SNCF : la grève, une aubaine pour le covoiturage ?

Le côté récurrent de la grève peut inciter certains voyageurs à se tourner vers un mode de transport alternatif comme le covoiturage. Cependant, il n'est pas dit que cela modifie les habitudes des usagers sur le long terme.
Mounia Van de Casteele
Pour les trajets de courte distance, le covoiturage est souvent perçu comme une contrainte. C'est pour cela que certaines plateformes comme OuiHop misent sur le temps réel.
Pour les trajets de courte distance, le covoiturage est souvent perçu comme une contrainte. C'est pour cela que certaines plateformes comme OuiHop misent sur le temps réel. (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)

Et si le mouvement de grève reconductible de la SNCF était l'occasion pour les voyageurs d'envisager l'alternative du covoiturage à plus long terme ?

La question se pose en effet, puisque lors des précédentes perturbations dans les transports, Blablacar, leader du covoiturage longue distance, attestait d'une hausse de fréquentation sur son site. Ainsi, pendant la semaine du 9 mars, date de la première mobilisation contre la loi Travail, l'entreprise de Frédéric Mazzella avait connu une augmentation d'activité globale de 20% par rapport à une semaine classique. Sans parler de la grève de juin 2014, qui avait permis à la plateforme de revendiquer un pic historique de 120%.

Un phénomène de très court terme

Sans toutefois donner de chiffres, du côté d'IDVRoom, on confirme que toute perturbation de l'offre de transport entraîne une augmentation des modes de déplacement alternatifs, parmi lesquels, le covoiturage.

Lire aussi : la grève coûte beaucoup plus à l'économie française qu'à la SNCF

Côté chiffres, justement, Sylvanie Godillon, du bureau de recherche spécialisé sur la mobilité et l'urbanisme 6-t, analyse:

"Toute perturbation, qu'il s'agisse d'une hausse du prix du carburant ou d'une grève, a un impact positif sur le covoiturage de longue distance. Cela peut également entraîner une organisation informelle entre collègues, voire pousser certaines entreprises à favoriser des solutions de covoiturage domicile-travail, telles que le propose la plateforme WayzUp".

D'ailleurs cette fois-ci, le fait que la grève soit annoncée comme reconductible, va favoriser l'usage d'un mode alternatif, alors que les voyageurs auraient peut-être plutôt posé une journée de RTT en cas de mouvement ponctuel.

Des habitudes bien (trop ?) ancrées

Cela dit, les chances de modifier durablement les habitudes des salariés pour les trajets domicile-travail sont minimes, selon Sylvanie Godillon. L'experte explique en effet que le train restera la solution préférée des usagers du ferroviaire, notamment professionnels, compte-tenu du confort -- la possibilité de travailler, de lire ou dormir -- et de la fiabilité en matière de ponctualité qu'il représente, les covoitureurs restant en effet tributaires de la circulation et donc des éventuels bouchons. C'est d'ailleurs ce que démontrait une récente étude conduite par le cabinet 6-t. Et de toute façon, au-delà de 400 kilomètres, les passagers attestent d'une préférence incontestable pour le train.

Reste que sur les petits trajets, le covoiturage est souvent perçu comme une contrainte. Aussi automobilistes et usagers des transports en commun hésitent-ils à sauter le pas malgré l'offre pléthorique dans ce domaine. Certaines, à l'instar de Sharette n'ont d'ailleurs pas survécu, faute d'avoir atteint la primordiale masse critique. Cependant, d'autres semblent avoir trouvé un modèle efficient, basé sur le temps réel, afin d'optimiser les chances de séduire conducteurs et passagers, à l'instar de OuiHop.

Mounia Van de Casteele

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Commentaires 8
à écrit le 18/05/2016 à 15:34
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J'ai fait ma BA ce matin en allant bosser : j'ai croisé un couple de petits jeunes qui couraient derrière leur bus qui s'éloignait. Me souvenant de l'épique époque où je me baladais essentiellement en stop, je les ai pris en charge. Ils allaient à l...

à écrit le 18/05/2016 à 15:11
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Photo de l'embouteillage prise du côté de Moscou ?

à écrit le 18/05/2016 à 10:57
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On peut rappeler que quelle que soit la formule de covoiturage adoptée, il est préférable que l’automobiliste le déclare à son assureur. Ce dernier peut ainsi apprécier les risques garantis et attirer l’attention de l’assuré sur certains points, nota...

le 18/05/2016 à 15:57
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En passant par blablacar (et j'imagine par d'autres plateformes créées pour le covoiturage), il n'y a pas de problème d'assurance (cf conditions d'utilisation). L'assureur pour blablacar est Axa, la couverture est au dessus de la couverture du conduc...

le 18/05/2016 à 16:53
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@lachose: réflexion fort à propos. Perosnnellement, je ne crois pas au communisme sous quelque forme que ce soit parce que chacun a et défend ses propres intérêts. Cette histoire de covoiturage est donc, à mon humble avis, contre argent sonnant et tr...

à écrit le 18/05/2016 à 7:26
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Il faut crever l'abcès une bonne foi pour toute et montrer que la puissance publique ne baissera pas le froc devant les grèves quel que soit son coût, faire sauter ce statut de gens paresseux, en bref, rétablir le mot égalité pour tous les salariés s...

le 18/05/2016 à 8:24
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tout à fait raison des cheminots avec 6h de conduite détenant le record mondial des grèves plus pour profiter de journée de paresse. Une gestion calamiteuse des finances et ressources humaines de la sncf accéléré par l'incompétence de Pepy le dg de l...

le 18/05/2016 à 16:31
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Rappel moi ton métier, Georges ?

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