Le "Black Friday", une opération commerciale vraiment incontournable ?

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Au Royaume-Uni, les commerçants s'attendent à engranger 1 milliard de livre de recette au cours de la seule journée du 27 novembre.
Au Royaume-Uni, les commerçants s'attendent à engranger 1 milliard de livre de recette au cours de la seule journée du 27 novembre. (Crédits : Reuters)
Pour les commerçants français qui l'ont maintenu, le "Black Friday" portera un autre nom cette année. Quelle que soit son appellation, cette opération commerciale démarrant ce vendredi se répand en France auprès d'un certain type de commerces seulement, et s'essouffle aux Etats-Unis.

"B Friday, "Crazy Week-end", "Cyber Week-end" ou même "Happy week-end", voire "Happy days"...  En France, elle a peut-être un autre nom cette année. Mais rares sont les commerçants qui ont pourtant renoncé à l'opération commerciale "Black Friday", importée des Etats-Unis (la chaîne Cultura a choisi de ne pas la maintenir à la suite des attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris).

Cette période de ventes à prix cassés qui démarre ce 27 novembre, au lendemain de la fête de Thanksgiving outre-Atlantique, s'étend même sur plusieurs jours, pour inclure le "cyber monday" ("cyber-lundi") et inciter les consommateurs à étaler leurs achats de noël.

7 millions d'euros par heure

Relativement récente en France où elle se heurte à la période officielle des soldes en janvier, l'opération a généré un chiffre d'affaires total de 168 millions d'euros au cours de la seule journée du vendredi 28 novembre en 2014 selon une étude du laboratoire britannique Centre for Retail Research commandée par Ma Reduc. Cela représente environ 7 millions d'euros par heure!

Des prévisions réalisées avant le 13 novembre tablaient sur 188 millions d'euros dépensés ce vendredi en France. Quant au "cyber monday", il serait appelé à générer près de 219 millions d'euros.

Ces estimations établies à partir des réponses d'une cinquantaine de grands distributeurs européens et américains ont été réalisées avant la forte baisse de fréquentation des magasins physiques enregistrée depuis deux semaines par rapport à l'année précédente à la même époque. Mais les membres du Centre for retail research s'attendent, comme d'autres observateurs, à un report des transactions sur internet et les sites mobiles.

>> L'e-commerce se prépare à un cyber-noël record

Moins d'un quart des petits e-commerçants concernés

Même en version virtuelle, où le phénomène est habituellement plus intense encore que dans les magasins "en brique", le Black Friday, Cyber monday et autres sont plutôt adoptés par les grands groupes capables d'en supporter le coût. Moins d'un quart des cybermarchands français interrogés par l'éditeur de logiciels pour PrestaShop (majoritairement des TPE et PME) prévoient d'y participer. Parmi eux, si la majorité ne la connaissait tout simplement pas, plus de 25% considèrent qu'elle n'a "aucun impact dans leur pays".

Cette opération connait davantage de succès dans d'autres pays européens. Ainsi, plus de la moitié des petits cybermarchands espagnols et plus de 26% des italiens comptent vendre des produits à prix barrés ce jour-là d'après Prestashop. Outre-Manche où elle se pratique depuis plus longtemps encore, les distributeurs comptent dépasser cette année la barre du milliard de livres engrangés au cours de la seule journée du 27 novembre.

En outre, en dépit de l'intensité de la publicité entourant le "Black Friday" et et les prévisions de ventes qui peuvent impressionner, celui-ci ne se révèle pas nécessairement aussi rentable qu'espéré.

>>  Black Friday, Cyber Monday... Pas de si bonnes affaires ?

En plein mois de juillet chez Amazon

Sur ses terres d'origine, où le jour du vendredi suivant Thanksgiving est souvent férié, le Black Friday génère plusieurs dizaine de milliards de dollars.  Mais l'an dernier, les ventes organisées lors de ces promotions monstres ont diminué de 11% par rapport à 2013 d'après la Fédération nationale de la distribution américaine (NRF), qui établit ses données à partir d'études portant non pas sur les commerçants mais sur leurs clients.

Chez Amazon, qui a contribué à l'importer en France, les ventes réalisées en plein mois de juillet lors du "Prime day" organisé pour célébrer ses 20 ans auraient même dépassées celles du Black Friday 2014.

Pourquoi cette relative désaffection pour ce rendez-vous aux Etats-Unis? Beaucoup d'explications entrent en ligne de compte, comme la météo, la reprise économique expliquant un moindre intérêt pour les prix barrés, mais aussi l'actualité. En 2014, une partie des consommateurs a choisi de boycotter ce "rendez-vous" commercial après la mort d'un adolescent noir tué par un policier dans la ville de Ferguson.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2015 à 23:56 :
Un facteur majeur n’est pourtant pas mentionné : l’application toujours plus dure des politiques néolibérales ayant comme conséquence principale l’enrichissement des plus riches, et, surtout l’appauvrissement de tous les autres, la grande majorité des consommateurs a de moins en moins les moyens de consommer.

C’est une excellente nouvelle pour notre planète bien entendu, tant nos niveaux de consommation sont élevés, mais c’est également la preuve que le capitalisme se mord de plus en plus la queue. À force de toujours tout concentrer dans les mêmes mains…

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