Ce que veut faire Air France-KLM avec ses deux Transavia

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(Crédits : dr)
Air France-KLM étudie la possibilité de rattacher Transavia France et Transavia Holland, aujourd'hui des filiales respectives d'Air France (à 60%) et de KLM (à 100%) dans une holding financière qui serait rattachée à Air France-KLM afin, notamment, de gagner en efficacité. Les Hollandais de KLM sont hostiles à l'idée de perdre la main sur Transavia Holland.

Si les efforts pour reprendre des négociations sociales avec les syndicats sont au cœur des préoccupations d'Air France-KLM, d'autres sujets sont étudiés en coulisse au sein du groupe. Notamment le développement de Transavia, aujourd'hui composée de deux compagnies aériennes, Transavia Holland, filiale à 100% de KLM, et Transavia France, filiale d'Air France (60%) et de Transavia Holland (40%).

Une organisation semblable à celle de Lufthansa et de IAG

Selon plusieurs sources internes, Air France-KLM souhaite modifier la gouvernance de son activité low-cost en rattachant les deux Transavia sous son aile comme l'a fait le groupe Lufthansa avec Eurowings et ou IAG en rachetant la low-cost Vueling.

«Ce projet est à l'étude depuis quelques mois mais il n'en est qu'à ses débuts », explique à La Tribune un connaisseur du dossier.

Concrètement, dans le plan étudié, les deux Transavia seraient détenues à 100% par une holding financière (dont la nationalité n'aurait pas été tranchée), laquelle serait rattachée à Air France-KLM aux côtés des deux filiales du groupe Air France et KLM.

Un tel schéma permettrait de gagner en efficacité en apportant plus de synergies entre les deux Transavia.

Par ailleurs, plusieurs observateurs estiment opportun sur le plan stratégique « de sortir Transavia France d'Air France » et de créer une structure qui pourra permettre de développer le pôle low-cost du groupe en intégrant par exemple un jour une autre compagnie à bas coûts (à l'occasion d'un rachat) ou en ouvrant le capital à un tiers pour financer le développement de cette activité. D'autres estiment enfin que de ce projet découlera à terme une fusion entre les deux entreprises.

Interrogé, Air France-KLM n'a pas souhaité faire de commentaires.

Les Hollandais sont hostiles

Un tel projet est complexe. Il suppose notamment une valorisation des deux Transavia. Selon plusieurs sources, les 40% que détient Transavia Holland dans Transavia France sont valorisés en interne à 150 millions d'euros.

Surtout, pour aboutir, il devra vaincre au préalable l'hostilité des Hollandais de KLM. Ce qui n'est pas gagné.

Car, si ces derniers sont partants pour regrouper les deux compagnies au sein d'une holding et vendre leurs parts dans Transavia France, ils ne veulent pas perdre la main sur Transavia Holland. De quoi donner du grain à moudre à ceux qui accusent KLM de refuser tous les projets stratégiques depuis la création du groupe. Les pilotes hollandais de KLM sont également vent debout.

Pour rappel, l'an dernier, après les 14 jours de grève des pilotes d'Air France, des révélations de presse avaient fait état de l'existence d'une telle structure (Transavia Company), basée au Portugal. Les différentes sources n'ont pas précisé si Air France-KLM avait l'intention d'utiliser cette structure ou pas.

Transavia Holland à Munich

Pour l'heure, l'autre enjeu principal de Transavia se situe dans le développement des deux compagnies hors de France et des Pays-Bas. Une voie différente du projet lancé en 2014 de création d'une filiale spécifique à ces marchés (Transavia Europe) qui fut abandonné par la direction pendant la grève des pilotes d'Air France en septembre 2014.

KLM est une nouvelle fois en avance. A l'issue d'un accord avec les syndicats, Transavia Holland ouvrira l'an prochain une base à Munich.

Lire aussi : Quand Air France a étudié le rachat d'Easyjet

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Commentaires
a écrit le 06/11/2015 à 9:21 :
Félicitations pour Air France!!! Cette compagnie s'est maintenant spécialisée dans le transport aérien du bétail. Des procédures d'enregistrement et des formalités dignes du low cost de dernière zone, des avions surchargés, des sièges empilés, un personnel de bord suffisant et grotesque et aux compétences discutables. Bref Monsieur le Président d'Air France, si vous souhaitez voir de vos propres yeux ce qu'est aujourd'hui une compagnie aérienne digne de ce nom faites vous offrir un vol Paris Tokyo sur la compagnie All Nippon Airways.
Pour ma part jamais plus sur Air France...
a écrit le 05/11/2015 à 23:53 :
Estceque AirFrance n'a toujours pas compris qu'on ne gagnera pas un sou sans une réorganisation réaliste, c'est à dire éliminer l'influence et la mentalité néfaste des syndicats, surtout des pilotes?
Ce sont les Hollandais de KLM qui ont réformé leur entreprise, qui continuent à réduire leurs frais et, par conséquent, gagnent l'argent pendant les dernières 4 années tandis que A.F. continue avec la tête dans les nuages!
En janvier A.F. a essayé de siphonner € 1.000.000.000 de la caisse de KLM pour compenser les pertes causées par la grève des pilotes irresponsables et maintenant on essaye, de nouveau, d'usurper le control de Transavia pour éviter les réformes nécessaires... Il paraît que A.F. n'a pas le courage ni le bon sens !
a écrit le 05/11/2015 à 0:21 :
LH a mis en place une politique avec Eurowings/Germanwings.... IAG la même, avec le rachat de Vueling... oui mais, chez AF, le SNPL veut nous expliquer que, face à la réussite des concurrents étrangers, l'échec de AF n'est dû QUE parce que les français sont des incompris, et qu'ils ont la solution en dépit du bon sens ...
a écrit le 04/11/2015 à 14:30 :
Étonnant dis... Que les Hollandais sont contre.
On nous fait rire ces grévistes de profession que sont les pilotes français .
Réponse de le 04/11/2015 à 20:15 :
Les Hollandais sont pragmatiques. Ils aiment les réformes concrètes qui permettent d'être plus efficace. Bref ils privilégient le fond sur la forme.
Les Français se focalisent toujours, dans tous les domaines, sur la forme. Penser de nouvelles organisations, architectures, de nouvelles instances de gouvernance...mais jamais rien de concret.
Réponse de le 06/11/2015 à 0:01 :
Jeff,

C'est triste ceque vous dites concernant AF, mais vous avez 100% raison !
a écrit le 04/11/2015 à 13:55 :
Sauf que je ne suis pas certain que Transavia soit vraiment une low cost :-) je viens par exemple d'acheter un billet ATH-CDG pour 160 euros avec une franchise bagage de 23 kg. Au retour, faute de choix, j'ai acheté un billet Transavia à 182 euros, mais pour 23 kg, il faut payer 34 euros de supplement et l'hôtel Kyriad d'Athis Mons coûte 85 euros au lieu de 55. Ben oui, avec un avion qui décolle à 6h50, vous n'avez guère le choix et les hôtels du coin le savent bien. En résumé, 182+34+30, on est bien loin du lost cost annoncé :-) Et faut-il savoir aussi que Transavia n'opère qu'en saison touristique. Je comprends parfaitemen l'aspect économique, mais ce qui m'irrite, c'est cette tendance à prendre les gens pour des billes en parlant de low cost :-) Okay, du point de vue service à bord, les hôtes et hôtesses ne peuvent être comparés à la bétaillère Ryanair.
Réponse de le 04/11/2015 à 23:17 :
Départ LYS-Héraklion le lundi 13 juin 2016, retour lundi 27 juin 2016 : 161€ l'aller retour !!! (hors bagages en soute) que demander de mieux ??
Perso, j'ai comparé d'autres destinations avec Transavia face à Easyjet.. . Transavia tient la comparaison en terme de tarif comme de service: après, j'attends que Transavia augmente son offre de destination depuis LYS... si Easyjet fait des destinations, Transavia peut remplir sur les mêmes destinations !!!
a écrit le 04/11/2015 à 13:38 :
Chassez le naturel....
cf tweet de la secrétaire générale du snpl...no coment

Nous ne pouvons laisser transavia siphonner les passagers d'AF #evain #AN @snplafalpa
Réponse de le 04/11/2015 à 15:23 :
Dans ce cas là, qu'il accepte de baisser les coûts....
Réponse de le 04/11/2015 à 23:26 :
Le SNPL préfère certainement que les clients air France soient siphonnés par Easyjet ou Ryanair, ou Vueling ou Eurowings ou Volotea... ben ouais, ils n'ont pas compris, au SNPL, que le marché est ouvert, que les clients ne sont pas des usagers, et que la concurrence est dure, et que mieux vaut pour le groupe AirFrance-KLM que le client passe d'une filiale à une autre plutôt que du groupe à un concurrent ! Non, messieurs-dames du SNPL, Transavia est un partenaire, pas un concurrent... ou alors, vous n'avez rien compris !!!
a écrit le 04/11/2015 à 11:50 :
Ryanair fait plus de 27% de marge sur 9 mois... Air France-KLM fait 158 millions de pertes sur la même période. Une petite éclaircie sur 3 mois n'y change rien...
Alors il faudrait que l'ensemble de la compagnie française se pose des questions...
Le temps de travail et les avantages sociaux (bref, la productivité) comparés,
La fiscalité et les charges sociales (ouvrir un Transavia Europe était-elle une solution ?)
Pour la direction, proposer (sans forcément interrompre le plan B tant qu'un plan de remplacement n'est pas acté) au personnel des perspectives de développement qui donne envie de faire des efforts...
Pour l'état français :
- revoir les taxes franco-françaises qui creusent la tombes des entreprises françaises, et négocier un statut de compagnie européenne qui imposerait à ces entreprises une fiscalité et un régime social unique : les compagnies qui n'adhéreraient pas à ces conditions (suivez mon regard du coté de l'Irlande) se verraient limiter les droits d'atterrissage... allez, messieurs-dames les ministres... on tape un peu du point sur la table ? Les anglais sont en train de demander des aménagements pour avoir un pied dedans et un pied en dehors selon leur intérêt... il faut au contraire plus d'intégration européenne sur la fiscalité et les systèmes sociaux...(je ne dit pas à quel niveau fixer le curseur, c'est aux états, syndicats et patrons européens de le négocier! Mais il faut un curseur qui soit identique pour tous !)
Réponse de le 05/12/2015 à 18:24 :
Vous avez raison. La crise actuelle du transport aérien français est la crise sociale européenne. Comment nos 577 députés ne protègent ils pas leurs travailleurs électeurs , c'est un mystère...trop nombreux peut été..?!
a écrit le 04/11/2015 à 11:10 :
Une des méthodes possibles, qui simplifierait la démarche de la direction Air France-KLM, serait de racheter une compagnie low-cost (il parait que AF avait envisagé WizzAir l'an dernier...).
Rachetée directement par la holding, cette Lowcost serait indépendante de KLM comme de AirFrance. Il ne restera plus à cette 3e filiale de reprendre les 2 Transavia !
Autre avantage pour le groupe : Transavia France comme Transavia Hollande deviendront filiale de la nouvelle compagnie dont la société sera basée ailleurs en Europe (comme aurait du l'être Transavia Europe!!)
WizzAir ferait sens, dans la mesure où son marché, c'est l'Europe de l'est et l'Europe centrale, en concurrence direct avec... Lufthansa !
Quelques partages de codes, et WizzAir vendrait des Varsovie-Paris-New-York !!
Une intégration de la maintenance des actuels quelques 50 appareils, chez Air France E&M ferait un bel apport d'activité vers cette filiale.
Pour moi, une telle oation serait un formidable accélérateur pour le développement de Transavia, et ce, sans que le SNPL ne puisse trouver à y redire !!
Réponse de le 04/11/2015 à 22:32 :
Pourquoi pas... à ce moment là, c'est un rachat de WizzAir qu'il faut réaliser, avec un paiement pour partie en cash, pour parti en nature avec l'apport de Transavia (on va dire pour 50% au moins !)..
Mais... WizzAir est-il à vendre ?

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