Air France : face au plan social, la colère monte chez les représentants du personnel de la filiale Hop !

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Les syndicats de la filiale régionale d'Air France Hop! protestent ce matin, au siège social de Nantes et à Morlaix, contre la "disparition programmée" de la compagnie. Hop! prévoit de supprimer un millier d'emplois, soit 40% des effectifs.

La décision est tombée ce matin, la filiale régionale d'Air France Hop! va supprimer plus de 1.000 emplois. Ce chiffre vient confirmer nos informations de mardi.

Des salariés de la filiale régionale d'Air France Hop! se sont rassemblés vendredi matin à Morlaix, site que la compagnie compte fermer, et devant le siège à Nantes où se déroulait une réunion lors de laquelle la direction a confirmé la suppression d'un millier d'emplois.

La suppression des effectifs dans cette filiale, née en 2013 de la fusion des compagnies Brit Air, Régional et Airlinair, va toucher 40% des quelques 2.400 emplois.

Lire aussi : Air France veut supprimer 7.585 postes d'ici à fin 2022 pour repasser dans le vert en 2023

Plusieurs dizaines de représentants du personnel venus de toute la France étaient présents depuis l'aube devant le siège social nantais dont le portail a été cadenassé dans la nuit pour bloquer l'accès au bâtiment.

"Disparition programmée" de la compagnie

Un comité social et économique (CSE) extraordinaire s'y est tenu pendant moins de deux heures mais plusieurs cadres n'ont pu y accéder en raison du portail cadenassé et d'un feu de palette et de pneus allumés par la petite cinquantaine de représentants de salariés venus de toute la France, a constaté une journaliste de l'AFP.

Un seul représentant des salariés est entré pour participer à la réunion, Joël Rondel, le secrétaire du CSE (CGT). Les autres représentants du personnel ont décidé unanimement de ne pas participer à cette réunion lors de laquelle la compagnie a détaillé son plan, afin de protester contre la "disparition programmée" de la compagnie.

Lire aussi : Air France prévoit de supprimer plus de 1.000 postes chez HOP

"Aujourd'hui on dénonce les 1.022 suppressions d'emploi, on dénonce l'arrêt de certaines lignes, on dénonce le transfert d'activité de notre périmètre vers Transavia" (compagnie low-cost), a expliqué Joël Rondel.

La compagnie prévoit 1.022 suppressions d'emploi (en équivalent temps plein), d'après les chiffres communiqués aux syndicats. Parmi ces postes supprimés, 328 concernent les pilotes (PNT), 286 le personnel navigant commercial (stewart et hôtesses), 291 sont les personnes à la maintenance et 119 sont des employés des services supports administratifs.

Deux fermetures de sites sont prévues : celui de Morlaix et celui de Lille. Emelyne Fronteau, pilote Hop! et présidente du Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) de la compagnie affirme ne rien avoir appris de plus ce matin, à l'issue du CSE.

Selon l'AFP, A Morlaix, où 300 emplois sont menacés avec la fermeture du site, quelque 150 à 200 personnes s'étaient rassemblées depuis 9h devant le site Hop! alors que se tenait le CSE à Nantes.

"Le site de Morlaix a toutes les capacités pour poursuivre"

"Le sentiment, là, c'est de la colère", déclare Valérie Scattolin, élue au CSE UNSA et coordinatrice hygiène sécurité environnement sur le site de Morlaix, depuis 23 ans au sein de la filiale. "C'est incompréhensible, on ne peut pas comprendre les arguments exposés" explique-t-elle.

Matthieu Jolivet, contrôleur production sur le site maintenance de Morlaix, depuis 20 ans dans l'entreprise, confirme les propos de Valérie Scattolin. "On trouve ça inacceptable, du fait qu'aujourd'hui l'activité est réelle, pour preuve, dans le hangar il y a deux avions en maintenance, d'autres avions sont prévus derrière".

"Même si aujourd'hui il y a une crise nationale, économique, et une réflexion sur l'écologie je pense clairement que l'aviation a un futur, et forcément la maintenance aussi, et qu'un site comme Morlaix a toutes les capacités pour poursuivre son activité", confirme Matthieu Jolivet.

Lire aussi : Air France prévoit de supprimer plus de 1.000 postes chez HOP

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Commentaires
a écrit le 09/07/2020 à 13:01 :
Cette recapitalisation est une bonne nouvelle; il est utile de préciser qu'il s'agit d'une annulation de dette. Il n'y a pas d'apport de capital, Zéro, Nada.
C'est juste un coup d'annonce, après une décision lourde de conséquences; 42 % de salariés en moins, en faisant porter le Chapeau des pertes du domestiques du groupe AF a cette filiale.
Et cette dette c'était quoi? Sur le réseau domestique les lignes les plus déficitaires pour AF ont été transférées en vol sous franchise de HOP. 4 airbus AF étaient sous pavillon Hop en affrètement et ont creusé sur le dos de hop permettant a AF de présenter de meilleurs résultats à ces actionnaires.
Et, soyez rassuré, ce n'est pas chez Hop que les 7 milliards seront investis, l'entreprise qui n'est pas une compagnie aérienne mais un fournisseur de capacités pour AF est déjà condamnée a disparaitre.
L'Hopsolescence est programmée
a écrit le 06/07/2020 à 9:58 :
il faut arrêter les gaspillage et doublons pollutions avec l’avion.Cette crise nous a permis d ouvrir les yeux sur ce qui est inutile dans notre pays au moins pour l’avion (je parle des vols internes et quelques européen, je fais plusieurs fois en semaine paris-francfort TGV pour mon travail et cela se passe très bien depuis des années).
a écrit le 05/07/2020 à 14:08 :
Encore une colère syndicale idiote!!!
a écrit le 05/07/2020 à 9:22 :
Après quand il n’y a plus de clients pourquoi maintenir de l’emploi ? C’est le simple principe de lucidité ... plus personne ne veut prendre l’avion avec la crise donc on réorganise et on licencie ... si ça va mieux dans qqs années on embauchera ... simple bon sens mais ça on en a plus...
a écrit le 04/07/2020 à 21:55 :
Voilà où cela mène de se soumettre sans restriction a une entreprise.

Jetés comme des kleenex.

Mais pourquoi avoir du respect pour un personnel soumis?
a écrit le 04/07/2020 à 12:05 :
Ce qui est affligeant c'est qu'une partie des sommes allouées à Air France pour s'en sortir va profiter encore une fois aux plus âgés des pilotes. Certains gagnaient 25 000€ sur A380. Ils partiront avec un pécule de... 300 000€ ! Alors que cette catégorie de personnel aura toujours été responsable du marasme de la compagnie...
a écrit le 03/07/2020 à 17:54 :
Allez, Hop ! A l'ANPE !
Réponse de le 04/07/2020 à 8:17 :
C'est pôle emploi l'ANPE n'existe plus.
Réponse de le 04/07/2020 à 12:03 :
Commentaire stupide

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