Booking lâche un peu de lest sur les clauses imposées aux hôteliers

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Le site Booking, filiale de Priceline, ne renonce pas, pour l'heure, à empêcher les hôteliers partenaires de pratiquer les politiques promotionnelles qu'ils souhaitent sur leurs propres sites de vente en ligne.
Le site Booking, filiale de Priceline, ne renonce pas, pour l'heure, à empêcher les hôteliers partenaires de pratiquer les politiques promotionnelles qu'ils souhaitent sur leurs propres sites de vente en ligne. (Crédits : DR)
Le site de voyage en ligne annonce ce jeudi qu'il renonce à son système de "parité", non seulement concernant les tarifs, mais aussi la disponibilité des chambres et les pratiques des autres agences en ligne.

Booking rend (un peu) les armes. Le site de réservation en ligne annonce ce jeudi la révision de deux nouvelles clauses controversées. A partir du 1er juillet, il mettra fin en Europe à la "parité de disponibilité" qui impose aux hôteliers partenaires de proposer sur sa plateforme de réservation au moins autant de chambres et prestations que celles proposées sur les autres canaux de distribution. En outre, ces hôteliers souhaitant traiter avec Booking pourront désormais négocier plus librement les conditions avec d'autres agences de voyage en ligne.

 Sommé par les autorités de la concurrence françaises, italienne et suédoise de réviser certaines clauses contestées, la filiale du groupe Priceline a déjà concédé un point au mois d'avril: celui d'abandonner la parité tarifaire. Celle-ci consistait à interdire aux partenaires de pratiquer des prix plus bas sur d'autres sites que Booking ou par d'autres canaux de réservation comme le téléphone ou par mail. C'est désormais possible, sauf sur le propre site internet de l'hôtelier.

Amendement "Booking"

Mais le résultat restait insuffisant aux yeux de certains professionnels de l'hôtellerie. L'Hotrec, organisation européenne qui regroupe des hôtels, cafés et restaurants regrettait notamment le maintien des mesures concernant l'affichage des prix par les hôteliers sur leurs propres sites.

 Pour tenter de résoudre cette dernière question, les députés ont voté le 11 juin un amendement à la loi Macron, déjà surnommée"loi Booking", instaurant le contrat de mandat. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en charge notamment du Tourisme, a indiqué que ce texte:

"prévoit de façon très précise que l'hôtelier reste libre d'accorder à ses clients tout avantage tarifaire ou promotionnel qu'il juge approprié."

A l'égard de cet amendement, le site de réservation en ligne précise:

Par ailleurs, si Booking.com suit attentivement les débats qui ont actuellement lieu à l'Assemblée Nationale et au Sénat autour de la loi Macron, ces engagements demeurent à ce stade le nouveau cadre légal obligatoire applicable en France.

Guerre des prix exacerbée

Quelques jours plus tôt, Carlo Olejniczak, le directeur régional de Booking en France, en Espagne et au Portugal, faisait état de ses craintes à propos de ce contrat de mandat.

"En l'état, cet article promeut une dérégulation des tarifs qui risquerait de conduire à une guerre des prix exacerbée, opaque, affectant les marges des hôtels et au final la qualité de l'offre", jugeait-il, selon des propos rapportés par l'AFP le 18 juin.

Du côté du site de réservation, on plaide en faveur des "petits hôteliers", dont les sites sont moins bien référencés et devraient quoi qu'il arrive reverser une partie de leurs recettes à des intermédiaires. En outre, le fait de proposer éventuellement des prix différents sur leurs sites ou sur les plateformes aurait tendance à "perdre" le consommateur. Sauf les plus malins qui feraient d'abord une recherche sur une plateforme puis négocieraient le prix directement avec l'hôtelier. Entre Booking et les hôteliers, la hache de guerre n'est donc pas tout à fait enterrée...

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Commentaires
a écrit le 26/06/2015 à 14:34 :
Il ne faut pas oublier que la majorité des clients apprécient le côté pratique de sites tels que Booking, Expedia. Booking ne fait pas si mal son job que ça... Il faut donc trouver un mode de distribution où à la fois l’hôtelier et le client y trouvent leur compte. Des alternatives émergent et les hôteliers commencent à se regrouper et collaborer ensemble (ex. plateforme Bookbedder où les hôteliers sont investisseurs)… c’est me semble-il inévitable afin de retrouver des relations commerciales beaucoup plus saines et équitables.
a écrit le 26/06/2015 à 9:01 :
Ces sites internet devraient être interdits ils sont préjudiciables autant pour les clients que pour les hôteliers.
Réponse de le 02/07/2015 à 15:51 :
Je pense qu'il faut argumenter quand on affirme quelques chose ou au moins exposer son expérience.
Perso j'utilise Booking depuis plusieurs années (plus de 6-7 ans je pense) et j'en suis très satisfait ! Il m'a permis de m'assurer que les hôtels correspondaient vraiment à mes attentes et de pouvoir effectuer une réservation rapidement même à la dernière minute.
Apres coup il met souvent arriver de réserver en direct.
Ayant ma copine travaillant pour Booking nous avons déjà plusieurs fois logés dans de très bon hôtels ou les propriétaires nous ont clairement dit qu’ils étaient très satisfait de collaborer avec Booking et pour certain ils n'auraient probablement pas survécu sans eux... (Certainement pas le cas des grandes chaines...)
De plus je ne sais pas pour vous mais devoir passer des heures pour trouver les meilleures offres pour un même hôtel est très déconcertant.

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