Comment Fnac Darty « change de monde »
Marie-Pierre Gröndahl
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Enrique Martinez à la Fnac de Montparnasse, à Paris, le 8 décembre.
© Corentin Fohlen pour la Tribune Dimanche
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Enrique Martinez à la Fnac de Montparnasse, à Paris, le 8 décembre.
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C'est le deuxième week-end le plus décisif de l'année pour Fnac Darty, ou le troisième, après celui du Black Friday à la fin du mois de novembre. Celui des derniers achats pour les fêtes, d'autant plus scruté par le PDG du distributeur, Enrique Martinez, que l'année 2023 reste marquée par une consommation globalement en baisse de 5 % en France. Pour Procos, la fédération du commerce spécialisé, l'activité en novembre a légèrement diminué en volume, en dépit justement des opérations de promotions liées au Black Friday, qui n'ont dans l'ensemble généré qu'une faible augmentation de 0,4 %.
Même si le numéro un français des produits culturels et de loisirs ainsi que de l'électroménager et de l'électronique grand public (7,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2022) a réussi à stabiliser ses ventes au troisième trimestre, à 1,8 milliard d'euros, le dernier trimestre reste essentiel : « Il représente une fois et demie un trimestre normal », précise le dirigeant. Entré dans le groupe en 1998, cet Espagnol de 52 ans en a pris les rênes en 2017. S'il se définit volontiers comme un « optimiste lucide », il n'en concède pas moins que, depuis le sursaut de consommation enregistré après la crise sanitaire, « on a changé de monde ». « Dans notre secteur, il n'y a pas de déconsommation mais plutôt un retard dans les achats », note le patron.
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L'alimentaire, le textile et l'ameublement-décoration ont nettement plus souffert des conséquences de l'inflation, avec des baisses en volume de 6 à 10 %. Mais l'électroménager a également subi les effets des hausses des coûts de transport et de matières premières. Les prix des livres n'ont en revanche que faiblement augmenté. Quant à la tech, « elle est par nature déflationniste, grâce à l'innovation et la course au volume », précise le dirigeant. Parallèlement, au niveau du groupe, la masse salariale (+4 % en deux ans), les loyers et les dépenses énergétiques (30 millions d'euros supplémentaires en 2023 par rapport à une année normale) ont tous grimpé.
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