Un trafic qui a chuté de 16,3% en septembre; un résultat d'exploitation du groupe qui sera amputé de 320 à 350 millions d'euros au troisième trimestre; un Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) qui sera impacté de 500 millions sur l'exercice 2014; une sixième année de pertes d'exploitation pour Air France (Air France-KLM sera bénéficiaire); un cours de Bourse qui dévisse ce jeudi de près de 4%... Oui, les 14 jours de grève des pilotes d'Air France en septembre coûtent très cher à Air France-KLM.
Le groupe table désormais sur un Ebitda compris entre 1,7 et 1,8 milliard d'euros. Un niveau identique à celui de 2013 alors que la direction tablait en début d'exercice sur une hausse de l'Ebitda de 645 millions, à plus de 2,5 milliards d'euros avant de ramener cette prévision en juillet entre 2,2 et 2,3 milliards. Bref, la grève a annihilé à la fois tous les bénéfices obtenus avec les économies réalisées cette année ainsi que tous les gains liés aux baisses de prix du carburant.
Ce dernier note également un second impact, "beaucoup plus difficile à évaluer, qui pèsera sur le quatrième trimestre, voire sur le début de l'année 2015", à savoir, un taux de réservation beaucoup plus faible que d'habitude. Entre le début et la fin de la grève, le groupe a constaté un retard de 1 à 2 points dans les réservations "sans qu'il soit possible d'évaluer de manière précise la part de ce retard due à la grève et celle due à l'évolution défavorable de la demande observée au début de l'été et qui s'est confirmée depuis".
Quant à l'impact sur les recettes des campagnes promotionnelles lancées depuis la fin de la grève, le directeur financier d'Air France-KLM a souligné que la priorité était "de ramener les clients dans les avions".
Avec un tel impact, l'objectif de ramener les comptes d'Air France dans le vert cette année ne sera pas atteint, reconnaît l'entreprise, et ce, pour la sixième année consécutive. Plus précisément: en 2013, Air France-KLM avait enregistré un bénéfice d'exploitation de 130 millions d'euros grâce aux bénéfices de KLM, mais la seule entité Air France avait accusé une perte d'exploitation de 174 millions, poussant la perte d'exploitation cumulée entre 2009 et 2013 à près de 2,5 milliards d'euros.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
Le directeur financier a également prévenu que "cet impact se retrouvera pratiquement équivalent au niveau du résultat net". En 2013, la perte nette d'Air France-KLM s'élevait à 1,83 milliard d'euros.
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer