Avant le mariage avec la Fnac, les performances de Darty confortent sa stratégie

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L'entreprise mise en particulier sur les franchises, avec 13 nouvelles ouvertures, ce qui porte leur nombre à 56. Le nombre net de magasins intégrés, lui, a reculé passant de 227 à 223.
L'entreprise mise en particulier sur les franchises, avec 13 nouvelles ouvertures, ce qui porte leur nombre à 56. Le nombre net de magasins intégrés, lui, a reculé passant de 227 à 223. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Le groupe d'électroménager convoité par la Fnac termine fin octobre un premier semestre dans le vert dans un contexte de croissance atone. Il poursuit son plan de réorganisation et compte accélérer les ouvertures de franchises.

Mariage en vue ou pas, Darty poursuit tranquillement son chemin. Il faut dire que pour l'instant ses résultats ont plutôt de quoi l'y encourager. Dans un contexte de croissance ralentie en Europe, le groupe d'électroménager enregistre lors du premier semestre 2015-2016 une hausse de 1,1% de son chiffre d'affaires et à périmètre comparable.

Ses recettes totales, annoncées ce jeudi, atteignent 1,66 milliard d'euros au cours de ce semestre terminé au 31 octobre. Plus de 80% sont réalisées en France (le reste en Belgique et aux Pays-Bas principalement). L'année précédente à la même période, celui-ci reculait de 1,2%.

Sur l'électroménager, le web avant les magasins

En France, son principal marché, ses ventes ont même grimpé de 4,7% au deuxième trimestre. "Nous avons gagné des parts de marché à la fois dans les magasins et sur le web", indique Régis Schultz, le PDG de Darty, interrogé par La Tribune. Ce dernier poursuit :

"Sur l'électroménager, les ventes sont mêmes supérieures sur internet que dans les magasins. Nous sommes les seuls en Europe à occuper ainsi une position de leader sur le web dans nos catégories."

L'entreprise a récemment acheté le site spécialisé dans l'électroménager, Mistergoodeal annoncé "à l'équilibre".

Pourtant, la part de ses ventes en France réalisées en ligne a légèrement reflué, à 17,2% contre 17,8% lors du semestre clos le 31 octobre 2014.

Accélération des ouvertures de franchises

Le poids des magasins n'y est sans doute pas pour rien. L'entreprise mise en particulier sur les franchises, avec 13 nouvelles ouvertures, ce qui porte leur nombre à 56. Le nombre net de magasins intégrés, lui, a reculé passant de 227 à 223.

En dépit du projet de rapprochement avec la Fnac, qui pourrait aboutir sur des fermetures si l'Autorité de la concurrence signale des risques en la matière, d'autres projets d'ouvertures de magasins restent dans les tuyaux, et pourraient même s'accélérer. Quelque 120 nouvelles ouvertures sous ce régimes sont pour l'instant prévues d'ici 2017, et celles-ci "pourraient avoir lieu plus vite que prévu", a même précisé Régis Schultz.

Situées plutôt dans les zones de chalandises moins étendues que les magasins intégrés, la formule de la franchise permet de limiter de densifier le maillage du territoire. Un élément clé dans la stratégie dite "omnicanal" ou "multicanal" qui consiste à inciter les clients à retirer en magasins des produits achetés en ligne -et drainer ainsi du trafic en magasin- ou à l'inverse d'inciter les clients du magasins à terminer leurs transactions en ligne. En outre, bien que les recettes générées pour le groupe par ses franchises soient, par magasin, relativement plus faibles, cela permet de limiter les risques financiers pour le groupe.

Hausse des bénéfices

Cette stratégie engagée depuis déjà plusieurs semestre semble donc avoir porté ses fruits. La hausse de l'activité s'est accompagnée de celle des bénéfices avec un résultat opérationnel courant en hausse de 36% à 36,1 millions d'euros, tandis que l'endettement du groupe se réduit.

Darty signale par ailleurs des "éléments exceptionnels" évalués à 12,6 millions d'euros. Un montant trois fois plus important que l'année précédente à la même période. La conséquence d'un problème d'infrastructure informatique aux Pays-Bas et des provisions liées au plan de départ volontaire de 280 personnes annoncé au cours de l'été dernier 2015 et qui doit s'étaler sur un an.

Cette réduction de l'emploi est centrée sur les fonctions administratives et le service après-vente. Concernant ce dernier, souvent cité comme l'un des atouts compétitifs de la marque Darty, le dirigeant explique :

"Nous avons des enjeux de productivité. Nous devons dans le même temps être capable de fournir des services plus précis tout en répondant à l'évolution de nos organisations."

Des représentants syndicaux s'étaient dit inquiets, début novembre, d'éventuelles nouvelles réductions d'emplois après la fusion avec la Fnac -qui prévoit au moins 85 millions d'euros de "synergies" grâce à ce rapprochement.

"Tant que l'accord n'est pas fait, notre rôle est de nous focaliser sur le client", commente, prudent, le patron de Darty à ce sujet.

| Lire Fnac-Darty : quels enjeux commerciaux après la signature du contrat de fiançailles ?

Record lors du "Black Friday"

En attendant, le mois de novembre marqué par les attentats a débouché sur une baisse de fréquentation "surtout constatée dans les grands centres commerciaux, en particulier aux Halles et à la Défense". Mais, la même désertion est loin d'avoir été ressentie sur internet. Darty a battu deux fois ses records de vente: lors du dernier "Black Friday" , le 27 novembre, que plusieurs distributeur ont choisi de rebaptiser, puis lors du "Cyber Monday", le lundi suivant.

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