Accros à l'hydrogène, les zones industrialo-portuaires de la vallée de Seine devront-elles se résoudre à importer de l'H2 « vert » pour alléger leur empreinte carbone ? C'est en tout cas ce que semblent penser les dirigeants d'Haropa Port. L'établissement public qui administre les grands ports de Paris, de Rouen et du Havre, a fait ses calculs. Et selon lui, les électrolyseurs qui doivent sortir de terre entre la Normandie et l'Ile de France pourront difficilement répondre à la demande future en hydrogène propre des industriels du raffinage, de la chimie ou des engrais, tous partis à la chasse au CO2.
Au total, les autorités portuaires estiment les besoins à venir à « 300.000 tonnes par an ». Un chiffre considérable à comparer avec la capacité de la méga-usine d'électrolyse Normand'Hy, dont Air Liquide doit lancer la construction près du Havre. L'établissement pourtant présenté comme « l'un des plus puissants du monde » par le groupe gazier fournira moins du dixième de ce tonnage global. Plus capacitaire mais moins avancé, le projet d'électrolyseur porté par Verso Energy à Rouen devrait produire quelque 50.000 tonnes par an. Encore très loin de ce qui serait nécessaire, à plus forte raison si l'on inclut l'H2 qui sera fléché vers la production des carburants d'aviation de demain : les fameux SAF.