Depuis deux semaines, les attaques ne cessent de se multiplier contre les bateaux croisant dans le sud de la mer Rouge. Des navires de commerce, des pétroliers et même des bâtiments militaires sont pris pour cibles par des groupes fortement armés et entraînés - bien davantage que les pirates - et qui sont déterminés à les endommager, voire les aborder. Les rebelles Houthis, basés au Yémen, sont à l'origine de ces attaques revendiquées sur fond de conflit entre Israël et le Hamas. Ce vendredi, ils ont ainsi affirmé par la voix de leur porte-parole militaire avoir mené « une opération militaire contre deux porte-conteneurs, MSC Alanya et MSC Palatium III, qui se dirigeaient vers l'entité israélienne ». Comme le rapporte l'AFP, les navires de l'armateur suisse MSC ont été visés par deux missiles au prétexte que celui-ci a « coopéré avec Israël » selon l'analyse de la société de renseignement maritime Ambrey.
Cela vient s'ajouter à une liste déjà longue. Fin novembre, les Houthis s'étaient emparés du navire commercial Galaxy Leader - dont l'équipage est toujours détenu - et tenté de faire de même avec le pétrolier Central Park, tous deux possédés par des hommes d'affaires israéliens. Dans le même temps, le porte-conteneur Symi, également lié à un homme d'affaires israélien mais affrété par le groupe français CMA CGM (propriétaire de La Tribune) selon l'Associated Press citant une source militaire américaine, a subi une attaque de drone. Et ces derniers jours, la menace s'est élargie : les Houthis ont envoyé des drones contre la frégate multi-missions (Fremm) Languedoc de la Marine nationale le 10 décembre, qui les a abattus, ou encore tiré un missile sur le pétrolier norvégien Strinda le 11 décembre au prétexte qu'il se dirigeait vers Israël.
La menace est telle que dès début décembre, le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) dénonçait « une menace directe pour le commerce international et la sécurité maritime ».