Les compagnies aériennes se tournent vers l'Asie pour financer leurs avions

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Les compagnies aériennes en mal de fonds se tournent de plus en plus vers les prêteurs asiatiques pour financer l'achat de leurs avions, leurs pourvoyeurs européens habituels --banques françaises et allemandes notamment-- fermant les vannes du crédit.

Qu'il s'agisse de prêts bancaires, de financements obligataires ou de crédit-bail, l'Asie commence à prendre le pas quand il s'agit de permettre aux compagnies d'élargir leurs flottes, relèvent dirigeants et analystes du secteur, y voyant un nouveau signe de la nouvelle donne économique mondiale. "Dans cette partie du monde, il y a beaucoup de financements", a souligné Jim Albaugh, le directeur général de Boeing Commercial Airplanes lors d'une visite au Salon aéronautique de Singapour le mois dernier. "Si vous parlez aux compagnies de leasing (crédit-bail), elles vous diront qu'elles pensent que c'est là que se trouvent les capitaux pour financer les avions qui vont être vendus au cours des prochaines années", a dit le patron de la division aéronautique civile du géant américain.

Boeing estime que les compagnies aériennes auront besoin de trouver 100 milliards de dollars cette année, contre 75 milliards l'an passé, en grande partie du fait du bond de la demande d'appareils en Asie. En effet, la moitié des 1.000 nouveaux avions qui devraient être livrés chaque année d'ici 2021 le seront sur le continent, selon David Stewart, le vice-président de la société de conseil en aéronautique ICF.

Banques japonaises et chinoises

Mais il n'y a pas que les avions : le marché du financement lui aussi se déplace vers l'Asie. En janvier, la Royal Bank of Scotland a ainsi vendu sa division de leasing aéronautique à la banque japonaise Sumitomo Mitsui, pour 4,7 milliards de livres (5,1 milliards d'euros). Quant aux banques chinoises, après s'être jusque-là cantonnées à leur marché national, elles "commencent à regarder à l'étranger pour des clients potentiels", assure Paul Ng, directeur aviation du cabinet d'avocats Stephenson Harwood. Et les compagnies américaines ou européennes "commencent à apparaître" aux salons de financement en Asie "pour parler à des banques asiatiques, ce qui était rare il y a encore quelques années".

Problème d'accès au dollar

Les poids respectifs de l'Europe et de l'Asie dans le secteur sont l'objet d'"un changement assez radical", acquiesce Nicolas Parrot, directeur Asie-Pacifique du financement aéronautique de la banque française BNP Paribas. La compagnie de financement aéronautique basée à Singapour BOC Aviation, détenue par la Bank of China, tire déjà 70% de ses ressources via des banques asiatiques, explique aussi son patron Robert Martin.

"Le vrai problème depuis l'an dernier et pour le futur va être l'accès aux dollars américains", selon lui. "Mais la bonne nouvelle c'est que nous avons vu beaucoup d'établissements asiatiques qui sont très actifs sur ce marché". La Chine et Singapour s'affirment comme les coeurs du crédit-bail asiatique, souligne pour sa part David Brotherton, du cabinet Berwin Leighton Paisner. Un de ses clients, le chinois ICBC Financial Leasing, a "un certain nombre" de contrats en dehors de ses marchés captifs, dont des A319 pour Air Berlin.

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