Aigle Azur dépose le bilan : Air France sur le coup

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(Crédits : Jean-Paul Pelissier)
Aigle Azur s'est déclarée en cessation de paiement et a été placée en redressement judiciaire. Les vols continuent. Air France travaille sur une offre et fait partie des éventuels candidats à la reprise de tout ou partie d'Aigle Azur.

Le couperet est tombé pour les 1.150 salariés d'Aigle Azur. Comme La Tribune l'indiquait ce dimanche, la compagnie s'est déclarée ce lundi en cessation de paiement et a été placée dans la foulée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Evry.

C'est Maître Bourbouloux, désignée la semaine dernière administratrice provisoire d'Aigle Azur, qui a fait la déclaration de cessation de paiement. Elle l'a communiquée aux représentants du personnel à l'occasion d'un comité d'entreprise (CE) extraordinaire réuni ce lundi. Le redressement judiciaire est assorti d'une période d'observation qui maintient l'activité. À l'heure où nous mettions sous presse, cette période n'a pas été communiquée. Pour autant, le niveau de cash est bien plus important que cette butée administrative.

Calendrier serré

Selon la précédente direction, Aigle Azur disposait de 25 millions d'euros, lui permettant de tenir jusqu'à mi-octobre, voire fin octobre, selon un membre du CE. D'autres sources sont moins optimistes.

Les vols sont maintenus. Mais depuis la médiatisation des difficultés de la compagnie début août, les prises de réservation pour les prochains mois, synonymes de rentrée de cash, se sont effondrées. L'annonce du dépôt du dépôt de bilan ne peut qu'amplifier ce phénomène. Le calendrier est donc très serré.

"Il est probable que la date limite de dépôt des offres soit fixée autour du 15 septembre 2019", ont indiqué les représentants du personnel dans un communiqué, déplorant que "ce dépôt de bilan arrive tardivement (...) et va limiter la recherche de repreneurs". Selon l'un d'eux, une audience est prévue le 30 septembre.

"Plusieurs repreneurs potentiels" ont cependant exprimé un intérêt, ont indiqué les élus du personnel.

Marque d'intérêt d'Air France

Selon plusieurs sources, Maître Bourbouloux a notamment indiqué au CE avoir reçu une marque d'intérêt de la part d'Air France.

« Air France travaille sur plusieurs scénarios d'offre », explique à La Tribune un connaisseur du dossier, sans préciser si l'idée était de reprendre tout ou partie d'Aigle Azur.

Interrogée, la compagnie n'a pas fait de commentaire.

Récemment, une réunion entre la direction d'Air France-KLM et des cadres du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) s'est tenue (à la demande du SNPL) pour évoquer le dossier Aigle Azur et le projet de vendre à Vueling ses vols entre l'aéroport parisien d'Orly et le Portugal. Aujourd'hui caduc, un tel accord permettait à la compagnie low-cost espagnole de rafler 35% des 10.000 créneaux horaires de décollage et d'atterrissage que possède Aigle Azur à Orly. Une menace pour Transavia, la filiale low-cost d'Air France, basée à Orly.

Même s'il ne représente "que" l'équivalent de 13,5 vols quotidiens, ce volume de créneaux constitue une petite pépite en raison de leur rareté. Avec le plafonnement de l'aéroport à 250.000 mouvements d'avions, il n'y a plus de créneaux disponibles à Orly.

Lionel Guérin prépare une offre

Comme indiqué dans nos colonnes vendredi dernier, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, respectivement ancien directeur général délégué d'Air France et ancien PDG de HOP, travaillent eux aussi sur un projet de reprise d'Aigle Azur. Ils devaient présenter leur dossier au comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) ce lundi. L'idée est de s'appuyer sur les fortes positions d'Aigle Azur entre la France et l'Algérie et de les développer. Mais aussi d'y ajouter d'autres solutions de développement. Ces deux personnalités du transport aérien français sont en discussion avec des fonds d'investissement spécialisés dans les retournements d'entreprise bien connus du Ciri.

D'autres candidats

À l'origine d'une semaine rocambolesque, Richard Houa, président de l'entreprise Lu Azur, actionnaire à 19% d'Aigle Azur, devrait également être candidat à la reprise.

Quant à Vueling, qui était prêt à débourser une vingtaine de millions d'euros pour récupérer les vols vers les Portugal, reste à savoir si elle va confirmer son intérêt.

Pour ses créneaux horaires, Aigle Azur peut attirer d'autres candidats comme Easyjet, Air Caraïbes et French Bee, toutes déjà présentes à Orly, ou Ryanair qui a maintes fois cherché à s'y installer.

Il n'y avait plus eu un tel « pool » de créneaux depuis les disparitions d'Air Lib et d'Aéris en 2003.

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a écrit le 03/09/2019 à 10:07 :
Ce serait bien qu'AF reprenne pratiquement tout des créneaux. Le marché algérien est rémunérateur
a écrit le 03/09/2019 à 9:36 :
Pourquoi AirFrance et non Easyjet pour les créneaux de Aigle Azur sur Orly?
Air France est déjà en situation de quasi monopole en France donc ce serait bien que ce soit Easyjet qui reprenne ces créneaux de Orly vers l'Algérie.
Ceci dit les feed backs des clients d'Aigle Azur et d'Air Algérie sont si négatifs pour ces 2 compagnies que la nouvelle compagnie qui reprendra les créneaux de Aigle Azur sera certaine de cartonner.
Réponse de le 03/09/2019 à 15:35 :
La reprise de créneaux à Orly signifie-t-elle obligatoirement un maintien de la même destination? (question aux pros du secteur?)
Réponse de le 03/09/2019 à 20:05 :
Bonne question.... mais je n'ai pas la réponse. J'imagine qu'on ne peut pas décoller d'Orly pour les USA, pour des questions de couloirs aériens, mais c'est pure conjoncture.

J'ai cru comprendre que les créneaux n’appartiennent pas à Air Azur, qui ne peut donc ni les vendre, ni les sous-louer.
Par conséquence qui veut récupérer les créneaux doit racheter Air Azur et le maintenir.

Ou alors attendre que ADP les remette en location... au plus offrant.
a écrit le 02/09/2019 à 23:37 :
Quand l’Algérie vas mal c'est la descente au enfer pour l’économie français
Réponse de le 03/09/2019 à 1:06 :
Carrément !!! Un peu de sérieux
Réponse de le 03/09/2019 à 9:31 :
Cela n'a strictement rien à voir avec l'Algérie, mais plutôt à l'expansion trop rapide d'Aigle Azur vers de nouveaux marchés tels que le Brésil ou la Russie. Si Aigle Azur s'était concentré sur ses marchés algérien et portugais, elle n'en serait pas là aujourd'hui.
Réponse de le 03/09/2019 à 10:38 :
N'importe quoi. Les principaux partenaires économiques de la France sont nos voisins européens, la Chine et les Etats Unis...
Et pour Aigle Azur, même si la compagnie disparait, elle sera très facilement remplacée preuve qu'on peut parfaitement se passer ces relations avec l'Algérie.
Réponse de le 03/09/2019 à 11:23 :
Votre commentaire est complètement à l'ouest . Les avions d'Aigle Azur pour l'Algérie sont quasi plein durant la période estival ! C'est la stratégie de Aigle Azur qui a voulu s'agrandir et se lancer dans des lignes non rentables... Sinon l'Algérie est un partenaire economique mineure pour l'économie française...Mais si l'Algérie s'effondre , ce sera un gros problème pour la France et l'Europe car il y a 40 millions de migrants potentiels...
Réponse de le 03/09/2019 à 14:13 :
Vous avez raison, 1.5 milliard de dollars quitte la France pour aller en Algérie chaque année.... Source UFC que choisir, et article de D. Cuny du 27/44/2018!

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