En rugby, on appellerait cela transformer l'essai. Quelques minutes à peine après avoir annoncé le lancement d'un gigantesque appel d'offres pour l'achat d'un demi-million de tonnes d'hydrogène « vert » destiné à ses raffineries européennes, TotalEnergies a publié un autre communiqué relatif l'H2. Le géant pétrolier y indique avoir signé un protocole d'accord avec un premier fournisseur : Air Liquide. Le deal en question est à double sens.
Dans le détail, il prévoit que le groupe gazier réservera la moitié de la production annuelle de son futur méga-électrolyseur normand, soit 15.000 tonnes, à la raffinerie toute proche de Gonfreville-l'Orcher en Seine-Maritime. De son côté, l'acheteur s'engage à fournir à Air Liquide les « 700 GW d'électricité renouvelable ou bas carbone » (incluant le nucléaire, ndlr) nécessaires à la fabrication de l'hydrogène « propre » qui alimentera ses installations.
Chaque tonne d'hydrogène « gris » engendrant l'émission de 10 tonnes de CO2, cette conversion à l'hydrogène « vert » doit permettre à la raffinerie de Normandie de diminuer ses émissions de gaz carbonique de 150.000 tonnes par an. Bien que l'effort soit conséquent, il reste toutefois sans commune mesure avec les engagements de décarbonation pris par la France.