L'attitude préventive et bienveillante d'Air France vis-à-vis des clients qui doivent prendre l'avion la semaine prochaine en dit long sur l'état des négociations avec les pilotes. A six jours du début du préavis de grève déposé par les syndicats de pilotes du 15 au 22 septembre, et alors même que les négociations sont toujours en cours pour déminer ce conflit, la compagnie a annoncé ce mardi qu'elle proposait à ses clients un report de voyage ou un échange de billets sans frais. Rarement une telle initiative a été prise aussi tôt avant un éventuel conflit.
Les passagers peuvent aussi opter pour "un avoir valable un an sur Air France ou KLM pour un report du voyage au-delà du 30 septembre 2014, un changement de destination ou de point d'origine ou une annulation du billet".
La compagnie assure que "les discussions vont se poursuivre sans relâche dans les jours à venir afin de trouver un accord" mais relève aussi qu'elle n'aurait une estimation du nombre de grévistes et des répercussions sur ses clients que 48h à l'avance si la grève était maintenue, se justifiant ainsi de prendre les devants. La loi Diard qui impose aux grévistes de se déclarer comme tels, est censée permettre aux compagnies de s'organiser.
Pour autant, cette attitude traduit également des négociations complètement bloquées sur la manière de développer la filiale low-cost d'Air France, Transavia France.
La direction exige que les pilotes d'Air France qui iront voler chez Transavia soient engagés aux conditions de travail et de rémunération en vigueur dans cette filiale. Ceci pour éviter de transférer chez Transavia les coûts d'Air France, jugés trop élevés. Les syndicats de pilotes d'Air France refusent toujours. Ils demandent au contraire que les pilotes de Transavia disposent d'un contrat Air France. Ils proposent pour cela la création d'un pôle unique de pilotes (sous contrat Air France) pour tous les pilotes d'avions de plus de 110 sièges. Ce schéma leur permettrait de passer d'une marque à l'autre et apporterait, selon eux, une grande flexibilité au groupe Air France pour contrer la concurrence des low-cost. Les syndicats dénoncent par ailleurs le projet de la direction de développer Transavia Europe par la création de bases d'exploitation à l'étranger avec du personnel local. "C'est une délocalisation", déplorent les pilotes.
À lire également
La direction reste ferme. Selon plusieurs sources, elle a déclaré aux dirigeants du SNPL que, faute d'accord, elle ne développerait pas Transavia France au-delà de la limite actuelle de 14 avions, signée en 2006 avec le SNPL lors de la création de Transavia.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

"C'est du chantage", déplorent les syndicalistes. Pour sortir de l'impasse, beaucoup estiment qu'il faudra que le gouvernement s'implique dans le dossier.
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie