La LGV Tours-Bordeaux : "Le plus grand chantier de génie civil en Europe" (Hollande)

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Lisea espère transporter 20 millions de voyageurs par an, soit une augmentation de 20% du trafic sur l'axe Paris-Bordeaux.
Lisea espère transporter 20 millions de voyageurs par an, soit une augmentation de 20% du trafic sur l'axe Paris-Bordeaux. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Le chef de l'Etat a inauguré lundi la voie ferrée de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, qui reliera la capitale de l'Aquitaine à Paris en deux heures, au lieu de trois, début juillet.

L'inauguration des infrastructures de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux par François Hollande a pris une tournure inattendue mardi. Sous un soleil frais et humide, la cérémonie organisée sous un chapiteau dressé sur la base de Villognon près d'Angoulême (Charente) a en effet été perturbée par le tir accidentel d'un gendarme, qui a blessé deux personnes en marge de la cérémonie. Le préfet de la région, Pierre N'Gahane, a précisé sur place à la presse que "les jours des deux blessés n'étaient pas en danger" et que "le procureur de la République avait été saisi et une enquête ouverte". Une enquête administrative a également été ouverte.

Le chef de l'Etat, qui est allé rencontrer les blessés après la cérémonie, a interrompu son discours quelques instants, très calme, sans que ses gardes du corps n'interviennent. Avant de poursuivre, tandis que les blessés étaient pris en charge:

"Agen, Dax, Bayonne, Mont de Marsan (...) toutes ces villes bénéficieront de gains de temps (...) par rapport à ce qui existe aujourd'hui", a rappelé François Hollande, évoquant les gains de temps de cette LGV qui va permettre de rapprocher les territoires.

"Beaucoup, dans ces territoires, peuvent parfois exprimer un sentiment d'abandon, d'oubli, en pensant qu'il n'y en a que pour les métropoles, les grandes villes, que les territoires ruraux seraient laissés à eux-mêmes."

Pour rappel, les travaux de cette ligne "Sud Europe Atlantique" ont démarré en 2012 et se sont achevés l'an dernier. Paris sera ainsi à seulement 2h04 de Bordeaux, au lieu d'un peu plus de trois heures aujourd'hui. Deux autres lignes à grande vitesse seront également inaugurées cette année: Bretagne-Pays de la Loire, jusqu'à Rennes, ouvrira début juillet, et le contournement de Nîmes et Montpellier, fin 2017.

"C'est un événement exceptionnel. Cela n'arrive pas si souvent à l'horizon d'un siècle. Il n'y a que des superlatifs qui viennent à l'esprit : c'est le plus grand chantier de génie civil en Europe", a déclaré François Hollande. Et de préciser, non sans un brin d'humour:

"Ce chantier aura duré 5 ans. Un quinquennat, c'est court, même si ça peut sembler trop long pour certains... Je parle de la ligne à grande vitesse."

17.000 emplois et 9 milliards d'euros investis

Au total, "ce projet a généré 17.000 emplois directs, indirects ou induits à l'échelle du pays", a encore précisé le chef de l'Etat avant d'évoquer le financement de ce titanesque chantier. Son coût : quelque 9 milliards d'euros - 7,8 milliards pour la ligne et 1,2 milliard pour les aménagements - financés par SNCF Réseau à hauteur de 2,2 milliards, par l'Etat, les collectivités locales et l'Union européenne à hauteur de 3 milliards, ainsi que par Lisea, concessionnaire de la ligne, pour le reste.

Précisons en outre que toute l'originalité de cette nouvelle ligne du réseau ferroviaire français réside dans sa construction et son exploitation, qui ont été concédées sur 50 ans à un consortium, Lisea, associant des investisseurs privés et publics (le géant du BTP Vinci (33,4%), la Caisse des Dépôts (25,4%), les fonds d'investissement Meridiam (22%) et Ardian (19,2%)). Une première en France.

Conformément au montage décidé il y a dix ans, les opérateurs ferroviaires verseront ainsi environ 250 millions d'euros de péages chaque année à Lisea pour la circulation des trains (7.000 euros par train en moyenne). Des péages qui sont versés à SNCF Réseau (ex-RFF) Sur les autres lignes.

Lisea espère transporter 20 millions de voyageurs par an, soit une augmentation de 20% du trafic sur l'axe Paris-Bordeaux. "Je suis confiant du succès commercial de la ligne", a commenté Laurent Cavrois, le président de Lisea."Cela se jugera sur le temps: 10, 20, 30 ans. Aujourd'hui la ligne Paris-Lyon est saturée", alors qu'à son lancement, on ne s'y attendait pas forcément, explique-t-il. "La rentabilité se fait sur du très long terme".

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Commentaires
a écrit le 01/03/2017 à 17:15 :
La France a construit 300 km de ligne TGV, un record??? Extraordinaire!!!!
Pendant ce temps, les chinois ont construit 20'000 km de ligne TGV et en plus presque la totalité sur des ponts ou tunnels contrairement à la France qui construit au niveau du sol. Les chinois respectent en plus les budgets ce que les français n'arrivent pas ni à la tête de l'état ni pour les lignes TGV.
Dans les 10 ans à venir ils vont encore construire 20'000 km de plus.
Visiblement ce petit homme se contente de peu....
a écrit le 01/03/2017 à 16:11 :
Le plus grand, si on oublie le tunnel de Saint Gothard, ou le tunnel sous la manche...
a écrit le 01/03/2017 à 15:31 :
"Paris sera ainsi à seulement 2h04 de Bordeaux"

Ca va aller plus vite que de se taper, Evry ,Marne la vallée !

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