Aigle Azur dépose le bilan : Air France sur le coup

Photo d'illustration
Jean-Paul Pelissier

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Jean-Paul Pelissier
Le couperet est tombé pour les 1.150 salariés d'Aigle Azur. Comme La Tribune l'indiquait ce dimanche, la compagnie s'est déclarée ce lundi en cessation de paiement et a été placée dans la foulée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Evry.
C'est Maître Bourbouloux, désignée la semaine dernière administratrice provisoire d'Aigle Azur, qui a fait la déclaration de cessation de paiement. Elle l'a communiquée aux représentants du personnel à l'occasion d'un comité d'entreprise (CE) extraordinaire réuni ce lundi. Le redressement judiciaire est assorti d'une période d'observation qui maintient l'activité. À l'heure où nous mettions sous presse, cette période n'a pas été communiquée. Pour autant, le niveau de cash est bien plus important que cette butée administrative.
Selon la précédente direction, Aigle Azur disposait de 25 millions d'euros, lui permettant de tenir jusqu'à mi-octobre, voire fin octobre, selon un membre du CE. D'autres sources sont moins optimistes.
Les vols sont maintenus. Mais depuis la médiatisation des difficultés de la compagnie début août, les prises de réservation pour les prochains mois, synonymes de rentrée de cash, se sont effondrées. L'annonce du dépôt du dépôt de bilan ne peut qu'amplifier ce phénomène. Le calendrier est donc très serré.
"Plusieurs repreneurs potentiels" ont cependant exprimé un intérêt, ont indiqué les élus du personnel.
Selon plusieurs sources, Maître Bourbouloux a notamment indiqué au CE avoir reçu une marque d'intérêt de la part d'Air France.
Interrogée, la compagnie n'a pas fait de commentaire.
Récemment, une réunion entre la direction d'Air France-KLM et des cadres du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) s'est tenue (à la demande du SNPL) pour évoquer le dossier Aigle Azur et le projet de vendre à Vueling ses vols entre l'aéroport parisien d'Orly et le Portugal. Aujourd'hui caduc, un tel accord permettait à la compagnie low-cost espagnole de rafler 35% des 10.000 créneaux horaires de décollage et d'atterrissage que possède Aigle Azur à Orly. Une menace pour Transavia, la filiale low-cost d'Air France, basée à Orly.
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Même s'il ne représente "que" l'équivalent de 13,5 vols quotidiens, ce volume de créneaux constitue une petite pépite en raison de leur rareté. Avec le plafonnement de l'aéroport à 250.000 mouvements d'avions, il n'y a plus de créneaux disponibles à Orly.
Comme indiqué dans nos colonnes vendredi dernier, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, respectivement ancien directeur général délégué d'Air France et ancien PDG de HOP, travaillent eux aussi sur un projet de reprise d'Aigle Azur. Ils devaient présenter leur dossier au comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) ce lundi. L'idée est de s'appuyer sur les fortes positions d'Aigle Azur entre la France et l'Algérie et de les développer. Mais aussi d'y ajouter d'autres solutions de développement. Ces deux personnalités du transport aérien français sont en discussion avec des fonds d'investissement spécialisés dans les retournements d'entreprise bien connus du Ciri.
À l'origine d'une semaine rocambolesque, Richard Houa, président de l'entreprise Lu Azur, actionnaire à 19% d'Aigle Azur, devrait également être candidat à la reprise.
Quant à Vueling, qui était prêt à débourser une vingtaine de millions d'euros pour récupérer les vols vers les Portugal, reste à savoir si elle va confirmer son intérêt.
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Pour ses créneaux horaires, Aigle Azur peut attirer d'autres candidats comme Easyjet, Air Caraïbes et French Bee, toutes déjà présentes à Orly, ou Ryanair qui a maintes fois cherché à s'y installer.
Il n'y avait plus eu un tel « pool » de créneaux depuis les disparitions d'Air Lib et d'Aéris en 2003.