La peur des compagnies aériennes françaises de disparaître comme le transport maritime

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La Fédération nationale de l'aviation marchande a envoyé aux candidats à la présidentielle 10 propositions pour redynamiser le pavillon français qui perd 1 point de parts de marché par an depuis dix ans.

En présentant ce jeudi les 10 propositions de la fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam) pour réformer le transport aérien français, son président, Lionel Guérin, a tiré la sonnette d'alarme. « Le pavillon français perd 1 point de parts de marché chaque année depuis 10 ans, pour représenter aujourd'hui 48% du trafic français, et seulement 30% sur le réseau moyen-courrier. Si la pente continue, le pavillon français disparaîtra. Nous ne voulons pas devenir comme le transport maritime. Nous avons bien vu que quand on s'en est occupé, il était trop tard. Il était complètement délocalisé. C'est pourquoi, nous prenons les devants ». Un cri d'alerte alors que les compagnies sont en difficultés avec un prix du baril très élevé et un marché touristique atone.

Baisser le coût du travail

Envoyés à tous les candidats à la présidentielle, ces propositions ont comme thème fort la compétitivité des compagnies françaises. «Nous sommes en concurrence avec des transporteurs qui n'ont pas le même niveau de charges sociales et fiscales », déplore Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et de TUI France. « Il faut baisser le coût du travail », insiste t-il. La Fnam prône ainsi « un déplacement de l'assiette des cotisations sociales sur d'autres prélèvements fiscaux (par exemple dans certains pays en effet la protection sociale est financée par l'impôt, ndlr) par un dispositif d'abattement des charges patronales, notamment pour les travailleurs mobiles, les navigants ». « En contrepartie, nous engageons à développer l'activité et donc l'emploi », assure Pascal de Izaguirre, en rappelant que le transport aérien pèse 133 000 emplois directs et même 341 000 en incluant l'industrie aéronautique, et 600.000 emplois indirects. « Ce sont des emplois non délocalisables », rappelle t-il.

"L'âne croule sous les taxes"

La Fnam demande aussi le maintien de l'exonération des charges pour les embauches de personnes de moins de 26 heures « pour favoriser l'insertion des jeunes », et insiste sur la baisse du poids des taxes, notamment celles concernant la sûreté et la sécurité « afin de se rapprocher des bonnes pratiques européennes en la matière ». Pour Pascal de Izaguirre, « il faut arrêter de charger l'âne qui commence à crouler sous les taxes diverses ».

Meilleurs accès des aéroports et maintien des vols de nuit

Outre la compétitivité, l'autre grand thème tourne autour de la volonté de faire de la France « la porte d'entrée de l'Europe ». «Il faut préserver la capacité de croissance des aéroports français et maintenir les vols de nuit, en corrélation avec la poursuite des politiques de réductions des nuisances sonores », explique la Fnam. « Aujourd'hui, il n'y a pas de problème mais à l'horizon 2030, 39 aéroports européens devraient être congestionnés », explique Pascal Personne, directeur de l'aéroport de Bordeaux. Un meilleur accès aux aéroports parisiens est également recommandé.

Les mesures environnementales doivent apporter des gains de productivité

Enfin, la Fnam demande à ce que les mesures environnementales se traduisent par des gains de compétitivité. C'est-à-dire, précise Bertrand Lebel, directeur général adjoint organisation et développement durable que « le produit du système d'échanges de quotas d'émissions de CO2 soit réinvesti dans la performance environnementale du secteur ». La Fnam demande enfin un investissement «dans la recherche et le développement des biocarburants de nouvelle génération ».

Seul François Hollande a répondu

Les compagnies seront-elles plus entendues aujourd'hui qu'il y a cinq ans? « La grande différence c'est qu'à l'époque Air France allait mieux. En 2007, on nous disait, vous perdez certes 1 point de parts de marché par an, mais le pavillon français se porte bien », explique Lionel Guérin. Ce dernier espère pouvoir travailler avec le prochain gouvernement. Pour l'heure, seul François Hollande a répondu à la Fnam. Sur le coût du travail, il a notamment indiqué. « Je me suis engagé à favoriser la production et l'emploi en France en orientant les financements, les aides publiques et les allègements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur notre territoire qui y localiseront leurs activités et qui seront offensives à l'exportation. Le transport aérien français me semble rentrer largement dans ce périmètre. Toutefois, il est clair que les évolutions à venir devront respecter l'impératif d'équilibre de nos comptes sociaux ». Une réponse qui semblait convenir aux représentants de la Fnam.

 

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a écrit le 06/04/2012 à 13:12 :
Pour info billanna une hotesse gagne mieux que ça! et en parlant d'impots il est a savoir que le personnel naviguant ne paye pas ou peu d'impots car ils ont déjà des abattements liés a leur statut! De plus certains ne vivent meme pas en france donc retomber de leurs gros salaires néant...Je suis DSl pour tous les métiers qui font eux aussi l'air de rien voler les avions (oui je vous jure il n'y a pas que des pilotes et des hotesses!) mais cette compagnie va droit ds le mur! j'ai bien fait de démissionner....Et vous connaissez vous des hotesses ou pilotes AF qui changent de boulot?
Réponse de le 06/04/2012 à 14:25 :
Je suis DSl pour tous les métiers qui font eux aussi l'air de rien voler les avions (oui je vous jure il n'y a pas que des pilotes et des hotesses!)

Qu'est ce charabia
Réponse de le 06/04/2012 à 17:20 :
pas très compréhensible c vrai.... En gros je suis désolé pour les autres metiers de cette compagnie mais le personnel naviguant ne voit que son nombril et ne fera jamais d'effort!
a écrit le 06/04/2012 à 8:30 :
Apres les millions du contribuable pour sauver Air France on nous la refait différemment en voulant que nos impots permettent a des personnes gagnant plus de 10000? par mois (pilote) ou même "que" 2500? (hôtesse de l'air) par mois de garder leur emploi . La blague est tellement énorme que ça pourrait bien passer si personne ne réagit ! Si elle ne sont pas competitive elle doivent le devenir ou disparaitre, c'est pas plus compliqué!!!
Un article sur le sujet était sorti début mars: http://www.pnc-contact.com/2012/03/01/le-contribuable-paiera-t-il-7993
a écrit le 06/04/2012 à 8:11 :
Oui, il faut baisser le coût du travail et donc sans doute les salaires des pilotes, et faire perdre l'habitude à ceux-ci de grève dès que l'on veut toucher à un seul de leurs privilèges exorbitants !!! La France est un pays d'enfants gâtés...
a écrit le 06/04/2012 à 0:10 :
Si les compagnies françaises en sont la, c'est de leurs fautes. Arrêtez avec les excuses.
a écrit le 05/04/2012 à 23:28 :
Toujours la même chanson et dans quelques années le transport aérien français n'existera plus. Le phénomène "bas coût" a été totalement négligé et snobé. Résultat : EasyJet fait la pluie et le beau temps dans l'Hexagone. Ses Airbus sont pleins et le Gouvernement n'y peut mais ne voulant pas risquer de perdre un gros client pour la avions construit en partie à Toulouse. Quant aux syndicats, ils récoltent ce qu'ils ont semé. Leurs adhérents voleront bientôt sur "Air Pôle Emploi".
a écrit le 05/04/2012 à 20:06 :
Ca c est une réponse... Donc vous aurez les aides mais selon ce qu il sera possible de faire compte tenu de m état des finances publiques.... Mouais ça ne mange pas de pain de dire ça. Mais en fait pourquoi est ce si cher alors que d autres y arrivent avec des taxes( lufthansa par ex). N est ce pas la filiale air France qui perd de l argent quand KLM en gagne?
Réponse de le 06/04/2012 à 14:22 :
Oui, mais Flamby est toujours d'accord. Il a réinventé le oui franc et massif du Général de Gaulle qui s'exprime par : "oui mais". Ceci lui permet de toujours s'en sortir en ne bloquant personne, mis à part la France.
a écrit le 05/04/2012 à 18:12 :
Si au moins on baissait les taxes d'aeroport. Elles atteignent un niveau scandaleux.
a écrit le 05/04/2012 à 17:33 :
Si le service était au niveau du prix ,si le client pouvait voyager sans crainte de greve , il n'y aurait pas de question de survie !Je préfere payer le prix et avoir un service correct ,du personnel correct et ,quand il y a probleme de retard mécanique , des renseignements et prises en charges par la société sans souci .Prenez exemple sur Singaporair par ex /
Réponse de le 05/04/2012 à 18:10 :
C vrai ! Hélas, j'ai eu des vols annulés pour cause de greve !
Alors....
Réponse de le 06/04/2012 à 14:19 :
Oui moi aussi vol annulé par suite de grève. Planté 1 journée de plus à la Réunion, et je dois en plus me battre contre AIR France qui ne veut même pas appliquer le dédommagement minimum prévu par Bruxelles. J'espère ne pas devoir finir par un dossier à la DGCCRF!
a écrit le 05/04/2012 à 16:19 :
"341 000 en incluant l?industrie aéronautique" ca c est n importe quoi.
C est pas parce que c est plus air france ou corsair qui va acheter l avion que celui ci ne sera pas vendu (a lufthansa par ex)

Pour le reste tout le monde veut payer moins d impots mais personne veut depenser moins. Cherchez l erreur ...

PS: la seule facon de baisser vraiment les charges sociales seraient de reduire serieusement les depenses de sante et les retraites. Pas un politicien n est suicidaire au point de se mettre a dos les vieux et les medecins, infirmiers, ambulanciers, kine ...
Réponse de le 05/04/2012 à 17:04 :
Rassurez vous dans quelques années vous ferez partie des vieux....Mais peut être qu' à l'heure actuelle , l'exploitation éhontée de vos employés vous permettrons de vivre comme un nabab
Réponse de le 06/04/2012 à 8:42 :
Une seule solution,que l'Allemagne nous rachète... Et après tout le monde est content
Réponse de le 06/04/2012 à 14:17 :
Oui, mais vous aussi vous deviendrez vieux, et vous allez même mourir. Ce sont vos enfants qui vous reprocheront de leur laisser ne héritage des dettes.

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