il est revenu dans le vert mais a été toujours pénalisé par la pandémie au Canada. Son bénéfice net a atteint 316 millions d'euros au premier semestre, contre une perte nette de 212 millions d'euros un an plus tôt. Il a en effet bénéficié d'un "meilleur rendement des actifs dédiés de fin de cycle". La valorisation de ces actifs dédiés pour couvrir ses obligations, comme le démantèlement futur de ses installations, varie avec les marchés financiers. Sans tenir compte de ces éléments par nature volatils, Orano a en revanche enregistré une perte nette ajustée de 26 millions d'euros au premier semestre, contre un bénéfice ajusté de 17 millions un an plus tôt.

Le groupe explique avoir été "toujours pénalisé par les effets du Covid sur les sites miniers canadiens". Des sites ont en effet été mis à l'arrêt au Canada en raison de l'épidémie de Covid-19. "A la fin du semestre, l'ensemble de ces installations était à nouveau en opération", avait toutefois souligné Orano.

Le chiffre d'affaires a pour sa part progressé de 5,7% à 1,8 milliard au premier semestre, permettant à Orano de confirmer ses objectifs pour 2021, dont celui d'un retour à la croissance cette année. "Malgré la poursuite jusqu'à début mai des effets de la crise du Covid au sein de nos activités minières au Canada et de difficultés dans le recyclage, le groupe a généré un cash-flow net positif permettant de poursuivre son désendettement et d'envisager des pistes de développement pour le futur", avait souligné en juillet son directeur général Philippe Knoche, cité dans le communiqué.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 27/09/2021 à 3:07
Signaler
Ca va rapporter combien.... de pertes?

à écrit le 26/09/2021 à 17:46
Signaler
600 millions de réévaluation des coûts , Une société en péril obligée de vendre ses bijoux de famille , il faut arrêter si on ne sait pas calculer ! Peut être prendre une mére de famille pour faire les comptes .

à écrit le 26/09/2021 à 14:08
Signaler
Il nous aura coûté cher cet epr finlandais. Fleuron d'un jour, fleuron toujours.

à écrit le 26/09/2021 à 13:24
Signaler
Plutôt intelligente comme stratégie où le nucléaire va prendre une place majeure. En revanche, il ne faudra pas que cela devienne un repère de fonctionnaires, et que cela favorise une dette type SNCF. C'est tout le danger des structures publiques pri...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.