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Le bâtiment passif, la maison de demain ?

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(Crédits : Pixabay)
Né au nord de l'Europe, le concept d'habitat passif se développe en France depuis 2007, grâce au travail de l'association La Maison Passive. À l'occasion de Passi'Bat, les journées de la construction passive, positive et durable (de ce mardi à jeudi), zoom sur les enjeux de ces bâtiments qui ne consomment qu'un minimum de chauffage.

À première vue, le bâtiment passif pourrait se résumer à une ambition : réduire de 90% l'énergie de chauffage sur une construction ancienne et de 50% (par rapport à la RT 2012) sur du neuf. Pourtant, l'habitat passif dépasse la seule dimension du chauffage : « L'idée, c'est d'avoir une enveloppe quasi-parfaite, avec le moins de déperdition possible et une très bonne étanchéité à l'air », explique Laurence Bonnevie, présidente de l'association La Maison Passive. Côté apport, les bâtiments conçus sur ce principe favorisent les grands vitrages afin de profiter des bienfaits du soleil. De quoi réduire de 30 à 100 euros par mois les factures énergétiques (selon une enquête menée auprès des habitants de maisons individuelles passives en 2017).

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300 bâtiments labellisés en France

La maison passive se décline en labels. Quatre pour le bâtiment neuf et un pour les bâtiments rénovés (EnerPHit). Chaque niveau de labellisation comporte des critères spécifiques, le principal étant la consommation annuelle de chauffage qui ne doit pas dépasser 15 kWh/m2 (25kWh/m2 pour l'ancien), un niveau largement en-dessous du label Bepos (de 40 à 65 kWh/m2/an).

Il y a actuellement un peu moins de 300 bâtiments passifs labellisés en France, dans l'habitat collectif comme chez les particuliers et dans le tertiaire. Un chiffre qui cache une réalité plus dense : « Les bâtiments labellisés constituent la partie émergée de l'iceberg. Il existe de nombreux projets, dans tous les secteurs, qui entrent dans les critères mais qui ne sont pas certifiés, tout simplement parce que les porteurs n'en font pas la demande », poursuit Laurence Bonnevie. L'obtention du label constitue en effet une étape dans laquelle tous les propriétaires ne souhaitent pas se lancer.

Promouvoir la démarche

En théorie, n'importe quel bâtiment peut prétendre à devenir passif, mais le principal frein demeure le surcoût lié à la construction ou à la réhabilitation, évalué entre 5 et 15%. « L'investissement est un peu plus lourd, mais cela reste explicable par le savoir-faire, la technicité et le soin apporté à la pérennité des solutions mises en place. Il faut aussi envisager les gains possibles et l'amortissement, puisqu'un bâtiment passif réduit le chauffage et donc les coûts liés à l'installation puis à la consommation d'énergie », analyse Laurence Bonnevie.

Car l'objectif d'une maison passive est d'abord d'être rentable, afin que l'investissement initial soit compensé par les économies générées au fil du temps. La filière devrait donc profiter du salon Passi'Bat pour faire connaître ces pratiques, accélérer la formation des acteurs et simplifier les méthodes. Le tout au travers d'exemples concrets déclinés en six circuits de visite à travers la France, où les participants pourront découvrir des réussites emblématiques comme le quartier de la Fleuriaye à Carquefou (44), ou la coopérative Écoravie à Dieulefit (26).

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