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Casino signe enfin son accord avec les repreneurs et les principaux créanciers

latribune.fr

Publié le 05 octobre 2023 à 07:19 - Mis à jour le 05 octobre 2023 à 09:17

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STEPHANE MAHE

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Comme attendu, Casino a conclu un accord contraignant pour la restructuration de sa dette avec ses principaux créanciers, dans la continuité de l'accord de principe trouvé fin juillet, a-t-il annoncé ce jeudi matin. Le distributeur, septième acteur du secteur, fait face à des difficultés financières depuis plusieurs mois, étranglé par une dette colossale qui s'élevait à 6,4 milliards d'euros fin 2022.

[Article publié le jeudi 05 octobre 2023 à 09h19 et mis à jour à 11h17] Un peu d'air pour Casino. Le groupe a annoncé avoir conclu un accord contraignant avec ses principaux créanciers pour la restructuration de sa dette.

À savoir« un accord aux termes duquel les signataires s'engagent à soutenir et réaliser toute démarche ou action raisonnablement nécessaire à la mise en œuvre et la réalisation de la restructuration financière du groupe »,comme il l'indiquait fin septembre, en annonçant que les négociations sur ce sujet durerait jusqu'au mardi 3 octobre.

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Casino : la conclusion d'un accord contraignant avec les créanciers repoussée au 3 octobre

La signature de cet accord - dit de « lock-up » dans le jargon - est la suite logique de l'accord de principe trouvé en juillet avec des créanciers-clés de Casino, autour de l'offre de reprise du milliardaire Daniel Kretinsky et ses alliés (le Français Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds britannique Attestor). Cette offre prévoit notamment l'apport de 1,2 milliard d'euros d'argent frais, ainsi que la réduction de près de 5 milliards d'euros de la dette du groupe. Il est prévu aussi de céder les activités de Casino en Amérique latine - notamment au Brésil - pour lesquelles travaillent les trois quarts des 200.000 salariés du groupe.

Les discussions continuent avec certains créanciers

Casino précise, dans un communiqué ce jeudi, que l'accord est scellé, d'une part, avec le consortium de repreneurs, et d'autre part avec « des créanciers détenant économiquement 75% du Term Loan B1, des principaux groupes bancaires commerciaux et certains des créanciers susvisés détenant économiquement 92% du RCF, ainsi que des porteurs des obligations émises par Quatrim représentant 58% de ces obligations ». Il s'agit en d'autres termes des créanciers dits sécurisés du groupe. Pour les créanciers non sécurisés, Casino indique entendre « poursuivre ses discussions » afin « d'obtenir leur adhésion à celui-ci ».

Le groupe devra ensuite demander son placement en sauvegarde accélérée, un processus au terme duquel les créanciers récalcitrants seront embarqués « de manière contrainte s'il le faut » puisque la loi le prévoit, relevaient plusieurs sources fin juillet au moment de la signature de l'accord de principe. La procédure amiable de conciliation dans laquelle se tiennent les discussions sur la dette de Casino court jusqu'au 25 octobre et le groupe prévoit la réalisation de la restructuration de sa dette au premier trimestre 2024.

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Casino obtient un délai pour restructurer sa colossale dette

Preuve de l'importance de cette étape, le PDG et premier actionnaire du groupe - jusqu'à la réalisation de cette restructuration qui va massivement le diluer - Jean-Charles Naouri est, fait rare, cité dans le communiqué de Casino, évoquant une « étape majeure ». L'accord trouvé « crée un cadre favorable à la pérennité des activités du groupe, au maintien de l'emploi et des sièges et à la poursuite du développement de l'ensemble de ses enseignes », assure-t-il.

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Casino précise que la restructuration reste « subordonnée à la réalisation des principales conditions suspensives », notamment un « rapport d'expertise indépendante confirmant le caractère équitable des conditions financières de la restructuration pour les actionnaires de Casino ». En outre, les parties prenantes devront obtenir des autorisations réglementaires dans le cadre du contrôle des fusions et des investissements étrangers et l'autorisation par l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'une dérogation à l'obligation de dépôt d'une offre publique (OPA) sur Casino. Cela est possible quand une entreprise est « en situation avérée de difficulté financière ».

Mi-septembre, des représentants de salariés du distributeur s'étaient inquiétés de la situation commerciale du groupe d'ici la reprise par la nouvelle équipe, alors que Casino a essuyé une perte nette massive de 2,23 milliards d'euros au premier semestre, en partie due à un impressionnant recul de ses ventes dans les hypers et supermarchés au deuxième trimestre.

Une colossale dette de 6,4 milliards à réduire

De quoi améliorer la situation financière du spécialiste de la distribution alimentaire, septième acteur du secteur, étranglé par une dette colossale qui s'élevait à 6,4 milliards d'euros fin 2022.

À lire également

  • L'Autorité des marchés financiers inflige à Casino et son directeur général 26 millions d'euros d'amende
  • Casino placé en défaut de paiement partiel par l'agence Moody’s
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Pour réduire son endettement, le groupe a aussi décidé de céder une partie de ses supermarchés. Une première vague de 61 magasins sont ainsi passés officiellement au groupement Les Mousquetaires/Intermarché le week-end dernier. Actuellement fermés le temps de quelques travaux, ils rouvriront « courant octobre » sous enseigne Intermarché ou Netto. À terme, à savoir d'ici au maximum trois ans, 58 autres magasins seront transférés, portant à 119 le nombre de supermarchés cédés. Une soixantaine d'autres sont par ailleurs sur la sellette.

(Avec AFP)

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