L'un a le savoir, l'autre tient le porte-monnaie. Le premier groupe coopératif agricole français a annoncé mercredi une alliance stratégique avec son homologue de la filière viti-vinicole Vinadeis, donnant naissance à un nouveau pôle d'activités consacré au vin, InVivo Wine.
Alors que les céréales constituent le coeur de métier d'InVivo, "tout le monde a compris qu'il fallait des relais de croissance et qu'il y avait un sujet dans la vigne", a déclaré à la presse Thierry Blandinières, le directeur général du groupe.
L'objectif est de "structurer un pôle vin français puissant", notamment à l'export, en partant du constat que la filière est "encore très atomisée par rapport au secteur agroalimentaire avec plus de 700 caves coopératives". Cela dit, le groupe est déjà lié au monde du vin dans la mesure où il "vend beaucoup de produits phytosanitaires (pesticides, nldr). Quelque part, la vigne est un client", a-t-il souligné.
La holding InVivo Wine sera pilotée par la coopérative Vinadeis, 3e acteur français sur le marché, qui produit 6% du vin français. Au sein du conseil d'administration, deux postes seront réservés à Vinadeis, dont le président du directoire, Bertrand Girard, devient directeur général d'InVivo Wine.
Avec l'objectif d'atteindre un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros d'ici à cinq ans pour ce nouveau pôle, contre 350 aujourd'hui. "66% du chemin a été fait. C'est un pas de géant", explique-t-on chez InVivo, qui vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires à dix ans, "voire avant".
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

InVivo vise surtout le marché du vin en vrac, avec le rachat il y a quelques semaines de la société de négoce Vignobles du Soleil, basée dans le Gard. L'idée est de "mieux marketer et vendre" ce vin à l'export, alors que "toute la croissance mondiale (dans le vin) se fait sur des marques pilotées par des acteurs internationaux" mais pas français, a expliqué M. Blandinières.
InVivo a aussi racheté ces dernières semaines 78% des parts de la maison de négoce bordelaise Cordier-Mestrezat, dont Vinadeis possédait déjà 22%. La branche Mestrezat sera désormais focalisée sur la vente de grands crus, tandis que Cordier se concentrera "sur les petits châteaux et vins de marques", selon M. Blandinières.
Le groupe vise en outre une certaine montée en gamme, afin de séduire les acheteurs à l'international.
À lire également
Le groupe qui réunit 223 coopératives, soit 300.000 agriculteurs, pour un chiffre d'affaires de 5,7 milliards d'euros en 2013-2014 et emploie 8.000 personnes dans 28 pays (dont "seulement" 2.200 en France) dans ses pôles Agriculture, Nutrition animale et Distribution, n'exclut pas de nouvelles acquisitions.
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie
Acier : entre surcapacités chinoises et barrières américaines, la sidérurgie européenne sous pression