VTC : comment concurrencer Uber ? En cassant les prix !

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Selon la plateforme, l'offre à bas prix MiniCab correspond à une vraie demande - et donc une nouvelle segmentation du marché -, qui coexiste avec LeCab, celle de VTC (voitures de transport avec chauffeur) plus haut de gamme (photo).
Selon la plateforme, l'offre à bas prix MiniCab correspond à une vraie demande - et donc une nouvelle segmentation du marché -, qui coexiste avec LeCab, celle de VTC (voitures de transport avec chauffeur) plus haut de gamme (photo). (Crédits : DR)
LeCab lance un service à prix réduits, qui, selon son fondateur, Benjamin Cardoso, correspond à une vraie demande, distincte de la demande de VTC plus haut-de-gamme.

Au tour de l'entreprise LeCab de défier le géant américain Uber sur le marché du transport particulier de personnes plutôt low-cost. Benjamin Cardoso, le fondateur de la société récemment rachetée par Keolis (filiale de la SNCF), vient en effet d'annoncer le lancement du service miniCab, proposant des courses à prix cassés. Et pour cause, selon l'entrepreneur, cette offre à bas prix correspond à une vraie demande, qui coexiste avec celle de VTC (voitures de transport avec chauffeur) plus haut de gamme:

"Nous avons créé MiniCab après avoir constaté une segmentation du marché. En 2012, avec LeCab, nous avons lancé un service de qualité avec des prix raisonnables, maîtrisés, fixés au moment de la réservation. En 2016, cette promesse, LeCab la tient toujours. Mais d'autres acteurs ont travaillé à une baisse du prix des courses, qui correspond à une attente. C'est un autre marché. Et un service différent, de gamme inférieure, sans flotte standardisée, sans iPad à bord, mais avec des voitures de moins de 6 ans, conformément à la réglementation en vigueur (contre moins de 3 ans pour LeCab)."

Comme Uber, ce nouveau service fonctionne uniquement pour les commandes immédiates, tandis qu'un LeCab peut également se réserver à l'avance. Cela dit Uber a récemment annoncé la possibilité de réserver une voiture à l'avance dans 8 villes françaises. Quant au prix, "fixé au moment de la réservation, il aura une volatilité beaucoup plus importante. En MiniCab, les courses démarreront à 5 euros, et seront entre 20% et 30% moins chères que celles du service supérieur", précise Benjamin Cardoso.

Deux offres sur la même application

Selon lui, les clients arbitrent entre les deux offres en fonction des différents tarifs de la journée. D'où le choix de les agglomérer sur la même application. "Même si LeCab demeure le service principal", assure le chef d'entreprise, qui revendique un volume d'affaires de 50 millions d'euros. Et se dispute la première place derrière Uber avec sa concurrente locale Chauffeur-Privé qui évoque un chiffre de 60 millions d'euros pour 13.000 voitures. Aujourd'hui, LeCab est présent dans une centaine de villes, dont 25 agglomérations et recense 2.500 chauffeurs. L'objectif affiché étant d'atteindre quelque 75 millions d'euros de volume d'affaire en 2017, avec une croissance de 50%.

Pas gagné, le retour à la course au volume avec des petits prix

En attendant, le timing du lancement de ce nouveau service peut surprendre, à l'heure où la majorité des chauffeurs sont remontés contre les tarifs imposés par les plateformes. Car celles-ci se tirent la bourre avec des prix tirés vers le bas par le géant Uber. La multinationale née dans la Silicon Valley tente (en vain ?) de convaincre les chauffeurs du bien-fondé de sa démarche : baisser le prix des courses - plus courtes - mais en réaliser un plus grand nombre, et donc au final, augmenter le revenu gagné par un chauffeur, et au passage, le taux d'occupation du véhicule. Un modèle dénoncé par certains chauffeurs - aussi bien taxis que VTC - qui préfèrent au contraire réaliser un moins grand nombre de courses mais plus avantageuses. C'est pourtant le modèle qui prévalait dans les années 1980 : à l'époque, "les chauffeurs de taxis boudaient les courses aéroports, et se dépêchaient de rentrer sur Paris où ils effectuaient une trentaine de courses par jour !", se souvient Jean-Jacques Augier, ex directeur général de G7. Et miniCab semble vouloir le remettre au goût du jour.

Il assure d'ailleurs que ce nouveau service a été reçu avec beaucoup d'attention de la part des chauffeurs. Dans un premier temps, le service comptera sur quelque 400 chauffeurs. Avec l'objectif d'atteindre entre 3.000 et 4.000 chauffeurs d'ici à l'été.

Un peu plus tôt, début septembre, pour concurrencer l'ennemi américain, la société Chauffeur-Privé a choisi d'opter pour une campagne publicitaire prenant pour cible Uber. Dénonçant les pratiques d'optimisation fiscale de la multinationale de Travis Kalanick, cette démarche jouant sur le patriotisme économique a suscité beaucoup de sympathie de la part des consommateurs, assurait Yan Hascoet. Depuis, l'entreprise ne manque pas de tacler Uber sur les réseaux sociaux dès que l'occasion se présente.

Comme au moment où Uber a annoncé le lancement de la réservation à l'avance, Chauffeur-Privé ne s'est pas privé sur Twitter de rappeler que cette option existe déjà depuis 2012...

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Commentaires
a écrit le 27/10/2016 à 20:18 :
Après m'être tant et tant de fois fait arnaquer, balader, mener en bateau, (pris pour un touriste, cer je parle à mon fils une langue étrangère,) Je me réjouis de vois d'autres systhèmes prendre forme. Je ne veux qu'une seule chose : l'erradication des taxis !
Qu'ile crèvent la gueule ouverte.
a écrit le 27/10/2016 à 14:25 :
Alors lancer un service qui perd de l'argent, je pense que c'est la meilleure idée de LeCab.
Bruler votre cash et vous disparaitrez :)

Kiss kiss
Réponse de le 27/10/2016 à 15:49 :
Le cab ne prend aucun risque en tant que simple intermédiaire numérique.
Elle fait supporter le risque économique aux pseudo chauffeurs indépendants, qui n'ont aucun pouvoir de décision sur les prix de vente de la prestation mais qui pourtant investissent dans la voiture, le carburant, les assurances, le nettoyage du véhicule, les impôts etc ..
Bientôt, ils rouleront à perte, pour le bien de le cab et de son charmant pdg.
A quand la course à 50 centimes le kilomètre et des chauffeurs qui roulent 20 heures sur 24 ?
Bonjour la sécurité routière ...
a écrit le 27/10/2016 à 12:52 :
Il faut trouver des exlave pour bosser 5e
a écrit le 27/10/2016 à 12:34 :
Seul le rapport qualité/prix compte et cela n’empêche en rien la segmentation du marché.


Uber a pu se développer en raison des mauvaises prestations des moyens de transport traditionnels, devenus des quasi monopoles, ou avec des droits d'entrée trop élevés, ou des prestations médiocres,etc.... Uber a offert un niveau de service supérieur, à des prix corrects, mais rien n’empêche un concurrent d'offrir une qualité moindre avec des tarifs moins élevés.
L'Uberisation n'est ni plus ni moins que de la concurrence, telle qu'elle est pratiquée dans de nombreux autres secteurs d’activités.
D'ailleurs pourquoi parler autant d'Uberisation et pas de Mac Donaldisation, ou de Lidlisation... Les chauffeurs de Taxis tout comme les conducteurs Uber font aussi leurs courses chez Lidl et achètent des produits sur la base d'un bon rapport qualité/prix.

C'est aussi simple que ça et ce modèle va impacter encore beaucoup d'autres secteurs d'activités qui ne se sont pas remis en question depuis des années, sous prétexte qu'ils étaient "indiscutables". La preuve que non.
Réponse de le 27/10/2016 à 14:23 :
Libre à chacun de faire dans le qualitatif ou quantitatif.
Mais, selon moi, le prix d'une prestation ne peut être imposé à un indépendant.
Uber ne joue plus le rôle de simple intermédiaire.
Quand vous achetez un billet d'avion sur internet via un comparateur, est-ce le comparateur qui dit à la compagnie de vendre à tel prix? La réponse est non.
Je ne dis pas qu'uber ne devrait pas exister, mais uber va au dela de son rôle d'intermédiaire (fixation des prix et pouvoir de direction et de sanction).
Réponse de le 27/10/2016 à 18:20 :
Certes ils ont développé un concept rentable, mais tout de même après des repositionnements stratégiques. Maintenant qu'ils ont un outil performant d'interface client / conducteur et qu'ils se sont développés, ils profitent de leur avance pour engranger des profits. Mais à terme ils seront également concurrencés, la preuve dans cet article.
Dans ce cas, je suis sur qu'ils sont à nouveau capables de rapidement diversifier leur offre. C'est aussi cette "mobilité" qui leur permettra de conserver leur avance stratégique.
Ce qui est dommage c'est qu'en France, au lieu d'adopter des stratégies équivalentes, on a un réflexe projectionniste. Alors qu'on a des ingénieurs ou des entrepreneurs tout aussi capables, on a par ailleurs des "administrateurs" dont la seule méthode consiste à sur-réglementer. Quel que soit le secteur d'activités, ça n’incite pas à l’innovation ou au développement économique rapide.
Finalement on n'aime pas les disruptions.
a écrit le 27/10/2016 à 10:24 :
Le retour de bâton va être extrêmement douloureux pour ces intermédiaires du net clamant travailler avec des indépendants alors qu'ils se permettent de fixer les tarifs des courses comme bon leur semble.
Un vrai indépendant ne décide-t-il pas lui même de ces tarifs ?
A quand la course à 30 centimes du kilomètre ?
Forcément, quand on ne fait que de la mise en relation, on peut même descendre à 15 centimes du kilomètre, vu que le risque économique est entièrement supporté par le pseudo indépendant.

Sans compter les directives (bonbons, ouvertures de porte, chargeurs, modèle de véhicule imposé, attente du client imposée, pancarte au nom du client, costume, etc ...), la notation (étoiles), la sanction (déconnexion si mal noté), tout cela a parfaitement l'air du salariat déguisé.

Les applis disent: "Vous êtes libres de constituer votre propre clientèle".
Mais comment voulez vous constituer votre propre clientèle vu que tout le monde va au moins cher, c'est à dire les applis? À moins d'être encore moins cher que les applis ? Impensable.

Les applis disent: "Vous êtes libres de travailler quand vous voulez".
Je suis désolé mais à des prix au kilomètre aussi dérisoires, il faut faire 15 à 16 heures de boulot par jour pour gagner à peine un smic (sans congés payés, ni assurance maladie, ni 13 ème mois, ni mutuelle, ni retraite, ni tickets restau etc...., Frédérick Taylor n'en aurait même pas rêvé !!!).
a écrit le 27/10/2016 à 10:15 :
En effet ce n'est pas gagné et pour les salariés ou prestataires de services devrait on dire plutôt c'est même perdu, car c'est bien beau de toujours baisser les prix mais en bout de chaque chaine il y a des gens qui gagnent toujours moins travaillant dans des conditions toujours plus mauvaises.
a écrit le 27/10/2016 à 10:07 :
... ou comment paupériser un métier : personne n'y gagnera, à la fin.
Et comment détruire un peu plus l'économie au nom du marché.
Cette logique est parfaite, mais elle est absurde : dans les services, plus on est cher, plus on est bon. Un caissier de Rotschild ne se trompe jamais, c'est bien connu.
a écrit le 27/10/2016 à 10:06 :
... ou comment paupériser un métier : personne n'y gagnera, à la fin.
Et comment détruire un peu plus l'économie au nom du marché.
Cette logique est parfaite, mais elle est absurde : dans les services, plus on est cher, plus on est bon. Un caissier de Rotschild ne se trompe jamais, c'est bien connu.
a écrit le 27/10/2016 à 9:56 :
Le retour de bâton va être extrêmement douloureux pour ces intermédiaires du net clamant travailler avec des indépendants alors qu'ils se permettent de fixer les tarifs des courses comme bon leur semble.
Un vrai indépendant ne décide-t-il pas lui même de ces tarifs ?
A quand la course à 30 centimes du kilomètre ?
Forcément, quand on ne fait que de la mise en relation, on peut même descendre à 15 centimes du kilomètre, vu que le risque économique est entièremrnt supporté par le pseudo indépendant.

Sans compter les directives (bonbons, ouvertures de porte, chargeurs, modèle de véhicule imposé, attente du client imposée, pancarte au nom du client, costume, etc ...), la notation (étoiles), la sanction (déconnexion si mal noté), tout cela a parfaitement l'air du salariat déguisé.

Les applis disent: "Vous êtes libres de constituer votre propre clientèle".
Mais comment voulez vous constituer votre propre clientèle vu que tout le monde va au moins cher, c'est à dire les applis? À moins d'être encore moins cher que les applis ? Impensable.

Les applis disent: "Vous êtes libres de travailler quand vous voulez".
Je suis désolé mais à des prix au kilomètre aussi dérisoires, il faut faire 15 à 16 heures de boulot par jour pour gagner à peine un smic (sans congés payés, ni assurance maladie, ni 13 ème mois, ni mutuelle, ni retraite, ni tickets restau etc...., Frédérick Taylor n'en aurait même pas rêvé !!!).

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