Le pire est encore devant nous. Alors que le nombre de défaillances d'entreprises s'était maintenu à son plus faible niveau depuis 35 ans entre 2020 et 2022, la Banque de France a révélé le 5 octobre que les très petites entreprises, de moins de dix salariés, ont connu, durant les 12 derniers mois, une hausse de 65% du nombre de défaillances par rapport à la même période, en 2019. Dans le même temps, celles comptant entre 10 et 49 salariés ont même subi une augmentation de 81%. Cette hécatombe est la conséquence direct la fin du « quoiqu'il en coûte » et, notamment, au remboursement des prêts garantis par l'Etat (PGE), contractés en 2020 et 2021, qui met nombre de sociétés fragiles au pied du mur.
Le financement participatif (ou crowdfunding) d'entreprises échappe cependant, encore, à la crise. Les craintes toutefois sont bien là. En outre, elles sont partagées par les plateformes, qui mettent en lien des entreprises avec des investisseurs particuliers pour financer des stocks, des recrutements humains et d'autres activités que les banques rechignent à financer.
« Nous voyons les retards s'accumuler et les défauts commencer à venir », reconnaît sans détour Florence de Maupeou, directrice de Financement Participatif France. Elle reste toutefois prudente, prévenant qu'il faudra attendre la publication de son rapport annuel, en fin d'année, avant de mesurer l'ampleur des dégâts sur le marché.