Notre-Dame-des-Landes : le milliard de la discorde entre Vinci et l'Etat

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(Crédits : Stephane Mahe)
Deux ans après la décision de l'État d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les discussions entre l'Etat et le groupe Vinci sur le montant des indemnisations du groupe de BTP et de concessions sont au point mort. En cause notamment, le montant de l'indemnisation avancé par Vinci, de l'ordre d'un milliard d'euros selon des sources au sein de l'Etat.

Article mis à jour le 25 janvier à 15h00

Un milliard d'euros. C'est, selon des proches du dossier au sein de l'Etat, l'ordre de grandeur de l'indemnisation qu'avance le groupe Vinci pour la résiliation par l'État du contrat de concession des aéroports de Nantes-Atlantique, de Saint-Nazaire-Montoir et de feu Notre-Dame-des-Landes à la suite de l'abandon de la construction de ce dernier il y a deux ans. Signé fin 2010 par l'État et le groupe Vinci, ce contrat entré en vigueur en 2011 accordait au groupe de BTP une concession de 55 ans pour la gestion de ces aéroports, sachant que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes devait, une fois construit, remplacer celui de Nantes-Atlantique. Interrogés par La Tribune, Vinci, AGO (la société détenue à 85% par Vinci en charge des aéroports du Grand Ouest), le secrétariat aux transports et la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) n'ont souhaité commenter ce montant d'un milliard d'euros qu'avait d'ailleurs révélé nos confrères de Ouest France en avril.

L'exemple d'Istanbul

Selon nos sources, ce chiffre prend en compte les dépenses déjà engagées par Vinci dans le cadre du contrat (c'est-à-dire l'ensemble des démarches préparatoires au projet de Notre-Dame-des-Landes, les différentes études réalisées, les travaux préliminaires), le produit de l'exploitation de Nantes-Atlantique et de Saint-Nazaire-Montoir (qui correspond aux bénéfices réalisés depuis dix ans et à l'augmentation de la valeur des actifs au cours de cette période), et le manque à gagner pour l'exploitation future qui n'aura pas lieu, puisque la concession s'achèvera en 2022 quand un nouveau concessionnaire, sélectionné par appel d'offres, prendra le relais pour la gestion de Nantes-Atlantique et Saint-Nazaire-Montoir. Soit 44 ans avant la fin de la concession prévue dans le contrat. D'où ce chiffre exorbitant d'un milliard d'euros.

Aussi élevé soit-il, ce montant colle peu ou prou avec l'indemnité obtenue en Turquie par TAV, une filiale d'ADP, pour le transfert d'activité en avril dernier de l'aéroport Atatürk d'Istanbul vers un nouvel aéroport, 21 mois avant la fin de la concession. Pour ces 21 mois seulement de manque à gagner, TAV a été indemnisée par l'Etat turc à hauteur de 389 millions d'euros. Ramenée à la taille de Nantes Atlantique (qui accueille 10 fois moins de passagers qu'Atatürk) et à la durée restante de la concession de Vinci (44 ans), l'indemnité obtenue par TAV en Turquie équivaut bien à un milliard d'euros environ.

Certes, comme on le fait remarquer au sein de l'Etat, les deux cas sont différents et la comparaison n'est pas bonne. Néanmoins, dans les deux cas, il s'agit d'un manque à gagner pour un contrat qui n'a pas été exécuté comme il le devait l'être.

En tout cas, ce  montant d'un milliard d'euros dépasse largement les estimations des auteurs du rapport gouvernemental sur Notre-Dame-des-Landes en 2017, lesquels évoquaient un montant maximal de 350 millions d'euros. Un chiffre d'ailleurs considéré fin 2018 par le Conseil d'État comme « déraisonnable », au motif que Vinci n'avait en tout investi dans le projet d'aéroport du Grand Ouest « que 9 millions d'euros entre 2011 et 2018 », soit un taux de rentabilité interne de 65% à 73% sur sept ans alors que la modélisation financière présentée dans le contrat de concession prévoyait 13,42%.

Du côté de l'Etat, on s'étrangle.

« Il faut que Vinci retire quelques zéros », s'agace un proche du dossier.

L'an dernier, Élisabeth Borne, aujourd'hui ministre de la transition écologique, avait indiqué que l'État tablait sur une indemnisation de quelques dizaines de millions d'euros.

Le dossier est au point mort

En attendant, le dossier n'avance pas. Selon Vinci, les discussions n'ont pas commencé. Et le géant du BTP et des concessions s'impatiente.

« Il faut sortir de cette situation où nous ne discutons pas. Nous demandons régulièrement l'ouverture des discussions. Mais il faut être deux pour discuter », expliquait Xavier Huillard le 14 janvier en aparté de la présentation de ses voeux à la presse.

Vinci a proposé en août la mise en place d'une procédure de conciliation prévue dans le contrat de concession. Face au mutisme des pouvoirs publics, la demande a été réitérée cet automne. Mais reste toujours sans réponse.

« Nous avons fait part de manière constante à l'État de notre souhait que puissent être tirées de manière concertée les conséquences indemnitaires de cette résiliation, c'est comme cela que ça se passe un peu partout dans le monde lorsque concédant et concessionnaire se séparent prématurément. Nous, nous sommes dans une posture de dialogue. L'État a décidé de l'abandon du projet Notre-Dame-des-Landes, de la résiliation du contrat de concession, maintenant, il faut qu'une discussion entre les parties s'engage. Je ne doute pas qu'elle va se tenir. Ce à quoi nous voulons arriver, c'est vraiment à une solution concertée. C'est dans l'intérêt de tous », a déclaré  à La Tribune Valérie Vesque-Jeancard, présidente de la société en charge de Notre-Dame-des-Landes (AGO) et directrice déléguée France et Amériques de Vinci Airports.

Et d'ajouter :

« Nous avons été exemplaires dans l'exécution de notre mission depuis 10 ans, aussi bien à Nantes-Atlantique qu'à Saint-Nazaire-Montoir. Le trafic a atteint 7,2 millions de passagers en 2019, contre 3 millions lorsque l'on a repris l'aéroport. Nous avons pu faire venir beaucoup de compagnies aériennes qui nous ont fait confiance pour servir les besoins de mobilité des habitants et les entreprises, pour soutenir l'attractivité du territoire. Nous sommes très investis, et en dépit des décisions prises, qui mettent un terme anticipé à notre contrat de concession, nous sommes toujours aussi dynamiques et engagés pour le développement du territoire. »

Recours déposé

En attendant, selon Ouest France dans son édition du 13 janvier, le préfet des Pays de la Loire, Claude d'Harcourt, déclarait que AGO avait déposé un recours devant le tribunal administratif de Nantes "pour que les conséquences indemnitaires inscrites dans le contrat soeint respectées". Dans la foulée de l'abandon de Notre-Dame-des-Landes, Xavier Huillard avait indiqué que contrat était « béton ».

Vinci souhaiterait régler cette situation avant fin 2021 et le début de la nouvelle concession. Mais le calendrier de Vinci n'est pas forcément celui de l'Etat.

« Les avocats épluchent le dossier. Si Vinci veut aller plus vite, qu'ils enlèvent quelques zéros à ce milliard », insiste-t-on du côté des autorités.

Il est évident que l'État veut limiter au maximum la facture pour, d'une part, ne pas reproduire le scénario catastrophique du retrait des portiques de l'écotaxe en 2015 qui lui avait coûté près d'un milliard d'euros et, d'autre part, se voir reprocher d'avoir trop donné à un groupe souvent accusé d'avoir obtenu de belles affaires de l'Etat, comme les autoroutes. Pour autant, l'Etat doit aussi se soucier « du respect de sa  signature », fait valoir un observateur.

Lire aussi : Abandon de Notre-Dame-des-Landes : le plus dur commence

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Commentaires
a écrit le 27/01/2020 à 16:42 :
1ere remarque..... il faudrait qu un jour l état se dote de juristes en béton capabables de rivaliser avec les équipes des multinationale

2: facile de comprendre que Vinci joue les angelots.....et mette la pression sur l état qui ne sait trop que faire...... en visant en premier lieu ADP.....

3; sans faire du macron basching..... a chque fois que macron met son nez dans les affaires c 'est une catastrophe de plus annoncée... soit pour les affaires en question soit pour les finances publiques....

dernier épisode...... la réforme des retraites.......la facture grimpe tous les jours sans être certain que le système sera, à terme.... (30 à 40 ans...) ne sera pas obsolète avant d avoir vraiment fonctionné

ça pose quand même question et le conseil d état a eu raison de dire... alerte rouge....

sur ce sujet d ailleurs, tous les fonctionnaires de catégories C, sans bcp de prime, au même titre que les enseignants, ne se sont pas encore réveillés...... c 'est assez étonnant....car proportionnellement, ils perdront autant que les enseignants sans revalorisation salariale
a écrit le 26/01/2020 à 18:29 :
Le 14 avril dernier, la ministre des Transports E.Borne au micro de France 3 avait évoqué
un montant d'indemnités de quelques dizaines de millions, tandis que Vinci avait parlé de
quelques centaines de millions, loin donc du milliard à ce stade. La négociation sera peut être influencée par le résultat fin mars du référendum organisé contre la privatisation d'ADP, et dont on entend très peu parler curieusement ...
a écrit le 26/01/2020 à 12:47 :
55 ans de concession avec un profit annuel de 18 millions d'euros, ça fait bien un milliard à verser pour être quitte, sans préjudice pour l'entreprise de BTP (leader mondial, cocorico).
Ça donne le tournis.
a écrit le 26/01/2020 à 8:23 :
Chirac-Villepin a bradé à Vinci, les Autoroutes, pour l'éternité : contrat de dupe.
Les tarifs abusifs-ruineux nous contraignent aux nationales.

Ils vont avoir les ADP si Juteux : prélèvements sur boutiques
l'Etat Cigale en dilapidera de suite en Dépenses ! le produit,
comme toutes les privatisations.
Réponse de le 26/01/2020 à 14:37 :
La privatisation récente du Loto a déjà été Dilapidée en dépenses.

LES POUVOIRS N ONT PAS LE MOINDRE RESPECT POUR L ARGENT PUBLIC
MAIS IMPOSENT QUE IMPOTS ET TAXES SOIENT RESPECTES
LOGIQUE ?
Réponse de le 26/01/2020 à 19:45 :
Les concessions d'autoroute ont une fin (mais qui recule à chaque demande qui doit être compensée (hausse et/ou prolongation), ce qui provoque l'ire de Bruxelles, prolonger sans appel d'offre c'est pas normal), à la date prévue, ça reviendra à l'Etat qui devra trouver un nouveau gestionnaire, pas capable de faire ça lui-même (et c'est pas son métier). Elles ne sont pas propriétaire, les entreprises concessionnaires mais vouloir leur raccourcir le contrat, ça exigera des compensations, musclées.
a écrit le 26/01/2020 à 2:46 :
Face au risque de forte pénalité encouru par l"État il est nécessaire de rappeler que tout découle d'une escroquerie intellectuelle des 3 médiateurs de N.Hulot conduisant à abandonner le projet de Notre-Dame-des Landes à partir d'une prévision de croissance de trafic invraisemblable ( 1,12 %/an) puisqu'elle conduisait à 5,5 M fin 2019, soit une énorme différence de 1,7 M de passagers avec la réalité de 7,2 M de passagers rappelée par Vinci. La croissance de 16,7 % en 2019 et non seulement plus de 10 fois supérieure à celle qui a conduit à la rupture du contrat et dont peu d'experts à l'époque avait relevé l'inanité.
Aujourd'hui l'aéroport est saturé de toutes parts. Aucune solution dans l'immédiat. A moyen terme des projets refusés par les riverains.
Est-il pertinent de penser qu'en coulisse trois facteurs, l'indemnisation, les travaux considérables à envisager ...et la vente d'ADP vont faire l'objet d'un deal global qui ne pourra jamais être reconnu par deux parties ?
a écrit le 25/01/2020 à 11:22 :
ça ne coûte rien de demander, c'est sûr.
que Vinci plaide s'il estime que ça en vaut la peine : on verra bien ce que décideront les juges.
Mais, tout ça, c'est vraisemblablement une cabale politico-médiatique de plus contre le gouvernement. Bref : un ènième pseudo scandale foireux bien pratique pour remplir les colonnes des journaux entre les espaces publicitaires.
Et si Vinci ne veut plus gérer l'actuel aéroport de Nantes, qu'il le fasse vraiment savoir : d'autres peuvent s'en charger.
a écrit le 25/01/2020 à 10:05 :
Il serait plus correct de dire que cette demande s'adresse aux Français, qu'en pense le Général Cambronne ? ... Hélas, lorsque l’État est faible....
a écrit le 25/01/2020 à 8:54 :
1 milliard d'euro pour Vinci... Pour respecter sa signature...
Il ne faut pas oublier d'autres postes :
- 2 milliards pour insonoriser les habitations que le prochain concessionnaire ne voudra pas payer
- 1 milliard pour payer la décote immobilière
- plusieurs milliards pour maintenir les aéroports de Rennes, Angers, Lorient et St-Brieuc
- 1 à 2 milliards pour rafistoler l'ancien
La facture va s'annoncer exorbitant. Et en plus, les riverains pourront porter plainte contre Macron pour homicide et tentative d'homicide sur personnes fragiles en bande organisée. Sans oublier la boîte de Pandore dont craignent tous les politiciens de l'Ouest... Bref un foutoir digne d'une dictature...
Réponse de le 25/01/2020 à 13:25 :
Le foutoir c'est Macron ou les Hippies de Notre Dame des landes, Ecologistes, Gilets Jaunes ?
Réponse de le 25/01/2020 à 20:37 :
Vous pouvez enlever Lorient de la liste. C'est un aéroport militaire aéronaval (Lann BIhoué) qui a signé une concession de service public.
a écrit le 25/01/2020 à 7:13 :
Et oui, pour éviter ces monstrueuses gabegies financières, la seule solution serait de faire payer les décideurs, élus et hauts fonctionnaires, sur leurs deniers personnels.
Qu'il s'agisse de ceux qui sont allé un peu vite en besogne en signant le contrat (sans trop se préoccuper de la force des volontés contre), ou ceux qui ont pris la décision de ne pas l'exécuter (en se couchant devant quelques contestataires bruyants).
Pour une fois, pour l'exemple. Et à y réfléchir, à chaque fois qu'un responsable engage un peu légèrement l'argent des autres, ici les deniers publics.
Réponse de le 25/01/2020 à 9:08 :
A ce niveau de gabegie, les deniers personnels des décideurs n'y suffiraient pas.
Et d'ailleurs, pas simple de définir vraiment les responsabilités.
Dans le cas d'espèce qui est responsable ? Ceux qui ont décidé la construction de l'aéroport (alors que cette décision elle-même résulte d'une autre plus ancienne de ne pas construire le 3è aéroport francilien et de développer plutôt les plate-formes régionales dont NDDL, c'est ça qui a relancé ce projet déjà ancien) ? Les électeurs de Loire-Atlantique qui par référendum ont validé le projet ? L'actuel exécutif qui a décidé de cet abandon alors que tous les recours avaient été purgés ? L'exécutif précédent qui sous le quinquennat Hollande ont laissé la ZAD s'enkyster et le dossier s'enliser ? Ce dossier, c'est quand même le pompon : non seulement ça risque de coûter un bras mais en plus la question du trafic aérien sur Nantes n'est absolument pas résolue... et lui céder ça, n'a pas retenu Mr Hulot. Pour moi les vrais responsables du fiasco c'est les zadistes et ceux qui ont eu peur de les déloger avec les moyens appropriés.
On pourrait se poser la même question pour d'autres gabegies du même ordre :
Ecomouv, qui est responsable ? Les acteurs du Grenelle de l'environnement (dont les lobbies environnementaux) qui avaient dégagé un consensus autour de l'écotaxe, les parlementaires qui l'ont votée à l'unanimité, l'exécutif qui a mis en place et signé le contrat Ecomouv (dont la légalité a été vérifiée et est apparue comme ne faisant aucun doute), l'exécutif (et en particulier la ministre Ségolène Royal) ?
Le vaccin de la grippe A , qui est responsable ? La ministre de la santé de l'époque, Roselyne Bachelot, et l'exécutif auquel elle appartenait, qui ont appliqué à l'excès le principe de précaution (le gouvernement polonais de l'époque avait fat le choix, qui s'est avéré a posteriori judicieux, de ne pas vacciner) ? Mais qu'aurait-on dit, en France ou en Pologne, si le virus avait fait les ravages annoncés et avaient causé 200000 morts comme lors de la pandémie de grippe espagnole ? Idem pour les stocks considérables de Tamiflu qu'avait constitué le gouvernement De Villepin pour faire face au H5N1 et qui finalement ont dû être détruits. Je n'ai jamais entendu personne protester contre la constitution de ces stocks, ni de Tamiflu, ni de vaccins.
Alors oui, par populisme on peut vouloir faire payer les responsables, encore faut-il être capable de déterminer VRAIMENT les responsabilités.
a écrit le 25/01/2020 à 4:36 :
On est toujours dans des situations où l'état vit avec "l'argent des autres"...c'est le principe du socialisme ... c'est le vrai problème de la France .... est ce qu'un jour nos grand commis de l'état vont réagir à ces situations ? ..... Ces gens là sont responsables de rien , bien au contraire ils retrouvent vite une situation rentable financièrement. ...Aucune sanction ....nous avons encore de belles démonstrations en ce moment ....retraites réforme....Le 80 kmh ....mais rassurez vous il y en aura d'autres ....
A la tête d'une PME ....en 3 mois ....on se retrouve en liquidation judiciaire.....
Il y aura certainement une fin .......
a écrit le 24/01/2020 à 15:31 :
Une fois de plus cette ste qui vit bien grassement de la cde publique de l'état où des collectivités publiques avec une mise en concurrence de façade ( a t on connaissance d'un parking public ou d'une autoroute gérée par un concurrent européen ??) veut se faire renflouer à bon cpte par le contribuable...
Atatürk est un aéroport international, hub de Turkish Airlines et assuré d'une certaine croissance, porte d'entrée de l'Asie du Sud en plein développement et bien au delà.
Nantes restera au mieux un aéroport régional avec une incertitude croissante sur l'avenir des liaisons court et moyen courrier qui vont être de plus en plus et de mieux en mieux en concurrence frontale avec le rail et dc avec certainement des projections de trafic bien surévaluées à l'époque pour faire avaler le projet heureusement abandonné de NDL.
Réponse de le 27/01/2020 à 9:49 :
Pour information: Vinci ne possède plus aucun parling (les vincipark sont devenu IndiGo (caisse des dépots (l'état donc) et crédit agricole)

Pour ce qui est de la concurrence en france elle existe il y a eiffage (APRR société française) et Cofiroute (espagnol).

Et dite vous bien que si vinci investi massivement dans les aéroport partout dans le monde c'est pour préparer la sortie des concession autoroutière d'ici 15 ans maximum.
a écrit le 24/01/2020 à 14:14 :
Hé oui, une simple société se permet de faire la loi dans notre pays, notre maître à penser De Gaulle, au lieu de temporiser aurait dit: Vinci va trop loin, nous ne sommes plus les maîtres dans notre pays, on nationalise!
(justement on peut emprunter avec des taux négatifs).
Et on rend les autoroutes aux régions ça leur fera une rentrée régulière.
Réponse de le 24/01/2020 à 15:04 :
le Code civil : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ».
L'état a signé, donc le contrat fait office de loi. Personne ne pouvait imposer à ´'état de signer la concession, mais une fois faite il y est tenu. Par contre le fait que l'état signe des contrats permettant à des société de récupérer au prorata du manque à gagner et non des montants engagés non récupérés sur l'exploitation pose de grosses questions.
Mais c'est du coté de l'état pas de Vinci. Comment peut-on signer des contrats permettant de récupérer des centaines de milions d'euros en cas de dédit, sans que l'assemblée nationnale qui est normalement maitresse en terme de budget, n'ai son mot à dire. L'état francais révéle de plus en plus de faiblesses criante indépendement de leur éventuelle légalité. Les objectifs d'un état sont des moins en moins atteints.
Réponse de le 24/01/2020 à 15:45 :
Au lieu de taper sur celui qui a vu son contrat cassé, dites merci à ceux qui ont abouti à l'abandon de NDDL. Et une pensée pour les riverains de Nantes. Merci qui...
Réponse de le 26/01/2020 à 17:49 :
"une simple société se permet de faire la loi dans notre pays"
Ben, si l'état pense pouvoir mieux faire, qu'il exploite directement les aéroports et y fasse les investissements nécessaires.
a écrit le 24/01/2020 à 13:47 :
Vinci peut toujours porter l'affaire devant les tribunaux.... Qu'il n'oublie tout de même pas que sont activité est très dépendante des pouvoirs publics qui pourraient oublier de lui passer des marchés pendant de très nombreuses années.

Demander 1 Mds € pour quelque chose qui n'a pas été construit et pour lequel on n'a dépensé en tout et pour tout 9 M€ c'est à la limite de la malhonnêteté.
Réponse de le 24/01/2020 à 14:15 :
Dites-vous la même chose des 400 ME touchés par ADP en Turquie pour 20 mois? Je suppose que l'Etat actionnaire d'ADP a trouvé normal de voir TAV être indemnisé pour la rupture du contrat.
a écrit le 24/01/2020 à 13:22 :
La signature de l'etat patin coufin...
J'ai failli m'etrangler de rire.
La credibilite d'un politique ne vaut rien.
La note sera reglee par les impots.
Les francais connaissent la partition desormais.
Mais un sursaut est tjrs possible avec ces gaulois.....
a écrit le 24/01/2020 à 13:05 :
Quand on signe un contrat , surtout sur un tel objet et un tel montant , toutes les clauses
notamment celles de l'indemnisation en cas de rupture sont négociées par une multitude d'avocats spécialisés..donc très précises , avec justificatifs ..cf clauses de garanties d'actif et de passif pour les cessions d'actions . Il est très curieux de ne pas connaitre le montant des indemnités ...à moins qu'entre anciens Enarques !!!
a écrit le 24/01/2020 à 10:56 :
Toutes ces bêtises pour acheter les voix de Mr HULOT ,,,,,,??? quand on regarde la realite les riverains ROISSY n'en peuvent plus avec la nouvelle extension de meme A Nantes . de meme quand on voit La grande Christine à la BCE parler d'écologie plutôt que de faire son boulot de BANQUIER !!
Réponse de le 24/01/2020 à 20:37 :
Enfin... LA voix de M. Hulot... qui a quand même quitté le navire. Bref, un fiasco total qui va coûter beaucoup sans résoudre le problème de base, le manque d'un aéroport capable d'absorber l'inexorable hausse du trafic aérien (encore plus rapide que prévu) à Nantes.
Réponse de le 25/01/2020 à 17:13 :
Ouais! On va voir ce que ça va donner " l'inexorable hausse du trafic aérien" court et moyen courrier sur Nantes, une fois la SNCF mise en ordre de bataille face à la concurrence sur son métier et une amélioration fortement espérée de son service à prix compétitif sans oublier l'aversion montante des consommateurs pour des transports très polluants.
Un tel investissement de plusieurs centaines de millions engage l'état ou les collectivités locales pour des décennies, cad nous et nos enfants.
Une boîte privée comme Vinci ayant une activité internationale non négligeable doit être capable d'anticiper de tels risques sachant que la concernant, de tels défauts plutôt rares de l'état français ne l'ont pas trop pénalisé ds le passé. Ou alors, il faut qu'elle change de métier.
Réponse de le 26/01/2020 à 21:55 :
@ mr bruno_bd,
contrairement aux autres régions les pays de la Loire, patrie de l'aviatin françaises possèdent en plus d'aérodromes militaires beaucoup d'aérodromes bien situés facile à étendre si besoin est : la roche sur yon, angers Marcé (il y a une ligne réguliere angers tunis) le Mans; on peut y rajouter Rennes,
Pourquoi se crisper sur Nantes qui n'est pas au centre de la région au plus grand mépris des usagers, à moins que l'usager soie la ème roue du carrosse!
Aussi idiot que Roissy plus proche du pole nord que du reste de la France.
Perso de la Sarthe je part sur Orly, Nantes c'est 1h de plus si ça passe, ça serait Angers Marcé j'irais à Angers.
a écrit le 24/01/2020 à 10:44 :
L'Etat,..L'Etat,...mais ces catastrophes ont des noms : Les portiques de l'Ecotaxe s'appellent...Ségolène Royal et les Zadistes de NDDL s'appellent ...Nicolas Hulot !
a écrit le 24/01/2020 à 9:45 :
Les décisions à l'emporte pièce de l'administration parisienne de l'Etat coûte très cher aux français. Ici ce n'est qu'une goute d'eau par rapport au coût des réformes iniques et centralisatrices en cours.
a écrit le 24/01/2020 à 9:23 :
Vinci réclame 1 milliard, alors qu'il vole les automobilistes qui empruntent leurs autoroutes, grâce à des contrats cadeaux ?
Ils ont joué, perdu, ils assument !
Trop facile de faire payer le contribuable selon le principe de la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes. Néolibéral? Quand ça bien, merci!
Réponse de le 24/01/2020 à 11:04 :
Un contrat n'est pas un chiffon de papier sans importance que l'une des parties peut déchirer comme ça. Alors que tous les recours contre la construction de NDDL étaient purgés, l'état a pris la décision politique de l'abandonner, qu'il en assume les conséquences, soit en indemnisant Vinci, soit en négociant avec Vinci, par exemple en lui accordant à nouveau la concession de Nantes Atlantique et Saint Nazaire Montoir et l'attribution d'ADP à sa privatisation. Mais de toutes façons, comme les travaux de mise à niveau de Nantes Atlantique ne seront pas subventionnés par les collectivités qu'en plus il faudra indemniser pour les rachats des terrains expropriés, la décision de l'abandon de NDDL, consternante d'amateurisme d'autant plus qu'elle ne résout rien (ni le retour à l'état de droit de l'ex ZAD d'où les occupants illégaux ne sont pas partis ni la question de l'augmentation du trafic aérien de et vers Nantes) , va largement, en termes de gaspillage d'argent public, dépasser Ecomouv (Hollande) et le vaccin de la grippe A (Sarkozy) . 1 milliard, ça fait cher pour libérer une départementale...
Réponse de le 24/01/2020 à 11:08 :
Ne vous faites pas de mauvais sang pour Vinci.
C’est du billard à trois bandes.
Vinci réclame 1 milliard pour NDDL. L’accord se fera en bradant très largement Aéroport de Paris à Vinci et en leur donnant deux ou trois centaines de millions pour NDDL. Le milliard demandé n’est qu’un instrument de chantage.
Ensuite, le gouvernement ira parader à la télévision déclarant qu’il a résisté au milliard de Vinci.
Et les cocus dans tout cela ? Ce seront quelques dizaines de millions de contribuables français.
Réponse de le 24/01/2020 à 16:37 :
Contrats cadeau si on veut mais aussi vache à lait. L'Etat demande des travaux gratuits moyennant la récupération des frais sur les péages, pour ça que ça augmente souvent plus que ça ne devrait, dont une fois un accord secret d'étaler sur 5 années pour pas que ça soit trop fort d'un coup, additionné avec d'autres trucs (quand c'est gratuit ça incite à en demander beaucoup, du moins sans limite)).
Ça n'en finit pas d'arriver mais en Allemagne, on va finir par payer (selon la durée, le type de moteur) de façon dématérialisée (vs la plaque d'immatriculation), nombreux travaux sur les autoroutes, fini le béton historique.
Réponse de le 25/01/2020 à 17:35 :
Bruno, un état a ts les droits, en particulier celui de spolier des intérêts privés pour " raison d'État".
Et puis n'oubliez pas que ce milliard va forcément sortir de nos poches si les politiques jouent la carpette.
Des assurances existent qui couvrent les défauts des États en particulier sur les contrats export
Comme dit le vieil adage: " l'état, le + gd des voleurs"...
Réponse de le 29/01/2020 à 21:08 :
@Fred06 : non, l'état n'a pas tous les droits, on l'a bien vu lors de la vague de nationalisations de 1982. Le conseil constitutionnel, en censurant de nombreux articles de la loi, a imposé à l'état une indemnisation très supérieure des actionnaires (qui ont fait une bonne affaire au bout du compte) à ce que prévoyait le texte initial, en arguant de l'inviolabilité du droit de propriété.
a écrit le 24/01/2020 à 9:04 :
Quel gâchis, la solution n' était-elle pas de faire un aéroport international, ce qui n' était pas le cas et de supprimer l' aéroport de Nantes Atlantique (qui est saturé) et l aéroport de Rennes pour les regrouper.
Réponse de le 24/01/2020 à 11:06 :
Evidemment, mais il fallait se donner les moyens de chasser les zadistes, et admettre qu'en tel cas, il aurait pu y avoir des dégâts humains collatéraux et les assumer (pas comme à Sivens).
a écrit le 24/01/2020 à 8:37 :
Avec tous les cadeaux que font nos politiciens à nos multinationales, c'est tout simplement honteux, on arrose nos milliardaires de milliards les rendant complètement assistés et donc incompétents.

Suffit de regarder nos entreprises européennes face aux américaines ou chinoises.

Nos milliardaires utilisent leurs médias de masse pour que leurs politiciens arrêtent de donner aux pauvres mais pour que l'argent donné aux pauvres leur revienne à eux, ainsi de l'argent qui devrait être réintroduit dans le circuit économique réel se voit de se fait parasité sur un compte d'un paradis fiscal.

L’assistanat c'est encore moins bon quand c'est proposé aux riches.
a écrit le 24/01/2020 à 8:27 :
Le capitalisme de connivence avec l'administration font de très bonne affaire au dépend des populations, et comme cet administration gangrène le pouvoir avec ses va et vient, tout tourne rond pour eux, merci!
Réponse de le 25/01/2020 à 17:23 :
Pour une fois, le capitalisme de connivence a fait choux blanc.
Et l'administration n'a pas à verser un kopec, c'est à prendre ou à laisser.
Et si Vinci n'est pas content, qu'il s'abstienne de soumissionner la prochaine fois... Ça fera rentrer un peu de concurrence sur ces juteux marchés publics et bousculera le comportement rentier de ces mastodontes qui nous coûtent "un pognon de dingue"
Réponse de le 25/01/2020 à 22:13 :
Bien sûr que l'état devra indemniser Vinci. Même la Turquie qui est loin d'être un modèle d'état de droit a dû se résoudre à indemniser lourdement ADP (encore propriété de l'état français) pour la fin prématurée (de moins de 2 ans ) de la concession de l'aéroport Atatürk. Même sans aller jusqu'à l'estimation de Vinci, l'indemnisation due à Vinci sera probablement comprise entre 100 et 500 millions, à quoi il faudra ajouter l'isolation phonique d'un grand nombre de logements, le rachat de nombreux autres, la reconstruction du collège de Saint Aignan de Grand Lieu, les extensions de l'aérogare de Nantes Atlantique et l'allongement de sa piste. Sans compter l'investissement annoncé pour l'augmentation de capacité de Rennes Saint Jacques. Bref, on va largement exploser le coût de la construction de NDDL qui était prévue sur des terres de faible qualité agricole sans grande valeur économique ni environnementale.
Réponse de le 27/01/2020 à 12:07 :
Quand on parle de capitalisme de connivence c'est signifier que l'administration par son aller et retour dans les instances politiques et a la tête de grand groupes est coupable d'exploiter la population a son profit!
C'est l'effet de rente qui est recherché!
a écrit le 24/01/2020 à 8:01 :
Il ne faut pas faire payer le contribuable, mais les politiques qui ont signé ce contrat d'une par. D'autre part il faut arrêter de donner ce style de chantier à des groupes comme Vinci qui signe des contrats qui leur permette de s'engraisser, même sans rien faire. Voir l'abandon des portiques pour l'éco taxe aussi abandonné et qui à payé? les énarques qui font se style de contrat devrait rembourser l'intégralité des indemnités demandées en cas de non réalisation des travaux. On en a marre d'avoir des types incapables qui gaspillent l'argent public.
Réponse de le 25/01/2020 à 9:38 :
Comme expliqué plus haut, dans cette affaire il y a plein de responsabilités imbriquées :
-l'exécutif Jospin qui, en abandonnant le projet de 3è aéroport parisien, a décidé de développer les plate-formes aéroportuaires régionales, relançant le projet de construction de NDDL, Nantes Atlantique étant inadapté pour se développer au niveau du besoin du trafic. Actuellement la seule alternative viable serait de développer les autres plate-formes locales, Rennes St Jacques (mais potentiel d'extension quasi inexistant), Angers Marcé (emprise importante mais trafic quasi inexistant) et surtout Saint Nazaire Montoir (bien desservi depuis Nantes par fer et route) qui pourrait devenir un second aéroport Nantais.
-les collectivités locales qui à l'unanimité ont soutenu et accompagné le projet (à part peut être le maire de NDDL) ?
-l'exécutif Fillon qui a signé le contrat de concession avec Vinci ?
-les exécutifs sous la présidence Hollande qui ont laissé la ZAD s'enkyster illégalement et le dossier s'enliser ?
-les électeurs de Loire Atlantique qui ont approuvé majoritairement le projet par référendum ?
-l'actuel exécutif, qui, pour complaire à M. Hulot, a arrêté le projet et cassé unilatéralement le contrat, alors que tous les recours étaient purgés ?
-les zadistes et ceux qui ont été complaisants à leur égard malgré leurs actions illégales et souvent violentes (saccages des centre-villes de Rennes et de Nantes lors de manifs, sans que les suites judiciaires appropriées soient données ?
-voire même les forces de l'ordre françaises qui se sont avérées incapables de reprendre le contrôle d'une zone de quelques centaines d'hectares situés en France (alors qu'on prétend contrôler la zone sahelienne qui fait des millions de km2) ... ou les décideurs qui ne leur ont pas permis d'utiliser les moyens nécessaires ?
Alors dites-nous, parmi tous ces responsables, qui doit payer ?

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