Travailler chez Amazon, un enfer ? La riposte de Jeff Bezos

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Si vous connaissez d'autres histoires comme celles rapportées (...), vous pouvez aussi m'envoyer directement un mail à l'adresse jeff@amazon.com, a affirmé Jeff Bezos.
"Si vous connaissez d'autres histoires comme celles rapportées (...), vous pouvez aussi m'envoyer directement un mail à l'adresse jeff@amazon.com", a affirmé Jeff Bezos. (Crédits : Reuters)
Le patron du géant de la distribution en ligne a répliqué aux accusations du "New York Times" dans une lettre publiée sur plusieurs sites. Le magazine américain avait publié samedi une enquête accablante sur les conditions de travail chez Amazon, déclenchant une virulente polémique.

Des salariés dressés les uns contre les autres pour améliorer la productivité de l'entreprise, laquelle mènerait "une expérience pour voir jusqu'où elle peut pousser ses travailleurs à cols blancs". Le portrait d'Amazon dessiné par le New York Times dans un article publié samedi 15 août n'est sans doute pas des plus édifiants.

Selon le magazine américain, qui, pour son enquête, affirme avoir interrogé plus d'une centaine de salariés présents et passés, le géant de la distribution en ligne serait à l'opposé d'un lieu de travail idéal.

"Presque toutes les personnes avec qui je travaille, je les ai vues pleurer à leur bureau", a notamment raconté l'un des témoins au journal.

Plus de 3.600 commentaires de lecteurs

Face à la polémique engendrée par l'article, qui a généré plus de 3.600 commentaires de lecteurs sur le site du NYT, provoqué des réactions animées sur Twitter de responsables de la Silicon Valley ainsi que suscité des appels au boycott, le patron d'Amazon, Jeff Bezos, a considéré opportun de répliquer personnellement, via un mémo adressé aux salariés et publié sur plusieurs sites internet de médias. "Si vous connaissez d'autres histoires comme celles rapportées, je vous demande de les faire remonter aux ressources humaines"., a-t-il plaidé.

"Vous pouvez aussi m'envoyer directement un mail à l'adresse jeff@amazon.com", est-il allé jusqu'à proposer: "Même si cela devait être rare ou isolé, nous devons manifester une tolérance zéro pour tout manque d'empathie de ce genre".

 Un marché du travail très compétitif

Quant aux accusations adressées par le New York Times, selon lesquelles le fonctionnement même d'Amazon viserait à  "créer (selon les termes de Jeff Bezos, NDLR) un lieu de travail inhumain", le PDG répond non seulement de ne pas se reconnaître dans ce portrait de son entreprise. Il ajoute:

"Je ne pense pas qu'une société adoptant l'approche décrite pourrait survivre, et encore moins prospérer, dans le marché du travail très compétitif des high-tech. Le gens que nous embauchons sont les meilleurs. Ils sont recrutés chaque jour par d'autres multinationales, et peuvent travailler où ils veulent".

"Je crois fermement que quiconque travaillerait dans une société qui serait vraiment comme celle décrite par le NYT serait fou s'il restait. Je sais que je quitterais une telle société", déclare-t-il.

"Nous nous amusons"

La défense du géant de la distribution en ligne a été aussi relayée par un salarié d'Amazon, Nick Ciubotariu qui, dans un blog publié sur le réseau social LinkedIn, a également démenti les faits rapportés par le NYT. "Nous travaillons dur, et nous nous amusons", écrit-il.

"Pendant mes 18 mois chez Amazon, je n'ai jamais travaillé un seul week-end sans le vouloir. Personne ne me dit de travailler la nuit. Personne ne me fait répondre à des courriels la nuit. Personne ne m'envoie de texto pour me demander pourquoi des courriels sont restés sans réponse", insiste-t-il.

Il admet néanmoins avoir "entendu toutes les horribles histoires du passé".

Jeff Bezos parmi les hommes les plus riches de la planète

Amazon a déjà été mis en cause pour les conditions de travail qu'il impose notamment aux travailleurs de ses centres de traitement de commandes.

L'article du New York Times est sorti à un moment où Amazon pouvait plutôt se réjouir: le cours de Bourse du groupe n'a jamais été aussi haut, et Jeff Bezos vient d'être inclu dans le classement du magazine Forbes des personnes les plus riches du monde.  Sa fortune a récemment été estimée à 47,8 milliards de dollars.

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Commentaires
a écrit le 19/08/2015 à 17:36 :
Au delà des conditions d'emploi et de travail des salariés d'Amazon, cette entreprise est emblématique de l'énorme "bulle" internet qui se développe mondialement, principalement à partir des USA . Cette bulle est susceptible de provoquer une catastrophe financière plus importante que celle des subprimes. D'autre part, les profits démesurés accaparés par un petit nombre de dirigeants sont économiquement et socialement explosifs. JGG
Réponse de le 20/08/2015 à 9:33 :
"Profits démesurés" car le peu d'impot payé par Amazone l'est dans des paradis fiscaux, très peu en France. On appelle cela "l'optimisation fiscale".

En résumé: supers profits, mini impôt, mini salaires, conditions de travail pourries
a écrit le 19/08/2015 à 14:36 :
Facile d'exploiter et de faire accepter n'importe quel contrat à des salariés quand le chômage est à ce point.
Finalement , le progrès n'a pas fait avancer la dignité humaine !
Pas glop
a écrit le 19/08/2015 à 8:47 :
A la signature d'un contrat d'embauche on vous propose de faire X Y Z moyennant salaire de "X", personne ne vous menace pour le signer ou l'accepter, libre à vous d'aller voir ailleurs.
une fois le contrat signé, oui le salarié à le devoir de le respecter, et non comme je l'entends souvent autour de moi quand je reproche à un collaborateur de ne rien faire " de toute façon, pour ce qu'on me paie".
Je suis pour la compétitivité entre salarié, elle est productive pour l'entreprise, et pour le salarié aussi.
Qu'un patron pousse pour obtenir des résultats ne me choque en rien, il a investit, il veut des résultat et que cela lui rapporte proportionnellement aux risques qu'il à pris.
Comme le disait si bien, Mr Louis De Funes, "les riches c'est fait pour être très riches, et les pauvres pour être très pauvres" j'ajouterai : et les salariés pour travailler pas pour toujours râler et envier les autres.
Réponse de le 19/08/2015 à 10:43 :
Il y a erreur sur le problème....personne ne remet en cause les buts à atteindre, mais se sont les moyens pour les atteindre qui sont critiqués. D'accord pour une compétitivité entre salariés mais cela doit s'appeler "management participatif" et non "management compétitif"...les meilleurs résultats sont obtenus par une émulation et une confiance collective et non par une compétition et une méfiance individuelle, sauf si vous ne faite que peu de cas de l'être humain et accepter un fort turn-over ...
Réponse de le 19/08/2015 à 16:43 :
J'ai déjà entendu ces propos "courtermistes": demander toujours plus des salariés avec le minimum si non dehors = à terme fermeture de l'entreprise ! Et oui !!!
Dans un premier temps: TMS, Accident du travail, arrêts maladie, procés pour harcellement, mauvaise ambiance de travail, dénonciation entre salarié(e)s, suicides sur le lieu de travail, mouvement social

Dans un second temps: "blacklistage de l'entreprise" (ne pas postuler) / difficultés pour recruter ( cela existe bien), mauvaise réputation de l'entreprise dans l'opinion publique, baisse de compétitivité / perte de PDM, premier plan social

Dans un troisième temps, soit l'entreprise change ses conditions de travail avec un nouvel encadrement soit elle est contrainte de fermer ou de se faire racheter. Déjà vu en France y compris dans de grandes maisons.
a écrit le 19/08/2015 à 4:39 :
Ce monsieur peut venir soulever des colis, et courir pour faire les commandes dans les allées de l'entrepôt Amazon qui se trouve près de chez moi. Il risque de ne pas de reconnaître l'esprit start-up. Les conditions de travail sont rudes, strictes, indignes de notre siècle. On ne rigole pas chez Amazon. Le turnover est important. L'emploi est précaire, la pression élevé. Le corps souffre, les TMS se multiplient. Les gens démissionnent en ayant des séquelles.
Réponse de le 19/08/2015 à 13:53 :
Ben voyons Amazon= Germinal
Réponse de le 19/08/2015 à 16:18 :
Si la tribune accepte ce lien.
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/05/22/32001-20150522ARTFIG00258-quand-amazon-s-arrange-avec-les-accidents-de-travail.php

Merci d'avance. Un peu de respect pour ceux qui souffrent.
a écrit le 18/08/2015 à 19:56 :
Il n'y a pas que chez amazon ... hélas et pas que dans les grosses entreprises non plus.
Il se fout de qui le boss d'amazon ?
a écrit le 18/08/2015 à 19:16 :
Moins on les paie, plus ils souffrent et plus on peut les remplacer comme des playmobil...C'est la nouvelle dictature de la finance, vous voulez tout pour pas cher ? Voilà...
a écrit le 18/08/2015 à 18:37 :
Jeff Bezos veut le beurre et l'argent du beurre. Les salaires bas font que les gens se tournent vers Amazon, et les gens sans emploi n'ont d'autres choix que de prendre un emploi à bas salaire, fliqué, et autres.
Je ne cache pas avoir acheté quelques livres sur Amazon, mais je suis rapidement retourné en librairie car j'aime le contact humain. J'aime aussi parcourir des yeux les rangées de livres, les feuilleter, sentir l'odeur du papier.....
J'ai une autre qualité, je suis capable d'attendre que mon libraire commande un livre !
Tchao le riche.
a écrit le 18/08/2015 à 16:45 :
Dans ce type d'entreprises, les employés sont du consommable, surtout en période de vache maigre. Quand à celui qui "s'amuse" avec les cadences de travail imposée, il doit être chef d'équipe et se ravit de voir les autres trimer pour augmenter son bonus. Quant aux "whistleblowers", ils ne vont pas être nombreux à envoyer un courriel à Jeff, du moins pas avant d'avoir changé d'emploi. Sur le papier, on doit le faire, mais dans la réalité, si on le fait, on se retrouve coincé en Russie ou dans une ambassade à Londres :-)

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