Alors que, depuis plus d'un an, la crise sanitaire a freiné brutalement l'activité touristique, des voix s'élèvent pour un rebond post-covid plus « durable ». « Repartir, mais pas comme avant », résumait le sociologue Rodolphe Christin en juillet dernier dans le Monde diplomatique. Car selon une nouvelle étude de l'Ademe - l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie - , les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur en France sont colossales : en 2018, elles se sont élevées à 118 millions de tonnes d'équivalent CO2 - soit les émissions de 11 millions de Français sur une année entière.
Pour autant, il ne s'agit pas de faire une croix sur ce secteur clé : avec 89,3 millions de visiteurs internationaux en 2018, la France s'est hissée en première place des destinations touristiques mondiales. De quoi en faire un levier majeur pour l'économie hexagonale, représentant cette année-là 7% du PIB et près de 2 millions d'emplois. Une contribution à la croissance qui ne doit pas masquer ses impacts environnementaux : alors que le pays se trouve à un « tournant », le tourisme doit désormais « trouver et assumer un rôle dans la transition écologique », estime Arnaud Leroy, directeur de l'Ademe.